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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 20:29

 

Il y a environ un an paraissait sur la scène politique belge un nouveau parti, le Parti Populaire. Une année plus tard et après l'épreuve du feu électorale, l'heure est venue de dresser un premier bilan. J'aime autant le dire tout de suite, il est critique, et il y a largement de quoi.

 

Ce parti lors de sa création a directement annoncé la couleur: il s'agissait, selon ses propres dires, d'un parti de « droite décomplexée ». S'en prenant violemment au parti de droite traditionnel, le Mouvement Réformateur, le PP l'accuse de ne plus être de droite, c'est à dire selon leurs critères de classification de ne pas être assez nationaliste pour être placé à droite. Oui, vous avez bien lu. Car le parti populaire entend faire fis des différences culturelles et communautaires existant entre les différentes régions de Belgique, pour unir tout le monde sous la barrière d'un nationalisme fédéral loin de faire l'unanimité, comme le prouve encore l'actuelle crise politique sévissant en Belgique. Et le PP n'hésite pas à aller plus loin: selon eux, ces problèmes sont dûs justement à l'absence de nationalisme. Le fait qu'une nation ne se construit pas comme ça du jour au lendemain, mais nécessite toute une histoire sur laquelle s'appuyer semble leur échapper totalement... On l'aura compris, on est là en pleine simplification d'un phénomène extraordinairement complexe. Ceci dit, le parti ne s'arrête pas à ce genre de « détail » vu les autres raccourcis qu'il s'autorise.

 

En effet, parmi sa rhétorique, on retrouve les bonnes vieilles habitudes des partis classés fort à droite (doux euphémisme, quand tu nous tiens...): à savoir que l'origine des problèmes sociaux cette fois est à lier à l'immigration. Certes, l'un ne va pas sans l'autre, mais il faut être extrêmement prudent lorsque l'on se lance sur ce terrain; là encore une question très complexe qui ne se règle pas du jour au lendemain. Savoir si les problèmes liés à l'immigration sont dus à la société qui n'intègre pas les nouveaux arrivants ou s'ils sont dus à l'absence totale d'effort de la part de ces derniers est déjà en soit une interrogation à part entière qui se règle au cas par cas. Pas de ça chez le PP: on classe tout le monde dans le même paquet et on généralise bien. Et tant qu'on y est, les chômeurs aussi tiens, pour faire joli. Bizarrement, le PP n'invente rien au niveau de sa rhétorique de ce coté, ça s'est déjà vu. Vous ne trouvez pas?

 

Et l'on ne s'arrête pas là. L'un des deux co-fondateurs du PP, Mischaël Modrikamen, est apparu sur le devant de la scène lors de l'affaire Fortis, en tant qu'avocat des petits actionnaires lésés lors de la revente de la banque par l'état belge à BNP Paribas. A ce moment déjà, il a fait figure de réactionnaire critiquant tout ce qui touchait de près ou de loin aux institutions belges, ce qui d'ailleurs a attiré l'attention sur lui, lui permettant dans la foulée de fonder son parti aidé par Rudy Aernoudt. Bien entendu, une fois son parti créé, il a continué dans la même voie. Ainsi, lorsqu'il a été inculpé pour blanchiment d'argent, il a invoqué pour se déculpabiliser une soit-disant pression venue d'en haut et exercée sur la justice pour disqualifier un homme qui, selon lui, dérangeait (à savoir lui-même). Bémol: l'enquête le concernant a débuté il y a trois ans, alors qu'il n'était encore qu'un obscur avocat totalement inconnu. En attendant, il n'hésite pas à remettre en question l'intégrité du pouvoir judiciaire qui, toujours selon lui, est instrumentalisé. Et tant qu'à faire, il dénonce l'attitude jugée « partisane » de la RTBF, sous prétexte qu'elle ne lui a accordé que peu d'importance lors de la dernière campagne électorale, histoire de se victimiser encore plus (le fait que son parti n'a aucune importance quantitative semble lui échapper). Vous saisissez l'astuce? On a là un homme qui entend « dénoncer » les problèmes du monde politique belge (ainsi que judiciaire, sociaux, etc etc) en les simplifiant à outrance, et lorsqu'il se plante totalement il en jette la pierre à d'autres, refusant d'assumer ses échecs et ceux de son parti, qui ne peuvent être que l'œuvre de forces extérieures fomentant un complot à son égard. Moi je dis, une fois n'est pas coutume, que ce parti populaire est surtout populiste. Notez bien que je suis loin d'être le seul à le dire; pratiquement tous les organes de presse un minimum sensé le qualifient en tant que tel.

