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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 21:55

 

Suites aux affaires de pédophilie au sein de l'Eglise belge, la polémique continue. Elle consiste maintenant principalement en un mouvement de contestation à l'encontre de monseigneur Léonard, prima de Belgique, suite à ses nombreuses sorties remarqués dans les médias. Retour sur les faits donc.

 

Monseigneur Léonard est depuis longtemps sous le feu des médias. Contrairement à son prédécesseur, l'illustre cardinal Danneels, lequel brillait par son ouverture d'esprit et sa modernité par rapport à des questions essentielles telle que l'homosexualité ou la contraception qu'il ne condamnait pas, voire même justifiait avec les saintes écritures, l'actuel prima est connu pour ses nombreux propos scandaleux vis-à-vis de ces mêmes sujets. Un thème récurent chez lui est de considérer les homosexuels comme étant des « malades » et les séropositifs comme étant responsables de leur sort, nonobstant par exemple ceux qui le sont à cause de l'infidélité de leur conjoint. Bref, voilà un homme dans la droite ligne du Vatican de Ratzinger, en totale opposition par rapport à Godfried Danneels.

 

Un espoir était cependant permis lors de son accession à la place suprême. Le seul tort de Danneels a été d'être un peu « léger » par rapport aux rumeurs de pédophilie concernant des prêtres. L'époque était différente également, et ce genre d'affaire était plus que tabou. En Belgique, il a fallut attendre l'affaire Dutrou pour que les mentalités évoluent, au sein de toute la population. Je parle là d'une manière générale, et non spécifique à l'église catholique. Les langues ont commencé à se délier lorsqu'il est apparu que le fait d'avoir été abusé n'était non plus une honte, mais bien un crime dont on est victime. C'est dans ce contexte que l'on a commencé à parler du cas des prêtres. De manière assez hypocrite d'ailleurs; cela faisait des décennies que des bruits divers courraient, et que personne ne s'en souciait vraiment. Aussi, lorsque brusquement cela a changé, il est clair que l'Eglise a été prise de court et s'est trouvée face à une situation inédite pour elle. Malheureusement, autant Danneels s'est montré très en avance par rapport à pas mal de question, autant il a fait preuve d'immobilisme à ce niveau. L'espoir apporté par Léonard a été dû au fait qu'il a semblé prendre ce problème à bras le corps dès son entrée en fonction. Dans la foulée, une commission d'enquête a été mise en place, et les divers scandales ont éclaté courant du printemps. Un instant, on a pu croire que l'Eglise affrontait enfin ses démons, sans complexe ni tabou. C'était peine perdue.

 

Non seulement, l'Eglise, en la personne de Léonard n'a finalement pas fait grand chose, mais en plus ce dernier en a rajouté une couche au niveau déclarations. Après de vaines promesse durant l'été, il a remis le couvert en demandant de ne pas accabler outre mesure les prêtres responsables de ces abominations et de ne pas s'engager dans une vindicte populaire. Inutile de dire que pour les victimes, s'en était trop.

 

Et pas seulement pour elles. Le fait est que nombreuses sont les personnes qui, au sein même de l'église, ne se reconnaissent plus en Léonard. Certains sont très connus, comme l'évêque de Tournais, monseigneur Harpigny, lequel allait jusqu'à réclamer un geste de pape en signe d'apaisement. Beaucoup d'ecclésiastiques sont infiniment plus « modernes » que leur supposé « chef » en Belgique. Il ne faut pas croire que l'ensemble de l'Eglise est restée ancrée dans le passée, et à fortiori cautionne ces abominations. A ce titre, une pétition a circulé récemment, initié par l'Université Catholique de Louvain, deuxième université du pays, et demandant la démission de Léonard en tant que grand chancelier de l'université. Nombreux sont les professeurs à l'avoir signée, en plus du vice-recteur (avec le soutien du recteur), et un ancien prix nobel de la paix, excusez du peu! Le message est clair: l'université ne se reconnaît plus dans le discours de Léonard. Elle considère qu'il a tout à fait le droit d'avoir ses opinions, légitimes en tant que personne privée, mais que sa position lui interdit de tenir au nom de tous des propos pareils. L'université souligne qu'un tel geste honorerait le cardinal, tout en rappelant que ce serait un signe d'indépendance par rapport à la hiérarchie catholique, autrement dit une preuve supplémentaire de la laïcité de l'institution, s'il en fallait encore.

Cet appel sera-t-il suivi? J'avoue personnellement en douter. S'il y a bien une chose de constante chez monseigneur Léonard, c'est qu'il continue toujours à faire face quelle que soit la critique, contre vents et marées. La tête dure le gaillard! Habitué depuis des années à des vagues de polémiques suivant ses propos, il n'en est plus à ça près. Tout au plus cette fois est-elle plus importante au niveau de son impact médiatique, et encore. Pour moi, il est certain que tant qu'il y aura à Rome un pape aussi dur, un homme tel que Léonard, de la même lignée que lui, restera à son poste quelles que soient les contestations. Bref, on n'en est pas sorti!

 

En attendant, à l'heure ou l'Eglise doit faire face à un monde qui change et une société qui évolue, elle se trouve plus divisée que jamais, entre conservateurs et progressistes. Nul doute que d'autres vont pouvoir en profiter, par contre il n'est pas sûr que nous devions nous en réjouir, car je ne suis pas certain que nous y gagnions au change.

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Published by sonata - dans Réflexions
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