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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 21:48

 

Actuellement se déroule à Paris l'eG8, c'est-à-dire une réunion d'envergure réunissant les grands pontes mondiaux de l'internet, dans le but de discuter des principaux enjeux futurs concernant le web. Sont notamment abordés des thèmes tels que les droits d'auteur, la régulation, la lutte contre la cybercriminalité ou encore la protection de la vie privée. Parmi les invités présents, citons Bill Gates (Microsoft), Mark Zuckerberg (Facebook), Eric Schmidt (Google) ou encore Jimmy Wales (Wikipédia).

 

De nombreuses critiques ont évidemment fusé de tous les cotés, vis-à-vis de ce qui est surtout vu comme une tentative de réappropriation et de centralisation d'internet entre les mains de quelques ténors, qui n'ont plus qu'à se partager la part du lion. Rien d'étonnant d'ailleurs à ce que cette réunion se tienne directement dans les jardins de l'Elysée, directement sous les fenêtres d'un super-président qui s'est lui-même fait remarquer depuis 2007 par ses multiples tentatives plus ou moins abouties de concentration de l'ensemble des pouvoirs entre ses mains. S'il l'on n'était en France, on parlerait sans doute d'une certaine forme de totalitarisme, et l'on ne serait pas loin du compte.

 

Mais Sarkozy est inquiet par internet, surtout depuis le rôle joué par ce média dans la propagation et l'organisation des révoltes arabes qu'il a pour une fois bien saisi, même s'il lui a fallu du temps. Il se rend non seulement compte qu'il ne peut le contrôler, mais également que celui-ci peut avoir une influence énorme, qu'il avait sans doute sous-évaluée jusqu'à maintenant. Le plus beau dans cette histoire, c'est que certaines revendications paraissent légitimes: difficile en effet de s'insurger contre une proposition visant à limiter la cybercriminalité. A condition bien entendu de ne pas voir cette réunion pour ce qu'elle est réellement: un écran de fumée. Mais on n'est plus à ça près avec l'actuel président de la république...

 

Parmi ces grands puissants d'internet, on n'est guère surpris de trouver Gates ou Schmidt, représentant de firmes connues pour assurer leur position dominante, souvent de manière abusive. On pourrait éventuellement noter l'absence de Steve Jobs, tout en se demandant si elle n'est pas plutôt due à son état de santé pas très brillant. Guère surprenante non plus, la présence de Jimmy Wales. Et ce pour au moins deux raisons: primo, wikipédia est malheureusement un acteur majeur de l'avenir du net, du moins à court et moyen terme. Et secundo, l'égo du personnage n'a rien à envier à celui des autres invités présents.

 

Wales a en effet bien sa place à cette table. Il est connu qu'il ambitionne de concentrer tout le savoir, ou du moins ce qu'il croit être le savoir, sur sa seule plate-forme, en écrasant au passage toutes les encyclopédies concurrentes, nonobstant la qualité bien supérieure de ces dernières. On voit au passage bien là que Wales est un pur produit du libéralisme: il voit le savoir comme une ressource à exploiter, et sa possession comme un business, ce qui l'amène à penser en terme de compétition. Tout à fait l'esprit humaniste qu'il revendique n'est-ce pas!

 

Wikipédia jouit d'une fréquentation très importante pour plusieurs raisons, mais l'une des principales est évidemment le fait qu'elle apparaît quasi systématiquement parmi les premiers résultats d'une recherche Google, ce dernier moteur de recherche étant la porte d'entrée sur le web de pas mal d'utilisateurs (ce qui est en soit déjà un danger: Google choisissant les sites affichés, ça lui assure un certain contrôle de l'accès à l'information, et en fait une cible de censure privilégiée). On peut donc dire qu'en pratique, la centralisation du net autour de quelques géants est bel et bien en marche, et wikipédia fait (malheureusement) partie de ces géants. Ce qui a tout pour satisfaire l'égo sur-dimensionné de Wales, qui entend bien profiter de l'organisation du forum eG8 pour renforcer encore cet état de fait.

 

Sauf que la vision qu'à Wales du savoir est tout sauf juste. Le savoir n'est pas la somme des supposées connaissances de tout un chacun, et ne se battit pas autour d'un assemblage bancal d'opinions recopiées ailleurs et plus ou moins raccordées sous le nom de « neutralité ». Recopiées, car le contraire expose son auteur à voir son travail qualifié d'inédit, ce qui est banni. Et oui, la réflexion, sur wiki, on n'aime pas. Drôle de conception de la notion d'encyclopédiste! Quant à la neutralité, elle n'est pas vérité, et elle consiste à présenter sur un sujet l'ensemble des opinions le concernant, pourvu que ce soit sourcé. Pour la qualité inégale des sources, on repassera. Et des notions de compétences, d'esprit critique ou de simple rationalité nécessaires à une œuvre sérieuse et de qualité sont purement et simplement absentes des principes fondateurs du site, basés sur le consensus. Mais les faits ne se votent pas.

 

Dernier point, rapporté et commenté par Alithia, Wales n'a rien trouvé de mieux à faire que de demander que sa création soit classée au patrimoine mondial de l'humanité. Je ne m'étendrai pas là-dessus, car cette demande n'est pas surprenante de sa part, si ce n'est par l'aspect caricatural qu'elle donne du personnage qui décidément ne doute de rien.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 22:45

 

En réponse à un autre commentaire sur l'article concernant l'usage approprié de wikipédia, voici quelques défauts que l'on peut repprocher à la façon dont est abordée la biologie sur « l'encyclopédie ». Ce n'est bien sûr qu'un résumé, je n'ai pas le temps de faire mieux pour l'instant.

 

Deux points très importants soulignés par Alithia à l'époque concernaient les article sur Darwin et Pasteur, qui étaient totalement massacrés et en arrivaient à faire dire à Darwin exactement le contraire de sa pensée. On se trouvait au final avec un article rempli de propos habituellement tenus par l'extrême-droite. Heureusement, suite aux remarques d'Alithia, cela semble avoir été corrigé depuis. Il n'empêche que les articles restent lourds et plus axés sur des faits que sur les pensées en elles-mêmes, et au final n'apportent pas tant que ça.

 

Tant qu'on en est avec le Darwinisme, un autre problème sur wikipédia est la place déraisonnable accordée aux théories « alternatives » à celle de l'évolution dont on sait pourtant qu'elles ne sont plus aujourd'hui défendues que par quelques fous furieux et autres intégristes religieux. Pourtant sur « l'encyclopédie », elles sont abordées et détaillées en long et en large, voire même justifiées. A noter qu'il s'agit là d'un des rares domaines aussi médiocre sur la wiki anglophone, si pas plus, que sur la francophone; ceci étant dû au fait que les créationnistes et autres constituent un lobby puissant aux Etats-Unis, beaucoup moins en France.

