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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 22:09

 

S'il est bien une constante malheureusement toujours d'actualité aujourd'hui, c'est le tabou concernant les religions, en particulier leurs liens avec diverses formes de violence, directes ou indirectes. Et force est de constater que c'est d'autant plus dur dès lors que l'on aborde l'islam. Si critiquer l'église est pratiquement de bon ton aujourd'hui, si possible en réduisant l'église à l'inquisition et aux croisades, ce qui est largement réducteur (et oubliant par là que l'église a été la seule institution capable de prendre le relais de l'empire romain), il est déjà plus délicat de critiquer un juif (ce qui reviendrait à être classé de facto comme antisémite). Concernant l'islam, c'est presque impossible. Toute personne le faisant serait traitée de raciste, et il est évident qu'il prendrait se faisant des risques (des critiques légères se contenteront d'attirer un torrent d'insultes, d'autres par contre... regardez le cas des caricaturistes danois). Le paroxysme de cela c'est bien entendu les réactions violentes de certains musulmans lorsqu'on les accuse... d'être violent.

 

Et pourtant, que les religions en soit ou non la cause, il n'empêche que de nombreux actes pas toujours très nets sont faits en leur nom. Certains prétendront ici que ces actes sont l'œuvre de gens (ou d'institutions) n'ayant pas grand chose à voir avec les religions dont elles se réclament. Possible, mais peut-on réellement distinguer nettement l'un de l'autre? Ce n'est pas toujours le cas, en particulier dans le cas ou, comme dans l'islam, la violence est inscrite dans le fondement même de la religion dont il est question. Nous y reviendrons. Mais quelle que soit la confession à laquelle on se rattache, certaines violences reviendront toujours. Premièrement parce qu'en s'identifiant à une croyance, on se démarque forcément de ceux qui ne la partagent pas. Et quoi qu'on en pense, une différence affichée et même revendiquée finira bien souvent par entraîner des réactions pas toujours positives, dues à une certaine intolérance sous-jacente à pas mal de personne. Je pense que chacun d'entre nous a, au plus profond de lui, une part d'intolérance, un préjugé sur telle ou telle catégorie de personnes plus ou moins étendue et particulière. Et ce d'autant plus que la différence en question concerne un élément non rationnel, ce qui par définition échappe à toute analyse objective. D'autre part, il est clair également que pas mal de gens, et par conséquent d'institutions formées par des gens, sont attirés d'une manière ou d'une autre, par le pouvoir. Et un contrôle des croyances permet un contrôle des mentalités, et part-là même un certain pouvoir, personne ne peut le nier. Bien entendu, se faisant, lesdites institutions s'écartent des principes défendus par leurs religions, lesquelles n'en sont évidemment pas responsables, ceci dit le fait est-là et ne peut se nier. Il ne faut pas généraliser: pas mal d'hommes d'église, qu'ils soient chrétiens ou non, ont une profonde bonté d'âme. Mais d'autres sont tentés de se servir du pouvoir à leur portée. Et quand bien même quelqu'un viendrait me sortir cet argument par rapport à ma critique qui concerne avant tout l'islam, je lui dirais qu'il devrait dès lors traiter chaque religion de manière égale. A partir du moment où l'on ne peut nier que l'église a du sang sur les mains, on ne peut également nier que l'islam en a aussi, peut-être même encore plus. Par exemple, la traite par les musulmans des noirs (incroyants donc considérés comme indignent de toute forme de respect) concerne au moins 25 millions d'Africains. La traite triangulaire Afrique-Europe-Amérique 10 millions.

 

Ces considérations générales mises à part, pourquoi suis entrain de parler de ça, et de l'islam en particulier? Loin de moi l'idée de tirer à boulets rouges sans raison dessus. Cependant, un discours fort répandu tend aujourd'hui à descendre en flammes l'église catholique romaine, et par opposition à nous faire passer les autres religions, islam en tête, comme étant pures et dignes d'éloges. Or, sans faire du manichéisme, il faut reconnaître que l'on trouve de tout et de rien dans le Coran, et rien ne permet de le qualifier de message de paix et d'amour. J'identifie pour ma part au moins trois raisons principales et spécifiques à l'islam des violences faites en son nom.

