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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 20:35

 

On savait déjà que le ridicule ne tuait pas, et tant mieux sinon nous serions tous passés à la trappe depuis longtemps, et notre beau pays en premier, du moins si l'on s'en tient à certaines de ses institutions, et non des moindre. J'ai déjà abordé divers problèmes se rapportant à la justice et à son application parfois toute relative, à tel point que l'on peut parfois se demander quelle logique régit son mode de fonctionnement. Bon d'accords, le surréalisme est une caractéristique bien de chez nous, mais ce n'est pas une raison pour en faire de trop...

 

Si le ridicule ne tue pas, les coups de couteau eux peuvent le faire. Et ça a été le cas à Bruxelles le 23 juillet 2008, lorsque qu'une bagarre entre deux bandes de rue a dégénéré. L'un des jeunes présents sur place a en effet été froidement égorgé par un autre, lequel a été arrêté après une enquête rondement menée... avant d'être relâché récemment. La raison en a été un délais trop long depuis son interpellation, la période entre une arrestation et un jugement devant être « raisonnable » selon l'avocat de l'accusé. Or, les cours d'assise étant débordée, ce délais a été dépassé et l'individu a été remis en liberté. Ce délais trop long étant lui-même dû à l'encombrement chronique des cours d'assise (et plus généralement de tous les tribunaux) qui se trouvent débordées.

 

J'ai déjà eu l'occasion de souligner le travail remarquable qui était réalisé par la police belge malgré un manque de moyen flagrant, ce qui n'empêche pas de voir ce travail assez souvent saboté par une justice qui elle aussi manque de moyen, quand ce ne sont pas d'autres raisons purement administratives qui sont invoquées comme justificatif. Ainsi, quantité de jugements ont été foutus en l'air – et je pèse mes mots – avec comme motif un vice de forme ou un vice de procédure, que ce soit durant le procès ou pendant l'enquête ayant mené à l'arrestation d'un suspect.

 

Evidemment, les conséquences sont non négligeables: d'une part une frustration bien compréhensible de la part des forces de l'ordre, qui se sentent fréquemment lâchées à juste titre, en particulier lorsque des personnes interpellées puis relâchées viennent se pavaner le soir même devant un commissariat. D'autre part un sentiment d'impunité qui se développe chez des coupables trop vite relâchés, et ce d'autant plus s'il s'agit de délinquants juvéniles qui en l'absence d'un signal fort et opportun risquent de devenir par la suite indécrottables. Enfin, cette situation permet à certains partis politiques d'axer leur discours sur une dérive sécuritaire flirtant avec le populisme.

 

Et au lien de trouver des solutions, on se renvoie la balle, comme c'est de coutume. Il faudrait, selon le Conseil Supérieur de la Justice, dédoubler les cours d'assise sur Bruxelles, ce qui implique de nommer de nouveaux magistrats. Or, pour se faire, il faut un nouveau gouvernement, ce qui n'arrivera pas de si tôt malheureusement.

 

Il est grand temps d'agir car, est-il nécessaire de le rappeler, la justice est l'un des piliers de nos démocraties modernes et laïques. L'absence d'institutions judiciaires efficaces est la porte ouverte à tous les excès, et ce à tous les niveaux de la société. Ce qui n'augure rien de bon pour l'avenir...

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Published by sonata - dans Belgique
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