 

Dans le genre loufoque, on a également tout ce qui concerne des créatures imaginaires comme le monstre du Loch Ness ou autres joyeusetés, et qui sur wikipédia ont largement leur place... ainsi que leurs défenseurs, dont au moins un administrateur (que je ne citerai pas, mais il suffit de consulter le blog d'Alithia pour s'en faire une idée), qui est par ailleurs actif sur tout ce qui est paranormal, en se servant de sources tout sauf scientifiques pour appuyer ses délires, le tout au nom de la neutralité qui interdit de trancher de façon ferme et définitive.

 

Si l'on inclut la médecine dans la biologie, on peut également parler des nombreux articles qui ont été falsifiés par diverses firmes pharmaceutiques, ce qui avait fait scandale à une époque. Ainsi, des industries peu scrupuleuses n'hésitaient pas à rendre les articles consacrés à leurs médicaments plus attrayants (en supprimant toute mention à des effets secondaires par exemple), ou encore à publier des résultats d'étude à leur avantage. Il est à noter également que, dans le domaine de la médecine, wikipédia accorde également une place importante à toute une série de délires. Citons par exemple les « hypothèses alternatives sur la responsabilités du VIH dans le Sida », qui là encore ne sont défendues que par quelques activistes ou des scientifiques cherchant à faire parler d'eux. On peut également parler des articles consacrés à des vaccins, qui sont parfois sourcés à l'aide de sites internet de groupes d'activistes anti-vaccins. Enfin, on peut parler des médecines « parallèles », qui là encore ne sont pour la plupart que fumisterie, mais trouvent sur wiki leurs partisans. A moins que ce ne soit l'inverse, ces personnes trouvant en wikipédia une plateforme bien pratique.

 

Wikipédia se fait également le relais d'autres délires concernant l'écologie, où l'on met à égalité des sources provenant de diverses associations partisanes aux idéaux certes louables, mais aux méthodes contestables, et des sources scientifiques, qui sont elles valables et approuvées unanimement. Cependant, en les mettant sur un pieds d'égalité, on nie totalement (une fois n'est pas coutume) la valeur de ces dernières. On touche là également le domaine de la physique nucléaire.

 

Il faut bien se dire que la biologie est déjà un domaine qui touche certains points sensibles, d'une part parce qu'elle remet en cause les dogmes religieux, d'autres part parce qu'elle est liée à un problème de gros sous: les firmes pharmaceutiques par exemple forment des lobbies plus que puissants. Il en est de même pour tout ce qui touche le bio ou l'écologie d'une manière général, sans même parler de l'aspect éthique qui est également sensible.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 22:08

 

En réponse à un commentaire laissé sur cet article.

 

Bonjour, concombre. Tout d'abords je suis désolé pour le retard, mais étant en pleine session d'examens je manque de temps pour répondre aux commentaires. Je vous remercie de votre avis concernant mon blog, ça fait plaisir. Ceci dit, notez qu'il ne se limite quand même pas aux critiques de wikipédia. Fort heureusement, ce n'est pas mon principal sujet d'intérêt!

 

Je ne vois pas pourquoi je vous rangerais parmi les maniaques: votre avis me semble posé et argumenté, (ce n'est pas toujours le cas avec d'autres personnes que l'on peut croiser) et l'on peut tout à fait être entre désaccord sans pour autant se crêper le chignon et en gardant un certain respect.

 

Pour la comparaison entre encyclopédies sérieuses et wikipédia, il est clair qu'aucune publication, fût-elle en 20 volumes, ne peut aborder l'ensemble des connaissances connues dans le détail. D'ailleurs, aucune ne le revendique, et lorsque l'on se penche sur quelque chose de plus spécifique, mieux vaut se tourner vers une littérature spécialisée. On quitte là le rôle d'une encyclopédie. Cependant, aucune encyclopédie, à ma connaissance en tout cas, n'est aussi incomplète que wikipédia ne l'est en ce qui concerne les sciences humaines, et les informations qui s'y trouvent sont rarement vides de sens, contrairement à ce qui est courant sur wikipédia. Pour ma part, lorsque je me tourne vers une encyclopédie pour aborder un sujet (ce qui est son rôle), je suis pleinement satisfait par Britannica, même si elle n'est ni parfaite ni exemptes d'erreur. Il y a cependant un monde entre elle et Wikipédia... Et pour leurs fiabilités respectives, même l'étude de Nature, conçue manifestement pour avantager wikipédia, recensait 30% d'erreur en plus sur cette dernière. Sur wikipédia, pratiquement chaque article compte des erreurs, ce qui n'est pas le cas avec Britannica, même s'il est vrai que cette dernière n'est pas non plus fiable à 100%, comme aucune publication d'ailleurs.

 

Vous dites concernant wikipédia, que l'on voit que c'est mauvais (sous-entendu, si on le voit, aucun danger car on sait qu'il faut prendre les choses avec du recul). C'est vrai pour une personne ayant un minimum d'esprit critique et capable de faire la part des choses comme cela semble être votre cas (et je pense en faire partie), mais je doute qu'un gosse, nourrit avec internet depuis son enfance et n'ayant jamais mis les pieds dans une bibliothèque municipale soit à même de faire la distinction. Et malheureusement, ce n'est pas rare... Il y a là un problème d'éducation, d'où une mise en garde nécessaire à l'égard de wikipédia.

 

Vous remettez ensuite en question l'aspect pédagogique d'une encyclopédie. Je pense qu'il faut voir de quel genre d'encyclopédie on parle, et notre différence de point de vue vient sans doute en partie du fait que nous ne parlons pas exactement de la même chose justement. S'il s'agit d'un ouvrage généraliste (ce que j'entends par encyclopédie), alors l'aspect pédagogique est indispensable, étant donné que l'on vise un public le plus large possible. On est bien obligé de vulgariser un minimum, ce qui par ailleurs est un exercice difficile: rares sont les publications ou les émissions télévisées qui soient à la fois exemptes d'erreur et abordables. Maintenant si l'on parle d'encyclopédie spécialisée, alors là c'est autre chose. Il est clair qu'une personne se tournant vers un domaine bien précis aura en général des connaissances basiques dans ce même domaine, et pourra donc privilégier l'exactitude et la profondeur à la facilité de compréhension. Vous donnez en exemple les mathématiques. Je dispose pour ma part d'une encyclopédie de l'écologie et des sciences de l'environnement qui, si elle est spécialisée et fort complète, n'en est pas moins facilement abordable par un non biologiste. Comme quoi, on peut, même si c'est difficile, combiner les deux. Mais encore une fois, une encyclopédie n'est, par définition, pas limitée à un domaine. Et à l'inverse, lorsque l'on cherche à approfondir un sujet, c'est que l'on possède déjà les bases requises, et que par conséquent l'on peut se passer de l'aspect pédagogique de l'encyclopédie (du moins dans une certaine mesure, entendons-nous bien).