 

Premièrement le fondement même de la religion, à savoir le Coran, son pilier principal. Loin d'être un message plein d'humanisme, il faut reconnaître que ce livre est très violent, et ne mâche pas ses mots à l'égard des incroyants, considérés avec mépris (au mieux). S'il y a un message de paix et de don de soit, c'est valable vis-à-vis d'autres musulmans, et en aucun cas d'incroyants. Dans l'islam, la première caractéristique d'un homme n'est pas de savoir s'il fait le bien ou le mal (contrairement à la religion catholique), mais s'il est croyant ou non. Et s'il se doit de respecter un autre croyant, il a le devoir de s'en prendre aux infidèles, lesquels ont deux choix: se convertir ou mourir. Je n'invente rien. Historiquement, c'est logique. Car qui est Mahomet, supposé à l'origine de ceci? Tout simplement un chef de guerre, dirigeant à la base de modestes tribus arabes. La création d'un message mythique comme il l'a fait lui a permis de fédérer plus ou moins ces tribus, et de les lancer à la conquête des autres. Et ça a plutôt bien fonctionné, étant donné qu'en une trentaine d'années l'islam s'est répandu des frontières de l'Iran actuel jusqu'au Maghreb. Cette extension s'est faite par la guerre uniquement, et représente l'une des plus fulgurante extension de l'histoire, battue uniquement par celles d'Alexandre ou de Gengis Khan. Il est clair que le Coran, élément fondateur de cela, ne fait pas dans la demi-mesure. Comme Clausewitz l'a défini, à la guerre, la moindre compassion pour l'adversaire est une faiblesse susceptible d'être exploitée. Dès lors, prétendre que le Coran, pilier d'une tribu guerrière, est plein d'humanisme (idéologie par ailleurs peu répandue à l'époque...) est d'une idiotie sans nom, et même une négation de l'histoire.

 

La deuxième particularité, par rapport aux mouvances (j'entends par là les différentes religions telles que l'anglicanisme, le catholicisme ou le protestantisme) chrétiennes, est que l'islam, religion totalitaire s'il en est (j'entends par là supposé régir chaque aspect de la vie d'un individu et ne se limitant pas au domaine privé), n'a pas connu d'évolution laïque. En occident, de gros progrès de pensée, des révolutions même, ont eu lieu. Cela ne s'est pas fait sans mal: c'est un processus long, douloureux (car l'institution auparavant bien placée veut tout faire pour garder sa place...) et qui se fait sous l'impulsion de grands penseurs (rarement du peuple: même s'il aspire à plus de liberté, il est dans l'ensemble facilement berné, et les révolutions populaires réussies se comptent sur les doigts d'une main). Or, force est de constater que l'islam n'a pas connu récemment de Rousseau, Voltaire ou Descartes. Il y a certes eu de grands savants, notamment en astronomie ou en mathématique, mais les contributions à l'émancipation de la pensée restent limitées. Et rien n'indique que c'est entrain de changer: quel que soit le lieu, chaque pays à majorité musulmane est entrain de se radicaliser. Il n'y a aucune exception: l'Iran est bien entendu le premier exemple. Mais les pays du Maghreb ne font guère mieux: il n'y a qu'à voir la dégradation de la condition des journalistes dans des pays aussi « ouverts » que la Tunisie pour s'en convaincre. Même la Turquie, présentée comme un modèle de laïcité, est entrain de s'islamiser: rapprochement du pouvoir avec l'IHH (cf affaire de la flottille de Gaza), diminution du pouvoir de l'armée salué par l'Europe comme une démocratisation (alors que l'armée est un des remparts de la laïcité), rhétorique violente à l'égard d'Israël,... Partout la situation se dégrade. Et il faut garder à l'esprit que le message du Coran est sensé être intemporel, et donc ne peut pas s'adapter à une société moderne s'il est appliqué strictement.

 

La troisième raison enfin est plus marginale. Mais c'est une explication que j'ai lue il n'y a pas longtemps, et qui me paraît logique. Elle concerne plus les difficultés d'intégration de certains musulmans, dues à un phénomène de communautarisme. Selon cette thèse, les musulmans (certains en tout cas) auraient du mal à s'intégrer tout simplement parce qu'ils n'en éprouvent pas le besoin. Parce que ceux-là se sentent chez eux partout, et donc n'ont pas le besoin de se mélanger à d'autres personnes. Et pourquoi se sentent-ils chez eux? Parce que le droit du sol (et donc du chez-soi) n'a aucun sens pour des gens qui soit dérivent de nomades (et pas besoin de remonter à loin pour cela, pas mal d'arabes étaient encore nomades il n'y a pas cent ans), soit se sont déjà répandus par conquête (à la base, n'oublions pas, l'islam s'est étendu par la guerre...).