 

Lors des dernières élections, ils ont cependant réussi à obtenir un poste à la chambre. L'élu, Laurent Louis, n'a pas tardé à faire parler de lui en tenant cet été des propos jugés racistes sur son profil facebook, où il a dit textuellement au sujet des Roms: « ces gens occupent des terrains illégalement, ne travaillent pas, n'ont aucune ressource financière et on voudrait nous faire croire qu'ils vivent d'amour et d'eau fraiche... Il est évident qu'ils doivent voler ou faire des trafics pour subsister. ». On l'aura compris, le ton est donné et ne fait que confirmer les idées pour le moins simplistes et généralistes de ce parti. Officiellement suite à ça, Rudy Aernoudt, l'autre fondateur, a quitté le parti, suivi par une bonne partie de ses rares membres, pour fonder une branche dissidente excommuniant immédiatement l'autre branche restée fidèle à Modrikamen. Rien ne nous aura été épargné, pas même les intrigues byzantines! Rajoutons aussi qu'Aernoudt s'est empressé de lancer des accusations à l'encontre de son ex-comparse, affirmant qu'il serait impliqué dans des pratiques financières douteuses et autres manipulations. Il est intéressant de savoir qu'Aernoudt avait fondé un parti Lidé (soit libéral démocrate) l'année précédente, puis l'avais quitté. A noter également qu'il avait brièvement fait partie de la liste Dedecker, un parti ultra-nationaliste flamand jugé populiste par les médias et les analystes du monde politique belge; une fine équipe donc!

 

Dernier point: le traitement du PP par wikipédia. Et bien s'est assez intéressant. Les articles concernant le PP, Modrikamen ou dans une moindre mesure depuis son exclusion Aernoudt sont particulièrement élogieux. Fut un temps où l'article sur le PP se résumait à présenter son programme électoral, ou plutôt le programme du PP vu par le PP et présenté par le PP, autrement dit un pamphlet hagiographique digne des meilleurs écrits de propagande. S'ajoutent bien entendu comme sources divers blogs (vu qu'aucune publication sérieuse ne cautionne le parti). Quant à Modrikamen, il est présenté comme étant au choix un avocat ayant « gagné nombre de procédures majeures qui ont marqué l’histoire économique récente de la Belgique », le « Sarkozy belge » (dont il n'a en commun que la grande gueule) et « est un conférencier recherché auprès d’associations belges et internationales », rien que ça. On se demande bien quelles affaires il a pu gagner, et quelles associations l'ont recherché pour autre chose que nous présenter le prototype même, pour ne pas dire la caricature du populiste, tant les traits semblent grossis chez lui.

 

Triste sire, triste parti. Heureusement pas aussi « dérangeant » que ce qu'ils prétendent, vu leur très faible impact. Ceci dit, c'est toujours intéressant à regarder, car ce n'est pas tous les jours que l'on observe au grand jour un exemple aussi cliché de populisme.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 14:44

 

Actuellement en Belgique, l'actualité est dominée par deux éléments principaux: bien entendu l'éternelle querelle politique entre nord et sud du pays, qui dure depuis 40 ans au moins, mais aussi (en ce qui nous intéresse ici) par le scandale de prêtres pédophiles. Avec les travaux de la commission Adriaenssens, ce sont près de 500 cas d'abus sexuels commis par des prêtres qui ont été révélés. Je ne compte pas m'éterniser là dessus, ce n'est pas le but du présent article. Je dirai simplement que je suis désolé de la gestion de ce scandale par l'Eglise, en particulier par le cardinal Danneels dont j'espère cependant qu'il est de bonne foi, et également par le sentiment d'anticléricalisme généralisé que cela déclenche. Je trouve qu'il ne faut pas faire d'amalgame: d'une part ces affaires ne concernent « que » 500 personnes sur 50 ans (et la plupart remontent aux années 60 et 70). Ce sont certes 500 de trop, 500 vies au moins en parties brisées (13 suicides par ailleurs), mais c'est fort peu de choses par rapport aux centaines de milliers de gens qui ont trouvé le réconfort via cette institution, et qui le trouvent encore aujourd'hui (certaines victimes d'ailleurs, recherchent du réconfort... auprès de prêtres). D'autre part, il ne faut pas généraliser: il y a certainement pareilles affaires dans l'enseignement par exemple, ce n'est pas pour autant que l'image du prof est associée à celle du pervers sexuel. Ceci dit, je ne dis pas ça non plus pour minimiser; l'attitude d'une partie de la hiérarchie cléricale est scandaleuse (mais d'une partie seulement: le vice-recteur de l'UCL, ou l'évêque de Tournais pour ne citer qu'eux sont très critiques vis-à-vis de leurs supérieurs), et d'autre part les faits sont très graves: j'ai connu personnellement une victime de viol, et il s'agit pour moi du crime le plus crapuleux qui soit: la destruction d'une vie dans le seul but d'assouvir des pulsions bestiales, tout à la fois indigne mais indissociable de l'homme... Mon idée là dessus est extrême et sans concession: je m'avoue favorable à la peine de mort.