 

Maintenant en revenant à wikipédia, vous abordez les articles de qualité, seuls à même selon vous de remonter le niveau. Le problème, c'est que les articles « de qualité » ou autre label ont une qualité justement très variable. Certains sont tout à fait corrects, d'autres ne sont qu'une succession de faits bruts sans aucune analyse, et c'est malheureusement trop fréquent. Quand je vois qu'un des critères est d'avoir une centaine de sources, je m'interroge quand même. On ne juge pas la valeur d'un article à sa longueur, et l'on peut trouver de petits articles concis tout à fait valables tandis que d'autres, soit-disant de qualité sont indigestes. Vous même parlez du grotesque des votes. J'en ai déjà parlé également, et c'est l'exemple même d'application bêtes de règles bureaucratiques.

 

Notez qu'il y a là une différence essentielle de conception entre la wikipédia anglophone et son homologue francophone: alors que sur la première on privilégie la facilité de lecture en présentant les sujets de manière concise, quitte à approfondir dans des articles annexes, sur la seconde on a tendance à pondre des articles à rallonge qui sont fastidieux à la lecture. Et, d'une manière générale, la qualité de l'anglophone est bien supérieure, quel que soit le sujet. C'est également à rapprocher du fait que dans bien des domaines, la plus grosse partie des publications se fait dans la langue de Shakespeare. Et notez bien par ailleurs que les articles dits « de qualité » ne sont de toute manière pas très nombreux. Si à ceux-là vous enlevez tout ce qui touche aux sujets populaires, certes intéressants mais à distinguer du savoir en lui-même, vous obtenez au final un contenu bien pauvre. Du moins en langue française.

 

En conclusion, wikipédia est-elle sauvable? J'en doute, car personnellement je ne crois pas en ses principes fondateurs, en tout cas vu la façon dont ils sont appliqués. Ils restent à géométrie variable, ce qui laisse la porte ouverte à tous les excès, ce dont savent très bien profiter certains. Et entre temps, il ne faut pas oublier qu'une sorte de caste formées par les administrateurs et autres bureaucrates s'est formée, rajoutant une couche de problèmes non négligeable. Est-elle à rejeter totalement sans aucune concession? Non plus, mais je n'ai jamais prétendu le contraire. Simplement il faut s'en servir précautionneusement, et elle est loin d'être valable pour tout. Mieux vaut la prendre d'une manière générale avec des pincettes, ça permet d'éviter des surprises. Enfin, j'ai personnellement un problème avec l'appellation encyclopédie, pour les raisons déjà citées.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 13:48

 

Je suis tombé récemment sur un article datant de 2005 et s'interrogeant alors sur le niveau de fiabilité de wikipédia. Il ne date pas d'hier, mais déjà à ce moment-là, on commençait à se poser des questions concernant ce qui était en passe de devenir l'un des principaux phénomènes internet de la décennie. La raison pour laquelle je le ressors est qu'il est intéressant de voir comment les choses ont évolué par rapport aux inquiétudes que l'on pouvait déjà avoir, à juste titre, à cette période. L'article prend la peine de donner la parole à la fois aux partisans de wikipédia, via certains membres de wikimedia foundation, et à certains de ses détracteurs, notamment un responsable d'Universalis. Voyons donc ce qu'il se disait à ce moment.

 

On commence par une présentation rapide du site, avec bien entendu son système de wiki permettant à tout un chacun de contribuer sans aucune limite. Bien évidemment, cela entraîne des interrogations toutes légitimes, par exemple comment éviter de sombrer dans l'anarchie? Bien entendu, la réponse de Wales met en avant les principes fondateurs, en particulier la neutralité, qui selon lui se définit comme « La politique de neutralité de Wikipédia indique que nous nous devons d'évoquer toutes les facettes d'un point controversé,précise Jimmy Wales. L'article ne doit en aucune façon établir, sous-entendre ou même insinuer qu'un des points de vue est plus correct qu'un autre.». Et c'est là que ça pose problème. Car, n'en déplaise à monsieur Wales, tous les points de vue ne se valent pas, et les mettre sur un même pieds d'égalité revient non seulement à laisser la part belle à toutes les théories loufoques qui trouvent là une parfaite tribune, mais également à nier totalement une notion tel que l'esprit critique, permettant justement à un bon rédacteur qualifié (mais on l'a vu, sur wiki, on se moque pas mal des qualifications) de faire la part entre le vrai et le faux, le crédible et le ridicule. L'article souligne que « On aurait pu s'attendre à un chaos général. Mais après quatre années, force est de constater qu'il n'en est rien et que le projet ne s'est jamais aussi bien porté. ». C'était sans doute valable il y a 5 ans, lorsque le site n'était pas aussi populaire et que la plupart des contributeurs étaient réellement des gens avec un minimum de bon sens et une part d'humanisme. Mais depuis, les choses ont changé et nombre de rédacteurs qualifiés ont abandonné le projet, écœurés qu'ils étaient par les pratiques malsaines de certains technocrates et autres malfaisants, du moins pour la wikipédia francophone. Il est à noter que la wikipédia anglophone est elle de bien meilleure qualité, et ce pour plusieurs raisons: nombres de scientifiques et autres chercheurs s'expriment dans la langue de Shakespeare et auront plutôt tendance à compléter la version en anglais du site, d'autre part on y applique des règles plus logiques et avec moins de rigueur bureaucratique. Un seul exemple, les articles de « qualité » doivent, sur la wikipédia francophone, posséder une centaine de référence minimum, ce qui est un critère purement quantitatif ne garantissant rien. Qui plus est, il s'agit d'articles particulièrement lourds. A coté de ça, leurs pendants anglophones sont eux beaucoup plus synthétiques et présentent les choses de manière plus claire et plus ordonnée.

 

Une petite phrase m'a bien fait rire: « Première chose : se rappeler que Wikipédia est une encyclopédie, pas un dictionnaire, un site d'actualités ou encore un forum de discussions. Le contenu proposé ne doit pas être sujet à copyright. ». On a déjà vu pourquoiwikipédia n'est pas une encyclopédie, quant au fait qu'il ne s'agit pas d'un site d'actualité, j'en doute. Il suffit de voir que la majeure partie des articles sont totalement vides et insignifiants, et qu'une part non négligeable se contente de rappeler les derniers ragots à la mode.

 

Un petit encart aborde également la réaction du site face au vandalisme, où l'on dit bien qu'en général une modification loufoque est effacée très rapidement (et ça s'est amélioré aujourd'hui grâce aux bots). Ceci dit, on ne parle pas là du vandalisme organisé, bien plus vicieux... Je pense notamment aux modifications apportées pendant des années par les firmes pharmaceutiques concernant leurs propres produits. Mais ce n'est pas le seul point noir, loin s'en faut. L'infiltration par le réseau voltaire est par exemple une réalité. De même que l'influence particulièrement grande des islamistes, qui vont jusqu'à réécrire totalement l'histoire des sciences en mettant en avant des contributions imaginaires de la part de savants musulmans.