 

Ce ne sont ici que des pistes de réflexion. Et encore une fois, je n'ai rien contre l'islam, et à fortiori contre les musulmans. A condition d'une part que leur religion reste du domaine privé. Et d'autre part qu'elle passe après les lois, et non avant. Je ne suis pas croyant. Cependant je m'estime chrétien (et je considère que chaque Européen, qu'il le veuille ou non, l'est). Notre culture et nos valeurs sont en grande partie chrétiennes, qu'il s'agisse des fêtes rythmant nos calendriers, ou des notions telles que le don de soit, le partage, etc... Et je ne tiens pas à critiquer l'une ou l'autre religion dans son ensemble. Des croyances permettent à certains de donner un sens à leur vie, ou de surmonter une épreuve. Que ça se fasse en dépit du bon sens importe peu, l'essentiel là est le résultat. Si une croyance permet à certains de se sentir mieux, alors je n'ai rien à y redire. Et je ne vais certainement pas qualifier ladite personne de lâche. Quant aux institutions, il y a du bon et du mauvais, comme dans tout serait-on tenté de dire. Et l'église a son rôle à jouer dans notre société: je considère qu'à l'heure actuelle, il est important d'avoir un certain contrepoids au « libéralisme » de pensée actuel. Entendons-nous bien: je ne suis pas d'accords avec la plupart des positions de l'église: il est évident que j'accorde une place primordiale à la contraception, que je suis pour l'avortement et totalement favorable à l'euthanasie. Sur ce dernier point, je suis même fier de mon pays, car je considère que la légalisation du droit de mourir est une grande avancée morale, aussi importante que le droit à l'avortement. Cependant, comme dans tout, il faut un juste milieux, et ce dernier peut être atteint en tenant compte des positions extrêmes: liberté totale d'un coté (à l'excès) contre les sévères restrictions de l'autre.

 

Cependant, il faut savoir appeller un chat un chat. Et nier la vérité ne mène à rien: qu'il s'agisse de prétendre que le Coran est un message exclusivement de paix ou que les kamikazes du 11 septembre n'ont pas agit au nom d'Allah est tout aussi ridicule. Mais encore une fois, je me défend de toute généralité.

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commentaires

Olivier Moch 10/01/2011 16:06



Il convient de mâtiner un peu les propos quand tu dis que, contrairement à la religion catholique, l'islam cherche a définir comme première caractéristique d'un homme sa croyance ou non...
C'était aussi le cas de la religion catholique au moment de l'Inquisition. Les catholiques ont tendance à oublier que, durant cette sombre période, ont fait la chasse aux non-croyants et aux
hérétiques (des infidèles !). C'est aussi oublier les croisades qui, entre 1095 et 1291, étaient définies par l'Eglise catholique comme des "guerres contres les infidèles et les hérétiques".



sonata 10/01/2011 19:53



A ceci près que le Coran justifie pleinement le recours à la violence, et est même un véritable appel au meurtre via certains de ses passages, contrairement à la bible. Or, il s'agit là des
fondements des religions musulmane et catholique. Il ne faut pas oublier que selon le Coran, un infidèle n'a que deux possibilités: la conversion ou l'extermination. Aucun passage de la bible
n'est comparable.


Maintenant ça ne veut pas dire que des attrocités n'ont pas été commises en invoquant Dieu. Mais c'est d'autant plus facile pour une religion que ses fondements, à savoir ses textes sacrés, le
permettent voire le justifient en s'ancrant dans la violence. A ceci une raison: le contexte rédactionnel du coran est un contexte guerrier, et à la guerre on ne peut pas faire dans la
demie-mesure.


Bien sûr l'inquisition et d'une manière plus large l'obscurantisme forment une fameuse tache dans l'histoire de l'Eglise. Ceci dit, il faut bien garder à l'esprit que ce furent d'abords et avant
tout des outils politiques qui bien souvent ont servi d'autres puissants que l'Eglise elle-même. Par exemple, l'inquisition en Espagne (de loin la plus puissante) a été instaurée à l'instigation
des souverains espagnols eux-mêmes, qui y virent là - à juste titre - un instrument de domination appréciable pour renforcer leur pouvoir.


Quant aux croisades, il s'agit d'un sujet particulièrement complexe qu'il serait faux de réduire à une simple invasion des gentils musulmans par les méchants chrétiens. Il faut bien garder à
l'esprit que rien de ce qui a été entrepris dans l'histoire ne peut être étudié en dehors de son contexte, et l'intégrisme religieux certain de l'Eglise n'a dans cette affaire servi que comme un
catalyseur. Non négligeable certes, mais n'expliquant pas tout et étant de toute manière soumis à d'autres impératifs.



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