 

Ceci étant dit, ce contexte ne sert qu'à introduire mon article. Je tiens à rappeler ici des faits extrêmement graves. Des faits qui, pour une personne de 20 ans comme moi, ne peuvent que ressurgir en pareils moments. Des faits qui ont hanté mon enfance, et celle de tous les jeunes belges de mon âge. Des faits enfin, qui ont ébranlé l'état belge, ses structures, ses principes, sa population dans son ensemble. On l'aura compris, rarement faits ont eu autant d'impact en Belgique. Il s'agit d'une affaire crapuleuse, remontant à une quinzaine d'années, j'ai nommé la tristement célèbre affaire Dutroux. De nombreux pays dans le monde ont connu des scandales du même type. Mais je crois que peu ont connu une ferveur populaire telle que celle qui s'est manifestée chez nous. Des dires même de Jean-Luc Dehaene, premier ministre de l'époque: « Je suis convaincu que les parents [des victimes] auraient pu déclencher une révolution. Absolument. S’ils avaient appelé à la violence, on les aurait suivis. » On ne peut être plus clair, et je partage son opinion.

 

Bref rappel des faits: en 1996, Marc Dutroux est arrêté, suspecté dans diverses affaire d'enlèvements d'enfants. Des fouilles menées à ses différents domiciles révèleront des caches très petites (2m² au sol si je me souviens bien), dans lesquelles ont été enfermées pendant des mois plusieurs petites victimes (6 en tout, entre 8 et 17 ans). Bien entendu, elles furent abusées sexuellement par Dutroux et sa femme, Michelle Martin, cependant que Dutroux les manipulait pour leur faire croire qu'elles étaient abandonnées de leurs parents, et se présentait lui comme leur sauveur. Deux ont été libérées lors de l'arrestation de Dutroux, les autres étant décédées. Les deux plus connues, Julie et Mélissa, âgée d'à peine 8 ans, sont mortes de faim, n'étant pas nourries pendant que Dutroux se trouvait en prison pour une affaire mineure.

 

La Belgique se réveille groggye, avec une sorte de gueule de bois généralisées, un sentiment d'incompréhension d'abords, de colère et de haine ensuite saisissant tous les Belges. Bien vite d'autres éléments viennent alimenter cette tension: la révocation du juge d'instruction Connerotte, jusqu'alors chargé de l'affaire et véritable chevalier blanc, sous le prétexte qu'il a eu le tort de participer à un dîner avec les familles des victimes. La révélation que la maison de Dutroux avait été perquisitionnée, alors même que Julie et Mélissa s'y trouvaient. La révélation que des informations capitales n'ont pas été transmises d'un service de police à l'autre, symbole malheureux d'une guerre des polices que l'on croyait d'un autre âge. Le fait que Dutroux était déjà bien connu des services de justice, pour vol, trafic de voitures et de drogue... et actes répétés de pédophilie. Tout cela provoque un raz-le-bol général au sein de la population, qui n'a dès lors plus aucune confiance, ni en la justice, ni en la police, déjà par ailleurs impliquées dans des affaires de corruption. Le roi lui-même intervient en invitant au Palais les familles des victimes pendant une semaine, chose quasi impensable: le roi n'a pratiquement qu'un rôle protocolaire, et il lui est interdit ne serait-ce que de donner son avis sur une affaire politique ou judiciaire. Il n'existe tout simplement pas en tant que citoyen, mais incarne la Nation, se devant donc d'être parfaitement neutre. Une commission d'enquête parlementaire est mise sur pieds, qui interrogera pendant des mois des centaines de témoins devant les caméras, commission qui sera perçue comme une véritable inquisition. Je me souviens de ces hommes qui, sans aucune pitié, ont préféré tout mettre sur le dos d'un gendarme chargé de l'enquête et qui avait perquisitionné sans succès le domicile de Dutroux. Cet homme, tenu pour responsable de la faillite d'un système que l'on n'osait avouer, a vu sa carrière détruite. Il a fini par mourir récemment, abandonné de tous; famille ou amis. Pourtant, il est pour moi une autre victime, indirecte certes, du monstre. Mais malgré cela c'était trop tard. Les tensions, le manque de confiance accumulé depuis des années par rapport à la justice a atteint son paroxysme: en octobre 1996, 350 000 personnes (la Sûreté parle même de 615 000) se sont réunies à Bruxelles à l'initiative des parents des victimes pour une Marche Blanche, totalement pacisfiste, et visant à montrer la détermination mais surtout le choc de l'ensemble de la population. Quand on sait que cette marche a été organisée « en amateur » et en l'espace de deux semaines, sur une population belge comptant 10 million d'habitants, on se rend compte de l'ampleur du phénomène. Chaque maison affichait à ses fenêtres une photo de Julie et Mélissa, probablement le cliché le plus célèbre en Belgique. Et encore aujourd'hui, il y a fort à parier que tout le monde possède au fond d'un tiroir cette image , symbole d'une enfance brisée, et part là même d'un espoir d'avenir plus qu'assombri... pendant des semaines, chaque automobiliste passant en face d'un tribunal se doit de klaxonner. Pendant des semaines, se sont des grèves spontanées qui éclatent un peu partout. Ce lien donne quelques autres exemples, qui aujourd'hui paraissent bien faibles par rapport à « l'ambiance » régnant à ce moment. La Belgique était tout simplement entrain d'imploser sous l'impulsion populaire, et pour une fois ce n'était pas une question de langue. Les institutions n'étaient aux yeux des gens pas dignes d'être respectées. On peut dire que l'anarchie menaçait. Seul là dedans le formidable courage des parents, premiers concernés et qui ont pu garder leur sang froid, a permis d'éviter le pire. Ils sont devenus l'icône de la nation. La Belgique incarnée, dans sa douleur, mais également son humilité et sa modestie.