La question de la fiabilité est ensuite abordée, et la parole est laissée à une responsable de la fondation: « Il faut bien considérer que Wikipédia n'est pas encore un projet mûr, on ne peut pas la comparer à des encyclopédies vieilles de 150 ans,reconnaît Florence Devouard, vice-présidente de la fondation Wikimédia et représentante des utilisateurs. Il existe des secteurs extrêmement peu couverts et par conséquent peu validés. On observe en effet que c'est par la multiplication des auteurs que la fiabilité se construit. Des secteurs comme celui de la biologie ont ainsi été relus par des dizaines de personnes, des étudiants, des enseignants, et ne posent en général aucun problème de fiabilité. En revanche, si on lit un article très spécialisé, il est vrai qu'on a très peu de garanties.».

Cela appelle quelques commentaires, parce que ce que dit madame Devouard est tout sauf exact. Elle pense que le problème de wikipédia est son absence de maturité, mais que je sache, ce n'est pas l'ancienneté d'une encyclopédie qui garantit sa qualité, mais plutôt le professionnalisme des rédacteurs qui n'est même pas abordé dans son propos. Je passe sur son appréciation de la biologie, car contrairement à ce qu'elle dit, ce secteur est médiocre, voire manipulé. Ainsi, de nombreux articles consacrés à de grands scientifiques s'étalent en long et en large sur le moindre aspect de leur vie privée, et restent ainsi très factuels, au dépens d'une analyse constructive de leurs apports aux sciences. Et ne parlons pas de la multitude d'articles concernant les théories « alternatives » à la théorie de l'évolution, qui ne sont que vastes fumisteries totalement abandonnées aujourd'hui par toute personne sérieuse... mais pas par les partisans des différents dogmes religieux qui sévissent sur wikipédia. Ce ne sont que des exemples parmi d'autres. De plus, et contrairement à ce qu'elle dit, ce sont justement les articles les plus spécialisés qui sont les meilleurs, simplement parce qu'il y a peu de chance qu'un ignare vienne les rédiger. Au contraire d'un article « populaire » qui a lui toutes les chances d'attirer une myriade d'amateurs.

Quant aux secteurs peu couverts, ils sont loin d'être négligeables: en gros, tout ce qui concerne les sciences humaines est particulièrement médiocre. Mais leur rédaction exigerait des gens compétents, ce dont manque cruellement le site.

 

Comme le souligne un ancien rédacteur en chef de Britannica, Robert McHenry, le problème des membres importants comme Wales est qu'ils partent du principe étrange selon lequel la somme des contributions de tout un chacun ne peut que corriger les erreurs et améliorer la qualité. En réalité, rien ne permet d'affirmer cela. Et à vrai dire, au fur et à mesure que le site se popularise et que de plus en plus d'amateurs y participent, c'est même plutôt l'inverse. Ce à quoi madame Devouard répond en disant que « Car l'objectif n'est pas d'évoluer vers un consensus, une version « moyenne », mais de proposer une version qui prend en compte toutes les versions existantes. Il n'y a donc pas de raison que ça évolue vers la médiocrité. La seule chose que l'on observe, ce sont des articles qui s'enrichissent démesurément. Face à cela, il nous faut les réorganiser, les fractionner ». Or justement, prendre en compte toutes les versions existantes mène au mieux à un brouillon désordonné et illisible, ce qu'elle reconnaît implicitement, au pire à une déformation de la réalité, justement parce que l'on doit accepter des visions totalement infondées défendues par quelques hurluberlus. Et il est étrange qu'elle dise que l'on ne recherche pas le consensus, alors que sur la page même des principes fondateurs, on trouve la phrase « Recherchez le consensus. » Si son seul argument en faveur de wikipédia est l'aspect démesuré des articles, alors encore une fois ce n'est qu'un critère purement quantitatif.

 

Quant à Wales, voici ce qu'il en dit: « La question de la crédibilité de l'information est une question à se poser en permanence lorsqu'on lit un journal, qu'on écoute la radio, qu'on regarde la télé (…). La seule différence avec Wikipédia, c'est que si vous trouvez quelque chose de faux, vous pouvez le corriger immédiatement… ».

Une autre différence qui semble lui échapper, c'est que ces autres médias appellent certes à être recoupés, mais ont au moins pour eux le fait d'être écrits par des professionnels. Ce qui n'est pas le cas de wiki. Qui plus est, si l'on peut effectivement corriger une erreur quand on la voit sur wikipédia, on peut également en rajouter volontairement. Ce qui se pratique couramment sur des sujets sensibles. Et il semble ne pas faire de différence entre l'information, laquelle doit effectivement être recoupée, et la connaissance qui elle évolue au fur et à mesure des découvertes.

 

Voici maintenant l'avis de François Demay, conseiller pour Universalis: « Nous ne proposons pas le même contenu, fait-il remarquer. Nous nous intéressons plus aux « Pourquoi ? » et aux « Comment ? » plutôt qu'aux « Qui ? Quand ? Quoi ? Où ?». Nos articles sont signés, souvent par des auteurs prestigieux, et nous offrons une véritable expertise. Les intentions de Wikipédia sont malgré tout intéressantes : sans nous mettre en cause, elles nous interpellent. On ne peut nier qu'Universalis présente un problème d'accessibilité et Wikipédia nous pousse à nous adresser à un plus large public. . La messe est dite. Le comment ou le pourquoi sont des analyses, tandis que le qui, le quand ou le quoi se rapprochent plus des données brutes. Mais rien de surprenant à ça, vu que sur wiki toute analyse est bannie en tant que travail inédit, excepté si elle est recopiée presque telle quelle d'une autre source. Et encore faut-il que le copiste comprenne ce qu'il fasse, ce qui n'est pas garantit. Car recopier partiellement une analyse dont on ne comprend pas précisément l'intérêt de chaque passage revient à s'exposer au risque de faire des simplifications hasardeuses nuisant à la qualité de l'ensemble. L'air de rien, une vulgarisation est un exercice particulièrement difficile qui n'est pas à la portée du premier venu.

 

Quant à Hervé Rouanet, directeur financier d'Universalis, voilà ce qu'il en dit: « Le projet s'appuie sur le postulat qu'un contenu encyclopédique doit être gratuit, pouvant laisser croire que ce qui est publié dans les autres encyclopédies ne mérite pas d'être payé. N'oublions pas que derrière chaque article, il y a un travail d'auteur et une expertise.»

