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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 22:45

 

Une excellent chronique relayée par le site de la RTBF est celle de Paul Krugman. Il s'agit en fait d'une traduction directe des publications de ce dernier dans le New York Times.

 

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Krugman est un économiste américain démocrate, ce qui ne l'empêche pas d'être très critique à l'égard de la politique hésitante d'Obama. Il fait en effet partie de ces nombreux démocrates qui sont déçus par le manque d'initiative du président actuel. Il faut reconnaître qu'à force de croire que tout le monde est beau et gentil, ce qui le pousse à chercher d'éternels compromis au lieu d'afficher une politique ferme, et ce alors qu'il doit faire face à l'une des plus redoutables oppositions jamais rencontrées aux USA, à force de se bercer d'illusion donc, Obama n'avance finalement pas beaucoup... Alors justement qu'en ces temps de crise économique majeure, pour ne pas dire une dépression, on serait en droit d'attendre d'un président qu'il tape du poing sur la table, l'ami Barack se complaît dans un immobilisme particulièrement dangereux, et ce dans le but d'éviter de se mettre à dos les Républicains. Ce qui est stupide, ceux-ci ayant manifestement l'intention de lui mettre des bâtons dans les roues quoi qu'il arrive, quitte à plonger le pays dans un marasme rarement vu. Le pire étant que pour eux, la stratégie s'avère payante: on l'a vu aux dernières élections de mi-mandat. Mais manifestement, Barack n'a pas la carrure d'un Roosevelt, et c'est bien dommage.

 

Les temps sont durs pour Obama, et pour l'Amérique toute entière à vrai dire. Une fois passée l'euphorie des élections d'il y a deux ans, force est de revenir à la réalité, et les défis étaient nombreux. Ils le sont d'ailleurs toujours. D'une part, restaurer l'image de l'Amérique, bien mise à mal par l'anti-américanisme primaire exacerbé par divers groupes, allant des alter-mondialiste aux islamistes radicaux, en passant par tous ceux qui sont, d'une manière ou d'une autre, frustrés par ce qu'ils nomment grossièrement le « système » (sans vraiment savoir ce que l'on y inclus par ailleurs). D'autre part, et bien plus grave peut-être, une crise économique (pour ne pas dire une dépression) pratiquement sans précédant rappelant celle de 1929. Cette crise, outre les problèmes d'ordre interne qu'elle cause, a également de très graves répercussions à l'échelon international: pour la première fois en effet, les choses semblent échapper au contrôle de l'Occident. A l'heure où la Chine, par ses politiques économiques déloyales, parvient à maintenir une croissance artificielle pour le moins effrayante, une position ferme de l'Amérique serait -pour une fois- plus que souhaitable. Malheureusement, on l'attend toujours... A cela s'ajoute pour le président américain une opposition des plus féroces, qui manifestement n'a pas digéré le fait que les 8 ans de l'ère Bush ont été désavoué par une majorité des Américains. La seule option valable pour eux, à court terme du moins, semble être de saboter la présidence d'Obama pour éviter de trop souligner par contraste les défauts de celle de Bush. Et la seule attitude payante pour Obama serait de se montrer plus ferme que jamais. Or, il fait exactement l'inverse.

 

Et c'est ce que souligne Krugman. Sa chronique économique est plutôt de nature politique, mais il serait idiot de prétendre qu'il y a une distinction nette entre les deux domaines, ceux-ci étant inévitablement cause et conséquence l'un de l'autre. D'une manière générale, Krugman pointe du doigt diverses particularité de la politique d'Obama. Son manque d'initiative économique (il n'épargne pas non plus l'attitude de la Fed dans ce domaine), son absence de fermeté face à la politique de la Chine, son irréalisme utopique par rapport à l'attitude des Républicains, ou encore sa décision catastrophique de reconduire les mesures de Bush concernant les réductions d'impôt sur les plus grosses fortunes (l'équivalent du bouclier fiscal en France), mesure coûtant la bagatelle de 700 milliards de dollars (soit plus du quart du PIB de la France) de manque à gagner par an au gouvernement américain. 700 milliards qui seraient bien utiles pour relancer l'économie.

 

Cette semaine, Krugman revient sur le « compromis » récemment acquis, à l'arraché, par Obama. Il s'agit justement d'un accord en rapport avec cette fameuse réduction fiscale réclamée par les Républicain. En échange d'une prolongation des mesures (autrement dit du désastre...) concernant ces exonérations d'impôt, Obama a pu obtenir les bases d'un plan de relance. Malheureusement insuffisant: son ampleur (850 milliard) est globalement similaire à celle du précédant, voté en pleine crise. Or, on se souvient que celui-ci atteignait à peine le tiers de ce qu'il aurait dû être pour être efficace à long terme: ses effets ne s'en sont ressentis que durant 6 malheureux mois, ce qui était bien insuffisant pour relancer l'économie. Il y a fort à parier que ce plan-ci aura les mêmes effets. Au final, le déficit public va être creusé pour pas grand-chose.

 

Krugman démonte totalement le mythe Obama. Car certes, il était remarquable qu'un noir se fasse élire à la tête de ce qui reste pour le moment la première puissance mondiale, mais ça ne suffit pas à en faire un bon président. Et malheureusement, force est de constater qu'il n'a jusqu'à présent pas démontré grand chose.

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Published by sonata - dans Réflexions
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