 

Je m'en souviens en tant qu'enfant. Je ne comprenais bien sûr pas tout. Juste que du jour au lendemain, les parents paniquaient. Jusque là, je me souviens aller jusqu'à la boulangerie du village à vélo de temps à autre. Ça ne s'est plus reproduit après. Je pense que les gens se sont rendus compte brusquement des dangers dans ce monde, y compris et surtout par rapport à l'innocence des enfants. Un tabou avait été bafoué, le plus important et ce d'une manière horrible. Pour les gosses, Dutroux remplaçait allègrement le loup garou, le père fouettard ou le croquemitaine.

 

Un procès a eu lieu il y a quelques années. Qualifié de procès du siècle, il a duré 4 mois et n'a servi qu'à décevoir tout le monde. Beaucoup croyaient, et croient encore aujourd'hui, que Dutroux était membre d'un réseau pédophile, chose qui n'a pas été mise en évidence lors du procès. Beaucoup de gens espéraient au moins comprendre comment une telle horreur était possible. Tout ce que l'on a vu, c'est un Dutroux manipulateur, un véritable génie machiavélique, qui l'est encore aujourd'hui. On entend encore de temps à autre parler du monstre, depuis sa cellule, lorsqu'il tente par exemple d'attendrir telle journaliste enquêtant sur sa vie privée. Les peines furent lourdes: pour Dutroux, la perpétuité (soit en droit belge 30 ans incompressibles) plus 10 ans de mise à disposition de la justice, soit 40 ans en tout. Pour sa femme, un peu moins (dans les 20 ans me semble-t-il). Et il y a fort à parier que s'ils sortent un jour, l'un comme l'autre seront bien vite assassiné tant la haine à leur égard est encore forte. Il suffit qu'un événement nous rappelle cela aujourd'hui pour sentir la colère qui gronde.

 

Quelles ont été les conséquences de tout ça? Tout d'abords une prise de conscience, un changement de mœurs de la part des parents par rapport à leurs enfants. Ensuite une profonde remise en question de la société et de ses institutions. La justice a été réformée, mais surtout la police, avec notamment la fusion de la police et de la gendarmerie nationale. Depuis, on constate une bien plus grande efficacité. Il ne se passe pas une semaine sans que l'on entende parler d'une saisie importante, ou d'un autre beau succès de la police. Leur travail est formidable, et il y a un an, un sondage révélait que 88% des Belges s'estimaient au minimum satisfaits du travail de la police et lui faisaient confiance. Imaginez un tel sondage en France, et la réponse qui en sortirait... Au niveau de la justice par contre, c'est plus nuancé. Récemment, toute une série de décisions judiciaires ont indigné la population. Je pense au procès de la catastrophe de Ghislenghien ( 24 morts dont plusieurs pompiers) notamment, où seuls ont été jugés coupables des « petits ». Ou aux nombreux délinquants arrêtés puis relâchés le jour même par manque de place. Ou encore à cette récente affaire où un policier avait réussi à infiltrer un réseau de trafiquants d'armes, mais où ces derniers avaient été relâchés sous prétexte que la procédure d'infiltration était irrégulière...

Cet article analyse dans le détail ce qui ressort de tout ça.

 

Un dernier point: de ce drame s'est dégagé une personnalité forte, devenue l'un des plus grands héros contemporains de ce pays: Jean-Denis Lejeune, père de Julie. Il a fondé avec d'autres Child Focus, un centre s'occupant de rechercher des personnes disparues. Ce centre, inspiré d'un modèle américain, est d'une efficacité remarquable et a depuis été à l'origine du regroupement de différentes institutions européennes axées autour de la même mission. Monsieur Lejeune a également participé à Haïti à des opérations visant à fournir en eau potable près de 50 000 personnes (ce avant le tremblement de terre de janvier dernier).

 

Je tiens à terminer avec la liste des victimes, car on ne leur rendra jamais hommage:

Julie Lejeune et Mélissa Russo: 8 ans toutes les deux, morte de faim.

An Marchal et Eefje Lambrecks: disparues en 1995, retrouvées mortes dans le jardin de Dutroux. 17 et 19 ans au moment des faits.

Sabine Dardenne et Lætitia Delhez: 12 et 14 ans, retrouvées en vie.

René Michaux: gendarme, tenu pour responsable de l'échec judiciaire en dépression depuis l'affaire jusqu'à son décès en 2009.

On pourrait rajouter un autre nom, celle d'un complice de Dutroux assassiné par celui-ci, mais il est évident qu'il ne mérite aucun hommage.