Encore une fois, l'accès au savoir se doit d'être le plus large possible, car c'est l'un des moteurs du progrès de toute société. Mais croire que sa rédaction doit également être ouverte au plus grand nombre est une grave erreur: le résultat ne peut qu'en être la négation de l'aspect intellectuel de la chose, ce qui entraîne un nivellement par le bas. Le savoir, ce n'est pas la somme des connaissances de tout un chacun, et prétendre le contraire laisse la porte ouverte à toute sorte de dérives dangereuses!

 

L'article se termine sur l'aspect financier, et la nécessité pour wikipédia de recourir aux dons, ne serait-ce que pour payer ses serveurs. A l'époque, le partenariat avec Google n'était encore qu'une rumeur, alors qu'aujourd'hui le tiers des dons adressés à wikipédia provient directement du moteur de recherche.

 

Que déduire de cela? Et bien que wikipédia peut être utile, à condition d'être utilisée précautionneusement. Tout d'abords, la considérer comme une encyclopédie est une erreur: il lui manque pour cela la fiabilité d'une part, et l'exhaustivité. Car bien qu'ils n'arrêtent pas de mettre en avant le nombre hallucinant d'articles, il faut bien garder à l'esprit que pas mal d'entre eux ne sont que des ébauches, tandis que d'autres sont composés de l'actualité des stars ou d'autres informations particulièrement inintéressantes. Si l'on enlève tout ça, il ne reste plus grand chose... et sa taille devient d'un coup beaucoup plus modeste. Si l'on rajoute que des pans entiers des sciences humaines sont peu ou pas du tout couverts, alors on constate des manques criants, que n'ont pas les véritables encyclopédies, qui plus est au contenu bien meilleur du point de vue qualitatif.

 

Wikipédia doit donc être vue comme une vaste base de données venant en complément de Google, permettant de débuter et d'orienter une recherche. Encore faut-il prendre ce qui est écrit avec du recul, car il se peut très bien qu'un article soit orienté d'une manière partisane et/ou incomplète. Ainsi, n'espérez pas trouver dessus des informations fiables sur la Seconde Guerre Mondiale: pas mal d'articles sont encore sourcés avec des livres datant de plusieurs décennies, alors même que la vision que l'on a de ce conflit a complètement changé depuis la chute du mur... Et il ne s'agit pas là d'une malhonnêteté volontaire.

 

Une base de données donc, pour collecter des informations ponctuelles genre date, capitale d'un pays ou masse molaire d'un élément chimique. Tout en gardant à l'esprit qu'une erreur est toujours possible. Eventuellement utile également pour un fait d'actualité, quoi que la rédaction peut en être partisane ou erronée: on ne s'improvise pas journaliste. Utile également pour consulter de la culture populaire, genre univers du Seigneur des Anneaux, de Star Wars ou d'Harry Potter. A ce niveau, il faut reconnaître qu'elle bat largement n'importe quel autre support, mais est-ce bien le rôle d'une encyclopédie? Fort complète en informatique, pas mal de rédacteurs étant des geeks. Les mathématiques, la physique et la chimie sont également correctement représentées, quoi que sans l'aspect pédagogique indispensable à une encyclopédie. Incomplète, biaisées, orientée voire dangereuse en histoire, en politique, en économie, en philosophie et dans toutes les autres sciences humaines. Partisane en biologie ou en médecine. Pour ces derniers sujets, passez votre chemin, car même une simple consultation préliminaire pourrait vous orienter dans une mauvaise direction. Et quel que soit l'usage que l'on en fait, mieux vaut toujours se référer à la version en anglais du site, qui est, sinon de bonne qualité, assez potable et bien moins mauvaise que la version francophone.

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 20:56

 

Un élément assez révélateur de ce que peut donner la neutralité selon Wikipédia, est la façon dont sont qualifiés les divers groupes terroristes sur les articles qui leurs sont consacrés. Si vous avez pu penser naïvement ne serait-ce qu'une seconde que des faits avérés et établis sont relatés tels qu'ils sont et en appelant un chat un chat, vous vous trompez. Ceci devrait vous le démontrer.

 

Avant toute chose, il convient de préciser ce que l'on entend par terroriste. Le terme se dit d'un groupuscule usant de la terreur en tant qu'arme, pour atteindre ou faciliter un but politique. Si cette peur peut viser spécifiquement des groupes de personnes assez restreints, la plupart du temps elle concerne l'ensemble de la population d'un pays, ou une ethnie, confession religieuse ou autre, son principe étant de frapper avec peu ou pas du tout de discernement. Le fait que n'importe qui peut potentiellement en être victime tend à créer un climat d'insécurité permanente, ce qui est le but direct de l'acte, et la raison pour laquelle il se déroule souvent en ciblant des gens « au hasard ». L'action terroriste peut être revendiquée, dans ce cas l'on assiste bien souvent à une sorte de chantage, ou non. L'instauration de la terreur peut servir à faire pression, sur un gouvernement par exemple, lorsque l'on vise un but indirect (ex: évacuation de représentant dudit gouvernement présents sur le sol d'un pays étranger -cas des soldats engagés en Afghanistan- ). Elle peut également viser un but qui en sera la conséquence logique, comme dans le cadre des vagues de terreur précédant bien souvent la mise en place d'un régime fasciste.

 

Il est parfois difficile de déterminer si une action, ou un groupe, est de nature terroriste. Qu'en est-il en effet des combattants non officiels qui s'en prennent directement aux soldats d'une nation adverse, pour défendre leur propre sol? Juridiquement, s'ils ne portent pas d'uniforme, ils peuvent être considérés comme espion et exécutés comme tel. Leurs méthodes sont parfois assez « barbares », avec utilisation de ceintures d'explosifs ou autres joyeusetés, qui frappent avec d'autant plus de surprise qu'ils ne sont pas identifiés comme tels jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Il est clair cependant que si l'on ne peut qualifier ces hommes de soldats à part entière, il y a une nette différence entre eux et un cinglé qui va se faire sauter dans une discothèque un vendredi soir!

 

Bien souvent, les défenseurs de tel ou tel groupes (je pense à des islamistes notamment, ou des idéologues communistes des années 70-80) jouent sur la confusion possible entre résistants frappant légitimement un envahisseur étranger pour défendre son propre sol, et terrorisme. Je pense notamment aux groupes terroristes palestiniens et tchétchènes, dont certains n'hésitent pas à justifier leurs actions par l'invasion de leurs territoires par la Russie et Israël. Il me paraît évident qu'encore une fois, il y a une marge entre une action de résistance visant des soldats, et le fait de se servir d'enfants pour protéger des bases de lancement de roquettes visant des immeubles d'habitation. Je doute également que des résistants français avaient pour coutume durant la guerre de frapper sans discernement des civils allemands innocents.

