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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 16:07

 

Nous voici au début d'une nouvelle année, et fatalement à la fin de la précédente. L'heure peut-être de faire un léger bilan sur une année qui fut riche en actualité, pas toujours jolie à voir d'ailleurs, et ce à tous les niveaux. Petit retour donc sur ce qui m'a marqué.

 

Le début d'année a vu en Flandre un fait divers tragique. Je veux bien sûr parler de l'assassinat de Shana Appeltans et Kevin Paulus, dont j'ai déjà parlé. Il apparaît manifestement que l'auteur est un tueur en série qui avait déjà été inquiété dans une autre affaire de meurtre, sans pour autant être arrêté. Il ne s'agit que d'une malfonction parmi d'autres de la justice en Belgique.Une au sein d''une longue série...

 

A l'échelle nationale, au rayon des catastrophes, on note deux drames qui se sont suivis à quelques semaines d'écart: je veux bien sûr parler de l'effondrement d'un immeuble rue Léopold à Liège le 27 janvier, causant la mort de 14 personne, suivie le 15 février par une collision entre deux trains à Buizingen, l'un des deux franchissant un signal « stop », faisant cette fois 19 victimes. Si les causes du premier incidents sont toujours aujourd'hui inconnues (peut-être un suicide?), le second a remis en question la politique sécuritaire de la SNCB, qui, si elle dispose manifestement de l'argent nécessaire à la construction de gares flamboyantes, se trouve singulièrement démunie lorsqu'il s'agit d'acheter des système de freinages automatiques pour ses trains. A moins bien sûr qu'il ne s'agisse d'un problème de priorité accordée au tape à l'œil, au dépens de la sécurité. Le débat est ouvert et fait encore rage aujourd'hui, ce d'autant plus que d'autres drames ont été évités d'extrêmes justesse depuis, alors qu'apparemment à ce jour rien n'a changé.

 

Au moins d'avril était mise en place la commission Adriaenssens, chargée d'enquêter sur les nombreux abus de prêtres pédophiles au sein de l'Eglise Catholique belge. Les conclusions de ses travaux formidables allaient révéler plusieurs centaines d'affaires s'étalant des années 60 à aujourd'hui. Parmi les personnalités inquiétées figurent notamment l'évêque de Bruges, Mgr Vangheluwe, ou plus récemment le chanoine François Houtart... qui n'était rien moins qu'un potentiel candidat au prix Nobel de la paix. On mesure l'ampleur de la catastrophe pour l'Eglise belge, ainsi que l'indignation générale de la population: la cote de confiance vis à vis de l'Eglise a en effet chuté de manière vertigineuse. Le pire là dedans, c'est peut-être encore le sentiment général d'anticléricalisme qui se développe et qui est tout aussi malsain, alors que ces faits ne datent pas d'hier et pire, n'étaient ignorés de personne... Mais les généralités sont faciles, et occultent le fait qu'au sein même de l'Eglise se développe une fronde pratiquement inédite de la part de certains de ses plus hauts représentants à l'encontre de leur hiérarchie. L'Eglise, quoi qu'on en dise, reste importante, et il serait dommage de faire des raccourcis faciles, même si les faits reprochés sont parmi les pires imaginables.

 

Enfin, comment résumer l'actualité belge de cette année sans parler de la crise politique? Il n'y a pas grand chose à en dire, si ce n'est que 200 jours passés sans gouvernement, ça commence à faire long. Pour rappel, nous avons assumé l'ensemble de notre présidence de l'Union Européenne avec un gouvernement « en affaires courantes », ce qui est sans doute inédit dans l'histoire. Et ce n'est pas près de s'arranger, alors même que certains ne trouvent rien de mieux à faire que jeter de l'huile sur le feu avec des déclarations volontairement choquantes et polémiques, c'est le moins qu'on puisse dire. Pour le moment, cette impasse ne se ressent pas encore de trop sur la situation économique de la Belgique, laquelle est très solide, mais il ne faudrait pas que cette instabilité politique devienne chronique... Saluons au moins le travail du premier président du conseil européen, Herman Van Rompuy, qui n'a pas eu facile non plus avec les salves de critiques provenant entre autres d'ultra-conservateurs britanniques.