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 11:23

On l'a vu plus haut, la scène politique wallonne est plus ancrée à gauche, là où celle de Flandre est clairement plus libérale. On s'en doute, ceci est lié de près ou de loin à la situation économique respective des deux régions, et cela peut également être lié à des différences de mentalité entre nord et sud. De là à ce que des nationalistes extrémistes grossissent le trait et mettent en avant ses différences et les renforçant à coup de clichés, il n'y a qu'un pas. En pratique, il est vite franchis.

Pour comprendre ces divergences, il convient de remonter en arrière, au moins jusqu'à la deuxième révolution industrielle, traduite dans nos régions par la découverte et l'exploitation de gisements de charbons, suivies de près par le développement massif de ce qui deviendra l'une des plus importantes industriel sidérurgique.

Entre parenthèses, au Moyen-âge, des villes telle que Bruxelles, Anvers, Bruges et Gand faisaient figure de pôles économiques européens, notamment grâce à une industrie textile très développée (les célèbres dentelles de Bruges et de Gand par exemple). Lors de la création de l'état belge en 1830, cette gloire était cependant passée, notamment à cause du blocus napoléonien qui eut finalement plus d'effet négatif sur les zones portuaires continentales que sur l'Angleterre pourtant cible du blocus.

Pour en revenir à la situation économique moderne, ce qui nous intéresse se situe lors des années 1850-1870. Jusque là, la population belge, hormis quelques centres urbains, est essentiellement rurale, avec tout ce que cela comporte: faible qualité de vie moyenne, faible niveau d'alphabétisation, et j'en passe. La situation s'est globalement améliorée lors du boom économique lié aux gisements de charbon, et à l'implantation chez nous des plus gros groupes sidérurgiques mondiaux. Certes, les richesses générées alors étaient réparties de manière très inégale: à une petite élite d'industriels s'oppose une masse énorme d'ouvriers travaillant dans des conditions pénibles. Cependant, l'amélioration de l'éducation, ou des soins de santé notamment est due pour partie à des investissements réalisés par ces mêmes riches. L'ennuie, c'est que cette situation concerne essentiellement la Wallonie. La Flandre, faute de gisements, a à ce moment là loupé son entrée dans le monde moderne. Jusqu'à la deuxième guerre mondiale, il s'agissait d'une région extrêmement pauvre, l'une des plus mal lotie d'Europe. En contraste, la Wallonie était donnée juste avant la première guerre mondiale comme étant la deuxième plus riche du monde. Ce chiffre revient toujours, mais très honnêtement il est imprécis car je ne sais sur quel critère il est basé: s'agit-il de richesse brute, ou répartie en fonction du nombre d'habitants? Je ne le sais, mais quoi qu'il en soit, le PIB wallon d'époque était fabuleux.

La situation florissante actuelle de la Flandre est très récente: il s'est amorcée après la seconde guerre pour atteindre son paroxysme dans les années 70 et 80. Aujourd'hui, la Flandre demeure l'une des régions les plus productives d'Europe. La Wallonie quant à elle est restée très riche jusque dans les années 70. Après, un rapide déclin s'est amorcé, et la situation dans les années 90 est devenues catastrophique, au point qu'il s'agit d'une des plus pauvres d'Europe occidentale.

A quoi cela est-il dû?

Et bien à la politique menée dans l'immédiate après-guerre.

Les destructions ont été très importantes pendant la guerre en Wallonie, beaucoup moins en Flandre, tout simplement parce qu'il n'y avait là rien à détruire, la société étant encore très rurale. Cependant, la reconstruction wallonne a été si rapide et efficace, qu'elle n'a pratiquement pas dû avoir recours au plan Marshall américain. La Flandre en a alors profité pour faire -enfin- son entrée dans le monde moderne. Et elle l'a fait de manière très intelligente, en diversifiant ses activités. Une importante infrastructure a été construite ou agrandie, citons pour l'exemple les ports d'Anvers et de Zeebruges (devenus parmi les plus importants du monde, du moins concernant Anvers) ou l'aéroport de Zaventem, de loin le plus grand du pays. Les réseaux routiers et fluviaux, déjà importants, se sont modernisés (encore aujourd'hui, les réseaux belges sont les plus denses d'Europe, si pas du monde, et l'ascenseur à bateaux du canal du centre est le plus grand du monde) grâce aux capitaux wallons. A cela s'ajoutent des investissements belges ou étrangers importants, principalement dans les industries automobiles et chimiques, grâce surtout aux communications aisées via le port d'Anvers.

Bref, sa richesse, la Flandre la doit en grande partie à la Wallonie. Malheureusement cela n'allait pas durer, et dès les années 70, le début de la fermeture des mines annonçait le début de la fin. Manque de bol, les politiques, plutôt que de ré-investir dans d'autres secteurs au sud du pays, ont préféré tenter de sauver une industrie agonisante car dépassées à l'ère du pétrole. De fermeture en fermeture, la situation s'est vite dégradée, tandis que la Flandre, enfin riche, n'était pas inquiétée grâce à son économie très diversifiée.