 

La difficulté provient du fait que certains actes de nature guerrière ressemblent parfois dans leur forme à des actes terroristes. C'est particulièrement le cas lors de guerres asymétriques (exemples types: le Vietnam, ou plus récemment les guerres en Irak et en Afghanistan) ou dans le cadre de guerres civiles. Dans le premier cas parce que les combattants n'ont pas toujours les moyens de se faire clairement identifier et qu'ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont sous la main, dans le deuxième cas parce que les guerres civiles sont en général ce qui se fait de plus violent et atroce. On conçoit aisément qu'il n'est pas toujours facile de trancher, et qu'en général le qualificatif varie en fonction du point de vue. Ainsi, la résistance française était qualifiée dans la seconde guerre mondiale comme terroriste, mais cette appellation lui était attribuée par un régime illégitime, fasciste et anti-démocratique.

 

Cependant, en dehors de cela, il y a pas mal d'actes venant de groupes au sujet desquels la confusion n'est plus possible. Voyons donc de ce pas comment ils sont traités sur wikipédia, via quelques exemples.

 

Al-Qaida est ainsi présenté comme étant un « mouvement islamiste » dont on dit, quelques lignes plus loin, que les actes sont « considérés comme terroristes par l'essentiel des États et des observateurs. ». Drôle de pudeur n'est-ce pas? Ces actes ne sont pas considérés comme terroristes, ils sont terroristes, car visant sans aucune distinction des civils innocents dans le but d'étendre et d'imposer l'islamisme, ce qui est une doctrine politique. Cela correspond précisément à la définition du terrorisme, et je ne vois pas qui peut nier cela, à moins de faire preuve d'une mauvaise foi dépassantt l'entendement! Mais selon wikipédia, il s'agit là d'un point de vue qui, si il mérite d'être relayé, ne doit cependant pas occulter les autres. A savoir qu'il ne s'agit que de gentils combattants musulmans se défendant contre l'Occident. Bon ok, j'exagère un peu concernant la forme, mais l'essentiel y est.

 

Poursuivons dans le même genre avec le Hamas appelé « mouvement politique et religieux palestinien ». Le fait que sa politique en question est basée sur la négation du simple droit à exister d'Israël, que cela se traduit en pratique par une volonté de destruction de cette dernière, et que cette destruction doit se faire au moyen d'actes terroristes ciblant là aussi des civils innocents devrait largement suffire à la qualifier d'organisation terroriste. Et pourtant, là encore, on se borne à dire dans le dernier paragraphe de l'introduction, que « Le Hamas est classé terroriste par de nombreux états ». La perle sur le gâteau nous vient de Moez, un administrateur de wikipédia qui s'est spécialisé dans tout ce qui touche à l'islamisme (souvent pour en minimiser les horreurs au nom de la neutralité) et qui fait preuve d'un zèle bureaucratique particulièrement remarquable, zèle doublé d'une agressivité hors-normes. Moez donc, soutient qu'il «  faut une source solide, c'est à dire issue du Hamas pour en décrire l'aspect délibéré. ». Il fait allusion là à la signification de l'acronyme Hamas. Il est certain que pareille source sera objective et digne de confiance! Tout le monde sait bien sûr que la meilleure qualification concernant une association est celle qu'elle s'accorde elle-même, nonobstant le fait qu'elle a toute les chances d'être hagiographique, ou à tout le moins de présenter les choses sous un genre qui lui sera favorable.

 

Les groupes terroristes islamistes ne sont pas les seules à bénéficier d'un tel traitement « neutre » de la part de « l'encyclopédie ». Il en va de même pour les groupuscules d'extrême-gauche, même si de manière générale leurs partisans sont moins organisés sur wikipédia, et leur action largement compensées par l'extrême droite infiltrée au sein du site, jusqu'à certains des administrateurs qui sont des fascistes notoire. Ainsi, action directe est un « groupe armé anarcho-communiste » ayant revendiqué 80 attentats. N'est-il pas plus simple de le qualifier directement de terroriste? Il est intéressant de se pencher sur la page de discussion, plus longue que l'article en lui-même. On y trouve, dès la première section, le fameux « Si on suit ta logique il faudrait aussi ajouter l'adjectif "terroriste" aux resistants de la seconde guerre mondiale puisque certains ont été condamnés pour cela... ». Voir ce que j'ai déjà dit plus haut: à ma connaissance, les résistants français n'ont jamais volontairement frappé sans distinction aucune des civils, fussent-ils « ennemis », innocents.

 

Même chose concernant l'ETA, qui « est une organisation armée basque indépendantiste d'inspiration marxiste (révolutionnaire). ». Et pourtant là encore, nombreuses sont les victimes innocentes, même en considérant le point de vue idéologique de l'ETA qui considère légitime le fait d'assassiner ceux qui ne pensent pas comme eux. A la limite, on peut encore comprendre que l'on s'en prenne à des représentants (magistrats, policiers ou autres) d'un état haï, mais je doute que les 21 victimes de l'attentat de juin 87 à Barcelone était concernée par l'affaire...

 

Ce ne sont là que quelques exemples. Mais il en va de même pour chaque article concernant un groupe terroriste, et ce quel que soit l'appartenance politique de ce dernier. Cela est la conséquence directe de la neutralité de point de vue: celle-ci interdit de nommer les choses telles qu'elles sont, car se faisant on adopte un point de vue. Que ce point de vue soit indiscutable importe peu. Et il est remarquable que, d'une part c'est effectivement à tous les coups la neutralité qui est invoquée pour justifier cela (ce qui signifie bien que ces dérives découlent directement de ce principe ridicule), d'autre part que ceux qui défendent l'un ou l'autre groupe contribuent bien souvent à « neutraliser » une bonne partie des articles touchant de près où de loin le domaine politique incluant le groupe en question (ainsi Moez avec l'islamisme), faisant ainsi de l'activisme.

 

Bref, on voit bien ici ce que donne la neutralité. Loin d'assurer la présentation de la vérité selon l'état actuel de nos connaissances, ce que fait une encyclopédie, elle permet surtout à des groupuscules partisans de répandre leur idéologie, le tout sous la complaisance bienveillante d'une belle bande de bureaucrates.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 13:05

 

Je me suis rendu compte récemment que l'on a commencé à parler de mon blog sur diverses pages communautaires de wikipédia, en l'occurrence des pages de discussion d'utilisateurs. Je suppose que comme des requins flairant l'odeur du sang, certains parmi les plus fervents admirateurs de ce système vont finir par débarquer pour la curée. Les commentaires que j'ai pu voir concernant mon blog sont tout sauf surprenants; on y retrouve le mélange de suppositions, de simplification et de sophismes habituels que l'on était en droit d'attendre. Je vais donc répondre ici à quelques points que j'ai remarqués.