 

Enfin, de manière anecdotique, on notera la renaissance d'une droite populiste, même si son ridicule n'en finit pas de nous faire rire.

 

Voilà ce que je retiens de l'année en Belgique, même s'il y a eu bien d'autres évènements. Passons maintenant aux affaires étrangères...

 

Tout près de nous, en France, ce qui nous a marqué d'un point de vue externe, c'est l'effondrement du gouvernement Sarkozy, empêtré entre les scandales à répétition (affaire Bettancourt, propos racistes de Brice Horteffeux) et la dérive sécuritaire de l'été. La réforme des retraites et surtout la contestation populaire qui a suivi a quant à elle généré de l'exaspération, de l'agacement et de la lassitude, sachant que les conditions en France figurent, quoi qu'en disent les malheureux salariés français toujours bons pour se plaindre, parmi les plus favorables en Europe. Une retraite ça se paie, et on ne pourra pas à la fois travailler moins, moins longtemps et pour plus d'argent, à moins de sacrifier totalement le système social qui en l'état commence déjà à être branlant. Pour le reste, alors que monsieur Sarkozy bénéficiait en Belgique d'une sacré cote de confiance jusqu'au début de cette année (beaucoup n'hésitant pas à dire qu'il « en faudrait un comme ça » pour faire bouger les choses chez nous), la tendance est aujourd'hui beaucoup plus mitigée, le coté bling-bling du personnage n'étant plus compensé par une politique jugée jusqu'alors plus ou moins efficace.

 

A l'échelon européen, on ne peut bien entendu pas faire l'impasse sur la « crise de l'Euro », et les attaques des spéculateurs sur divers pays, en particulier la Grèce, l'Irlande et l'Espagne. Mais est-ce bien innocent, alors que l'Irlande s'est gavée pendant des années à l'aide d'une fausse croissance qui devait bien un jour ou l'autre lui péter à la gueule, et que la corruption est élevée à l'échelle d'une institution en Grèce, et ce à tous les niveaux, depuis le marchand local qui ne déclare pas ses revenus jusqu'aux membres du gouvernement qui mentent sur l'état financier de leur pays dans le but de berner le reste de l'Europe? Encore une fois, on a l'impression que ce sont les petits qui paient les pots cassés, mais on oublie de dire que ces mêmes petits en ont auparavant profité tout autant que les gros poissons... Aujourd'hui, l'heure est à une remise en question, mais il n'est pas dit que les fameuses politiques d'austérité soient les mieux adaptées pour faire face à la crise, alors que des investissements plus ciblés de la part des gouvernements concernés sont peut-être les seules mesures efficaces pour relancer l'économie.

 

Au niveau international cette fois, on ne peut que souligner la série noire des catastrophes qui ont endeuillé le monde. L'année commençait fort, avec le tremblement de terre d'Haïti (230 000 morts), suivi peu de temps après par les inondations cataclysmiques au Pakistan. Dans un autre registre, on ne peut bien entendu pas oublier la terrible pollution liée à l'explosion de la plateforme de BP dans le golfe du Mexique. Sans entrer dans des critiques basiques peu recherchées du style « le pétrole c'est méchant et ça sent pas bon » à la hippie (qui passeraient au dessus du fait qu'on a beau dire ça, on n'en roule pas moins en voiture...), il faut reconnaître que l'on peut se poser des questions. En particulier sur la façon dont l'administration américaine a prévenu (ou non) ce genre d'incident. Bien entendu, il y a des dysfonctionnements datant de l'ère Bush, mais il ne faut pas oublier qu'Obama, une fois au pouvoir, n'a pas fait grand chose pour améliorer la situation. En particulier, il n'a nommé aucun nouveau responsable, tout en sachant que ceux qui l'étaient déjà étaient liés de près ou de loin à l'industrie du pétrole, et part là même juges et partis.