Et aujourd'hui, qu'en est-il? Et bien le creux wallon pour moi se situe dans les années 90. Il y a clairement une renaissance aujourd'hui, un renouveau favorisés par divers éléments. D'abords une population jeune, là où celle de la Flandre est très vieillissante. Cette population a la chance de bénéficier d'universités très importantes, comme celles de Mons, de Louvain la neuve, de Liège, de Namur et également de Bruxelles (bien que non-wallonne, cette dernière dispose d'une aile francophone très importante: l'ULB). Ce dynamisme de la jeunesse attire des investisseurs étrangers, principalement dans des industries de pointe, comme par exemple l'aviation (Charleroi accueille ainsi le siège continental de Ryanair, troisième compagnie aérienne européenne en terme de transport de passagers, en très nette croissance -+1 000% à Charleroi en 10 ans!-), ou l'informatique (Google et Microsoft notamment s'implantent très fort chez nous). L'industrie pharmaceutique est également fort implantée chez nous, avec les trois plus grands groupes mondiaux dans le Brabant Wallon. Cela associé à un renouveau depuis 2005 de la classe politique, permet de croire raisonnablement en l'avenir. Nous avons connu un creux, mais ça va en s'améliorant.

En comparaison, la Flandre a fort souffert de la crise économique, notamment au niveau de son industrie automobile. La seule fermeture de l'usine d'Opel Anvers (pourtant l'une des plus rentables du groupe Opel avec un bénéfice net de 50M d'euro au dernier trimestre) à elle seule coûte 2600 emplois directs et plus de 10 000 indirects... Sa population est vieillissante, et elle va avoir du mal à l'avenir à payer ses retraités. Les investisseurs étrangers investissent toujours, mais on est loin de la situation des années 70, et en général ils préfèrent la Wallonie jugée plus dynamique.

En bref, la situation évolue tout le temps, et il y a une sorte d'alternance entre région riche et région pauvre. Ceci bien évidemment se répercute sur le paysage politique, et les conséquences sont importantes. Sur un prochain article, j'en parlerai, et je ferai également mention des conséquences sur la manière dont on se juge « les uns les autres »: quelle vision ont les Flamands des Wallons et vice-versa. Et quels mythes alimentent ces propos.

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 20:20

On l'a vu, il y a actuellement des différences notoires entre flamands et wallons, ou plutôt devrais-je dire entre néerlandophones et francophones. Malheureusement, ces différences sont reprises et amplifiées de part et d'autres (quoi que nettement plus coté flamands) par des nationalistes rêvant de régions plus ou moins indépendantes et ce parfois au mépris de toute réalité historique. Le nationalisme flamand en particulier est très fort, et résulte notamment de ressentiments assez anciens d'une part de la population nordique. Bien que bâti en partie sur une série de mythes, pour ne pas dire de mensonges éhontés, il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas de fumée sans feu...

 

Une grosse différence vient de la langue, on l'a vu. Ceci dit, le fait de parler deux langues différentes n'explique pas tout à lui seul, et certainement pas le déferlement de haine provenant de certains groupes d'extrémistes. Pour comprendre les ressentiments évoqués plus haut, il faut savoir que jusqu'au début du siècle dernier, la seule langue officielle en Belgique était le français, et ce bien qu'une part importante de la population parlait flamand. A cela deux raisons principales: d'une part, le néerlandais était la langue officielle des Pays-Bas, ces mêmes Pays-Bas contre lesquels nous nous sommes battus pour acquérir notre indépendance. Sous leur domination, les francophones étaient systématiquement dénigrés et persécuté. La réaction logique a été qu'une fois l'indépendance acquise, le néerlandais, langue de nos anciens oppresseurs, était très mal vu. D'autre part, la bourgeoisie, qu'elle soit wallonne ou flamande, parlait le français, car c'était à l'époque une langue bien plus internationale (comme l'est l'anglais aujourd'hui) et pour se distinguer du bas peuple de paysans flamands ou wallons qui parlaient leurs patois (à noter que le « néerlandais » parlé aujourd'hui en Flandre diffère fortement de celui parlé aux Pays-Bas; c'est un peu comme comparer l'anglais et l'américain. En pratique il s'agit d'un patois dérivé du néerlandais, lui-même patois germanique à l'origine!). Pour les flamands, le français est resté associé à une langue d'oppresseurs, vu qu'il s'agissait de la langue des riches, qu'ils soient marchands, nobles ou industriels. Et là se situe l'un des premiers gros mythes flamands: celui d'un impérialisme francophone d'origine wallonne: beaucoup oublient en effet que les « oppresseurs » dont il est question étaient autant flamands que wallons. Ces mêmes gens ont tendance à associer francophones et wallons, ce qui n'étaient absolument pas le cas à l'époque: la séparation des langues française et flamande correspondant bien plus à une séparation des classes sociales qu'à une séparation des régions. D'ailleurs, en Wallonie aussi, le peuple ne parlait pas français, mais wallon (lequel est un mélange issus des langues celtiques, germaniques et latines...).