 

Le premier concerne une supposition à mon égard, à savoir que je serais un « déçu du système » (traduction: un ancien contributeur refoulé qui chercherait via ce blog à se venger). Et bien non, messieurs, pas du tout. J'ai effectivement un compte utilisateur sur wikipédia, mais il n'a jamais été vraiment actif. J'ai dû créer en tout et pour tout 5-6 articles, lesquels n'ont jamais déclenché de polémique majeure. Je n'ai également jamais été directement en conflit avec l'un ou l'autre des administrateurs et n'ai donc par conséquent jamais attiré l'attention sur moi. Ce compte existe toujours. Mais il est intéressant de constater que dans la logique wikipédienne, une contestation de leur parfait petit modèle ne peut être engendré que part la frustration. Que cette critique puisse être issue d'une simple observation objective d'un point de vue externe ne leur a semble-t-il même pas effleuré l'esprit. Guère surprenant. Donc non messieurs, mes propos découlent d'une réflexion que je mène à partir des principes de wikipédia, et qui m'amènent à penser que pour toute une série de raison celle-ci n'est pas fiable et ne mérite en rien le titre d'encyclopédie. Or, il se trouve que mes conclusions sont largement confirmées dans la pratique.

 

Un autre utilisateur dit, je cite « je note également que l'auteur du billet ne se gêne pas pour taper sur d'autres admins, ce qui est bcp moins louable. ». Là, c'est déjà plus grave. Que je sache, il n'est nullement interdit de mettre en évidence les dysfonctionnements (nombreux) d'un système, pas plus qu'il n'est défendu de critiquer l'autoritarisme, la malhonnêteté ainsi que l'esprit bureaucratique de pas mal d'administrateurs de wikipédia. Je ne les cite par pour éviter des ennuis, mais il est de notoriété publique que divers administrateurs de wikipédia sont, qui islamiste, qui fasciste (que ce soit par les idées ou par le comportement où se mêle censure, lynchage et abus de pouvoir), qui ufologue, j'en passe et des meilleures. Pour ceux qui voudraient plus de précision, j'invite à consulter le blog d'Alithia. Voir par exemple ici, ici, ou encore ici.

 

Enfin, le dernier point que je souhaite relever, est la défense acharnée du sacro-saint principe de neutralité de point de vue, qui permettrait soit-disant d'éviter les partis pris partisans. Ouais, sûr que ça marche, quand on voit les multiples incohérences, les polémiques et les points de vue scandaleux relayés par « l'encyclopédie » sur divers domaines, allant de la biologie à la politique en passant par l'histoire et les religions, ou encore la médecine (dont le portail est pollué par les « médecines parallèles » qui ne sont pour l'essentiel qu'une vaste arnaque). Ne parlons même pas du terrorisme, qu'il est pratiquement défendu de nommer tel qu'il est, justement pour garder une prétendue « neutralité ». Tout ça ne sont pas des suppositions en l'air de ma part, mais bien une réalité, par ailleurs assez problématique pour une prétendue « encyclopédie ». La neutralité permet surtout aux groupes partisans de faire en sorte d'éviter que l'on qualifie les choses tel qu'elles devraient l'être. Je n'aime pas me répéter, aussi je ne vais pas passer trois plombes à le faire, l'ayant déjà dit par le passé. Une fois n'est pas coutume, Alithia a elle aussi longuement abordé la question. La neutralité, c'est la petite merveille qu'ils ont trouvée pour tenter de palier le manque de compétence de la plupart des utilisateur; ben oui, à force de tenir le propos populiste du « tout se vaut et chacun peut s'exprimer librement sur tout », on en arrive à pas mal de bêtises, volontaires ou non. Aucune encyclopédie sérieuse n'a à s'embarrasser de ça, tout simplement parce qu'aucune encyclopédie n'a érigé l'amateurisme comme principe de fonctionnement.

 

Bref messieurs, il vous faudra trouver autre chose. Un début de raisonnement dans vos critiques à mes critiques ne serait sans doute pas du luxe. Sans rancune ;)

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 14:11

 

Vu sur le blog de David Monniaux, l'un des principaux administrateurs de la wikipédia francophone, un article intéressant sensé répondre aux critiques adressées à son bébé. Intéressant, car il généralise pas mal, pour au final ne pas en sortir grand chose hormis quelques attaques ad-hominem via une caricature des critiques en question. Voyons plutôt.

 

-« Ils [ les auteurs des critiques] sont anonymes, ce qui ne les empêche pas de s'attaquer violemment à des individus désignés nommément. »

J'ai envie de dire, les administrateurs et autre cibles des critiques sont la plupart du temps anonymes également. Un pseudo n'est pas une identité que je sache, et rares sont ceux parmi les admins qui font correspondre pseudo et nom réel. Et quand c'est le cas, rien n'en garantit la véracité. Quand bien même, une critique (concernant la forme par exemple) peut-être pertinente sans que l'on ait besoin d'en connaître l'auteur.

 

-« Ils prétendent à une certaine expertise, ne répugnent pas aux arguments d'autorité, mais n'identifient jamais les qualités qui leur permettraient ces prétentions. En revanche, ils remettent en cause le travail de chercheurs établis. ».

Parce que c'est différent avec les contributeurs de wikipédia? Ceux-là même qui prétendent, rappelons-le, rédiger une encyclopédie, sans aucune compétence bien réelle? Quant au « travail de chercheurs établis », il faut voir ce qu'on y inclut. S'il s'agit par exemple du travail d'historien négationniste notoire, comme on en trouve pas mal sur wikipédia, il est logique qu'une personne capable le remette en cause. S'il s'agit de refuser une source parce qu'elle n'est tout simplement pas acceptable, car partisane ou grotesque je ne vois pas en quoi ça pose problème. Le problème réel est de définir ce que l'on entend par ce « travail de chercheurs ». C'est une notion à géométrie variable, et les administrateurs sont les premiers à jouer là dessus pour faire passer en force telle ou telle idée.

 

- « Ils profèrent des accusations graves, relevant du droit pénal (chantage, diffamation, atteinte au droit d'auteur) ou extrêmement vastes (« ignore le droit », « ne respecte aucun des termes de la loi ») mais se défilent lorsque l'on demande des précisions. ».

Là effectivement, tout le monde n'est pas juriste, et c'est bien la raison pour laquelle je m'abstiens en général de commenter les licences et autres statuts que se donne le site, d'autres le faisant bien mieux que moi. Tout au plus me contenterai-je de souligner l'hypocrisie profonde de wikipédia (et surtout de certains de ses admins) qui prétend ne pas être éditeur, donc responsable, de son propre contenu, nonobstant le fait qu'en pratique et quoi qu'ils peuvent en dire, les administrateurs peuvent modifier le contenu à leur guise, et ne s'en privent d'ailleurs pas. Ce qui de facto peut les en rendre responsables.

 

-« Ils renversent la charge de la preuve : au lieu que ce soit à l'accusateur de fournir des preuves de ses dires, ce serait à ses interlocuteurs de prouver ses erreurs. ».