Enfin, l'épidémie de choléra qui touche Haïti de plein fouet nous montre que même au XXIème siècle, de vieux réflexes perdurent. Ainsi récemment, ce sont des prêtres vaudous qui ont eu à subir l'ire de la populace. Avant eux, les casques-bleus népalais en avaient déjà fait les frais...

 

On retiendra également pour les Etats-Unis une certaine perte de poids sur la scène internationale, au profit de la Chine, ce qui n'est probablement pas réjouissant. Ainsi, au niveau économie, on peut dire que ça va mal, alors que la Chine accuse une croissance qui bat tous les records. Ce qui se traduit, de près ou de loin par des pertes d'emploi massives chez nous. La faute sans doute en partie à la politique tatillonne de Barak Obama,incapable de défendre un programme fort face aux Républicains, il est vrai particulièrement contre-productifs, bornés, illogiques et dont l'attitude menace très clairement toute tentative de reprise en main de la situation. A l'étranger, on note l'abandon de l'Irak par les troupes officielles américaines, alors que le pays est loin d'être pacifié (avec notamment une recrudescence inquiétantes des actes de violence à l'encontre de la communauté chrétienne). Je précise « officielles », car si les soldats sont partis, c'est pour être remplacés par toute une série de contractuels appartenant à des milices privées. Ces hommes sont souvent d'anciens soldats exclus de l'armée pour faits de violence. Et il est à noter qu'ils sont impliqués dans la majorité des « bavures » américaines en Irak, comme par exemple le scandale des tortures à la prison d'Abou Graïb. Pendant ce temps-là, en Afghanistan, la situation s'envenime, tandis que l'on parle déjà de retrait américain d'ici peu. Un retrait prématurité, alors que le pays est ravagé par 40 ans de guerre, et que les violences non seulement sont en recrudescence, mais ont une fâcheuse tendance à s'exporter au Pakistan voisin... pays qui, rappelons-le, dispose de la bombe et ne doit par conséquent en aucun cas être laissé à lui-même. D'un autre coté, la crise actuelle en Côte d'Ivoire fait figure de test pour les Etats-Unis. Alors qu'une nouvelle Guerre Froide se dessine inexorablement entre Extrême Orient et Occident, un bras de fer est entrain de se jouer actuellement en Afrique. Afrique qui est, depuis quelques années, une véritable colonie chinoise, avec la mise en place d'un système qui n'a rien à envier aux anciennes administrations coloniales européennes. Inutile d'ajouter à cela les tensions en Corée: dernier baroud d'honneur d'un système archaïque et criminel qui ne doit sa survie qu'au soutien de la Chine, ou simple test lors de la passation de pouvoir vers une nouvelle étape de la dynastie Kim? L'avenir nous le dira, et ça dépendra sans doute de l'attitude de la Chine, ce qui ne laisse présager rien de bon.

 

Une note positive cependant pour terminer: le sauvetage des 33 mineurs chiliens, sans aucun doute la saga de cette année. Un bel espoir dans cet océan de morosité qu'aura été 2010.

 

Que sera 2011? Nul ne peut le prévoir. Mais à tous les coups, il s'agira d'une année décisive et surtout passionnante à bien des niveaux, économiques et politiques, en Belgique ou ailleurs.

 

En attendant, je vous souhaite à tous un très bon réveillon, et que l'année commence en beauté. Il faut aussi savoir prendre du recul et savourer les belles choses de la vie simplement comme elles viennent, sans trop se poser de question. Bonne année et bonne santé!

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Published by sonata - dans Réflexions
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ecole des candidats 04/01/2011 19:22




sonata 05/01/2011 22:17



Commentaire blanc, apparemment un petit soucis.



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