 

L'injustice était grande jusqu'à il y a 100 ans. En effet, et pour prendre un seul exemple, lorsqu'un paysan flamand comparaissait devant un tribunal, il ne comprenait rien à ce qu'on lui voulait; puisse que les jugements étaient rendus en français, langue parfaitement inconnue du bas peuple flamand à l'époque. Forcément, de telles injustices étaient vécues cruellement, et ont entraîné par la suite pas mal de tension, ce qui se comprend. L'ennuie, c'est qu'aujourd'hui des nationalistes flamands rappelle au souvenir de leurs compatriotes ces souvenirs cuisants, en y associant les Wallons. Il ont d'autant plus facile à le faire que pendant longtemps la plupart des riches de Belgique étaient de riches industriels wallons (lesquels possédaient alors les aciéries et les mines). Le principal problème vient de ces relents revanchards de certains. Sans cela, nos autres différences seraient bien plus acceptables.

 

Un autre mythe lié à la langue est également régulièrement entretenu par ces mêmes personnes: celui qu'à cause de la langue, les soldats flamands durant la première guerre mondiale ne comprenaient par leurs officiers s'exprimant en français, ce qui aurait causé chez eux des pertes plus importantes que chez leurs homologues francophones. Ceci est faux. Les flamands ont certes perdu plus d'hommes, mais ils étaient aussi plus nombreux à la base. En fait, proportionnellement au nombre de soldats engagés, les pertes sont équivalentes chez les néerlandophones et les francophones. Mais allez donc faire entendre raison à des extrémistes!

 

Je compte par la suite tenter d'expliquer les divergences d'opinions politiques entre nord et sud, qui sont liées aux parcours respectifs de ces régions, notamment dans le domaine économique.

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 22:42

J'ai envie de changer un petit peu de domaine, car wikipédia n'est -heureusement- pas tout. Aimant particulièrement mon pays, la Belgique, et constatant la manière dont les médiats français en parlent en général (je pense au niveau politique), je ressens le besoin d'expliquer au moins partiellement la situation. Il faut reconnaître qu'elle n'est pas évidente, et nécessite une certaine compréhension de l'histoire et de la structure du pays, mais moyennant ces quelques efforts intellectuels elle apparaît plus simple. Il est clair cependant que les notions abordées ici se veulent être de vulgarisation; les explications complètes prendraient certainement plusieurs ouvrages...

Parlons d'abords des structures du pays. Il faut savoir que la Belgique est composées d'un mélange de peuples et de communautés, la division étant très ancienne. Au nord, on trouve la Flandre, peuplée de 5,5 millions de Flamands parlant le néerlandais. Au sud se trouve la Wallonie, peuplée de francophones (3,5 millions) et d'une minorité de germanophones (moins de 100 000) à l'est. A peu près au centre géographique, mais en Flandre se trouve la région de Bruxelles, laquelle compte un million d'habitants, à très grande majorité francophones (environs 10% de néerlandophones seulement). La frontière linguistique entre francophones et néerlandophones remonte à l'empire romain: au sud les romains se sont forts implantés, comme en témoigne la multitude de villas gallo-romaines, tandis que le nord est resté peu pénétré par « l'envahisseur ».

Pour être bref, les compétences sont gérées par diverses entités: les régions (Bruxelles, Flandre et Wallonie) gèrent ce qui touche au sol (aménagement du territoire,...), les communautés ce qui touche à la langue (enseignement par exemple), et l'état fédéral s'occupe des matières communes à tous les belges: la justice, la sécurité sociale, la défense,... Un premier niveau de difficulté se trouve là: les habitants de Wallonie sont partagés entre les communautés francophone et germanophone, les Flamands sont exclusivement néerlandophones, et les Bruxellois sont partagés entre néerlandophones (minoritaire) et francophones (largement majoritaires: de l'ordre de 80%). Cela implique donc des divergences, selon que l'on considère le droit « du sol » et le droit « des gens ». Mais c'est loin d'être fini...

En pratique, on peut parler en Belgique de différents peuples, unis plus ou moins entre eux par des principes communs, mais séparés par les langues, les cultures, les orientations politiques... et les mythes nationaux. Les Flamands ont ainsi une identité très forte, de même que les Bruxellois qui sont un peu comparables aux Parisiens en France. L'identité wallone est beaucoup plus faible: à vrai dire de nombreux Wallons se déclarent belge avant de se dire wallon, contrairement aux Flamands. Une grosse source de problème tient déjà à tout ceci: la répartition des matières entre les entités fédérées, et les différences énormes entre les trois peuples qu'il faut bien concilier. Nous aurons l'occasion d'y revenir, je tiens à aborder par après les divergences historiques, essentiellement entre le nord et le sud du pays, divergences de point de vue exacerbées par les nationalistes des deux bords, qui tentent de nous désunir en fustigeant l'autre communauté.

Une autre difficulté majeure tient au système politique: quelle que soit l'entité concernée, l'élection se fait à la proportionnelle, et non à la majorité: concrètement, il n'y a jamais un seul parti au pouvoir, mais une coalition regroupant divers partis avec pour seule condition qu'ensemble ils forment une majorité. Ainsi, on a déjà vu dans le même gouvernement les socialistes et les libéraux (un peu comme si en France on trouvait le PS et l'UMP dans le même gouvernement). L'avantage est qu'il est pratiquement impossible qu'un parti soit seul à gouverner et donc à imposer ses idées. L'inconvénient est que l'on peut être confronté à un certain immobilisme, justement parce qu'il faut à tout moment concilier les points de vues divergents de deux partis ou plus.

En Belgique, il est obligatoire de voter (bien que l'on puisse rendre un bulletin blanc). Selon moi, cette mesure est bonne: je trouve scandaleux que l'on puisse en France rester chez soi le dimanche au lieu d'accomplir un simple devoir citoyen, surtout en sachant que le suffrage universel a été un long combat. C'est véritablement se foutre de la gueule de ceux qui sont morts pour la liberté des citoyens, et ne serait-ce que par respect pour eux, l'on se doit d'aller voter. Le taux d'abstention est donc très faible en Belgique. On vote dans des élections fédérales et des élections régionales, toujours pour des élus de la région dans laquelle on habite. Ainsi, un Wallon ne peut voter pour un Flamand et vice-versa. A Bruxelles par contre, on peut voter pour des candidats francophones ou néerlandophones, tout simplement parce que Bruxelles est bilingue. Cependant, un parti peut très bien présenter des listes dans plusieurs régions (tous les partis présentent ainsi des listes en Flandre ou en Wallonie ET à Bruxelles).

Passons en revue maintenant les différents partis politiques belge. Au sud du pays tout d'abord. On trouve 4 grands partis: le PS à gauche, le CDH au centre (plus vers la gauche que vers la droite) et le MR à droite, avec en plus le parti ECOLO (écologistes évidemment...) en général assez à gauche. A cela s'ajoutent des communistes, un Front National, un parti Rassemblement Wallonie France et un tout nouveau Parti Populaire, formé de populistes d'extrême droite. Cependant, ces petits partis sont ultra minoritaires, représentant sans doute moins de 10% des suffrages et n'ayant absolument aucun poids politique. L'extrême droite wallone est très faible, dotées de dirigeants ridicules et peu charismatiques, ce qui explique leurs multiples Bérézinas électorales. Pareil pour les nationalistes. Quant aux « rattachistes » partisans d'une Wallonie française, ils sont formés de membres de la noblesse proches du front national de Lepen. Généralement, la Wallonie est gauchiste, avec un PS souvent premier parti, bien que les libéraux ne sont pas en reste.

La Flandre maintenant. On trouve le SPA (socialistes), Groen (écologistes), le CDN-V (chrétiens démocrates: centre-droit) le VLD (libéraux), la NVA (nationalistes) la Lisjt Dedecker (nationalistes/extrême-droite) et le Vlaams Belang (fascistes, et je pèse mes mots). Comme on le constate, la Flandre est plus à droite, avec en particulier une extrême droite très puissante, considérée comme l'une des plus dangereuse d'Europe: début des années 2000, le Vlaams Belang a obtenu plus de 30% des voix à Anvers, la principale ville de Flandre. Cependant, un pacte existe entre les autres partis et les médias, connu sous le nom de « cordon sanitaire »: aucun parti ne peut s'associer au Vlaams Belang, ceci dans le but d'éviter une prise de pouvoir par les fascistes (je rappelle que tout gouvernement est fondé sur une coalition: en l'absence d'alliance il est impossible d'obtenir la majorité requise pour gouverner).

Comme on le constate, il y a de grosses différences entre nord et sud du pays. Autre niveau: Bruxelles: la moitié des élus sont francophones, l'autre moitié néerlandophones (alors que ceux-ci constituent 10% de la population...). Bruxelles est également plus de droit, étant une région d'entrepreneurs libéraux.

On s'en doute, faire cohabiter tout cela n'est pas facile, d'autant plus qu'au problème de langue s'ajoute un problème d'orientation politique: à droite au nord, à gauche au sud. On essaie souvent d'harmoniser entre les régions: ainsi si l'on fait rentrer les verts (écologistes) dans le gouvernement flamand, on essaie de le faire aussi au sud, ainsi qu'au niveau fédéral. Ceci dit, c'est loin d'être une généralité, et l'on peut tout aussi bien avec un gouvernement wallon de gauche et un gouvernement

fédéral de droite! Bref, un vrai-casse tête.

Je tâcherai dans les jours à venir de continuer mes explications, en abordant peut-être l'histoire des régions, ce qui explique en partie les divergences politiques. Je pense, après avoir situé tout le contexte, terminer en expliquant les problèmes actuels, qui sont souvent interprétés de manière catastrophique à l'étranger, en particulier en France.

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Published by sonata - dans Belgique
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