Non, ils constatent, nuance. Ils constatent à quel point wikipédia n'a que peu de fiabilité (pour ne pas dire aucune dans pas mal de domaines), et partant de là, ils s'interrogent sur les causes de cet état de fait. Et, douce surprise, ils remarquent alors que wikipédia malgré cela s'auto-proclame pompeusement encyclopédie. Il me semble que lorsque l'on se targue d'un titre, le minimum est de prouver que l'on mérite effectivement ce titre. Or, wikipédia n'est pas une encyclopédie. Elle prétend pourtant le contraire, c'est donc effectivement à elle de le prouver, pas à ses contradicteurs qui de toute manière arrivent facilement à démontrer le contraire simplement en prenant la peine de réfléchir deux secondes. L'accusateur comme le dit Monniaux, autrement dit le premier à prétendre quelque chose, c'est bien wikipédia que je sache. Pas l'inverse. C'est donc bien à elle de le prouver.

 

-« Ils accusent tout contradicteur d'une « attitude typique de gestionnaire de Wikipédia », comme si cela suffisant à décrédibiliser leur interlocuteur. ».

Effectivement, dit comme cela et sorti du contexte, c'est un argument ad-hominem qui ne se suffit pas à lui-même. Maintenant, joint à des exemples concrets du triomphe d'une bureaucratie lourde et illogique, ça prend tout son sens. Je ne dis pas que c'est typiquement wikipédien, dans la mesure ou wikipédia n'en a pas le monopole, néanmoins il faut reconnaître que c'est fréquent pour ne pas dire généralisé sur le site. Il suffit de voir le nombre hallucinant de pages de procédures et arbitrages en tout genre (et souvent en dépit du bon sens) pour s'en rendre compte. Il est facile, monsieur Monniaux, de sortir une critique de son contexte pour la dénaturer, mais permettez-moi de vous dire que c'est malhonnête intellectuellement.

 

-« Ils affectent de discuter d'un problème général, dans le meilleur intérêt de la société, mais lorsqu'on gratte un peu, on s'aperçoit que leur problème avec Wikipédia est une mésaventure individuelle, typiquement que leur prose en ait été exclue ou que Wikipédia ne reflète pas leurs choix idéologiques ou leurs marottes. »

Donc, selon lui, toute critique à l'encontre de son bébé est forcément due à un sentiment de frustration d'un ex contributeur refoulé, mais ne peut être issu d'une simple analyse logique et objective. Tien donc, ça me rappelle ceci. N'est-ce pas là l'exemple type d'un argument populiste, prétendant que la moindre critique remettant en cause un modèle tant adulé ne peut que découler d'une tentative de sabotage, pour une raison ou une autre, dudit modèle? En niant au passage le simple fait qu'une analyse peut à la fois mettre en évidence des failles dans ce même modèle sans être subjective pour autant? Ça y ressemble en tout cas!

 

-« Incapables d'aligner quelques phrases grammaticalement cohérentes, lisibles et logiquement liées, multipliant les fautes d'orthographe, ils finissent cependant par accuser leur interlocuteur d'être un « inculte ». ».

Ouais bof, argument ad-hominem quoi. Je pourrais répliquer dans le même genre en disant que pas mal de wikipédiens écrivent comme des tanches si l'on en juge par l'orthographe souvent déplorable des articles, et que ça ne les empêche pas de se prétendre encyclopédiste. Mais ce serait mesquin. Monniaux ajoute « Je ne suis personnellement pas un fanatique de l'orthographe, sachant que l'orthographe française est assez arbitraire et irrégulière. Qui plus est, il y a des gens cultivés qui, pour diverses raisons, ont une orthographe ou une grammaire déplorable. Cependant, il me semble qu'il y a une certaine corrélation entre d'une part la capacité à s'exprimer par écrit par des textes cohérents, construits et grammaticalement corrects, d'autre part le niveau de culture. ».

Ce à quoi je réponds que c'est vrai, mais écrire dans une syntaxe correcte n'empêche pas à certains de ses « collègues » de proférer pas mal d'âneries à longueur de journée.

 

Bref, quand il dit en conclusion que ces critiques sont décevantes, je ne peux m'empêcher de me dire que sa réponse auxdites critiques l'est tout autant. Mais guère surprenante en un sens.

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 20:58

 

Très souvent, et comme pour nous faire croire que les critiques concernant son manque total de fiabilité ne seraient que des rumeurs, wikipédia met en avant sa supposée qualité en se basant sur une étude de la revue Nature. Détail marquant: cette dernière date de 2005.

 

Cette étude a porté sur une comparaison faite par des experts entre moins d'une cinquantaine d'articles dans le domaine scientifique de la wikipédia anglophone et leur alter-ego sur Britannica. Il en est ressorti que les articles sur Britannica comptaient en moyenne 2,93 erreurs là où ceux de wikipédia en avaient 3,86, soit une différence de « seulement » 30%, d'où une conclusion prétendue logique de la part de certains wikipédiens qui prétendent que leur site est pratiquement aussi fiable, voire même que la différence « légère » de fiabilité est compensée par un surplus net d'informations, les articles étant souvent plus longs (ceci dit, la recherche de la quantité au dépend de la qualité a souvent des conséquences fâcheuses...). Les wikipédiens sont d'autant plus ravis que l'étude conclu en disant qu'il est surprenant qu'un projet collaboratif obtienne un aussi bon score. Pas mal de hic sont à noter cependant.

 

Premièrement, je l'ai déjà dit, l'étude date de 2005, et pourtant l'on s'y réfère encore aujourd'hui, faisant dès lors fis de l'évolution du site depuis lors. Soit, s'il l'on veut. Je pense aussi que pratiquement personne n'a mené une étude favorable à l'égard de wikipédia depuis, ce qui explique pourquoi ses partisans s'y raccrochent encore. La situation n'était déjà pas très brillante à l'époque, elle ne s'est certainement pas améliorée entre-temps. Que du contraire même. D'une part, dû à la démocratisation de l'accès à internet, la toile (et donc wikipédia) est devenue plus populaire, ce qui implique à coup sûr une baisse de qualité. D'autre part, aujourd'hui wikipédia est devenue tellement incontournable qu'il s'agit d'une cible privilégie pour les propagandistes de tout bord, qu'il s'agisse d'islamistes, de fascistes, d'ufologues et autres. Enfin, s'il est certain qu'à la base pas mal de contributeurs étaient réellement empreints d'un esprit humaniste, ou en tout cas philanthropique à défaut d'être réellement compétent, il est tout aussi certain qu'à l'heure actuelle beaucoup ont quitté le navire, dégoûtés par les agissements d'arrivants postérieurs, dont plusieurs sont devenus des administrateurs parmi les plus détestables qui soit. Malgré sa croissance, wikipédia est en crise: le nombre de contributeurs ne fait que diminuer, tant certains secteurs sont tombés sous la coupe de petits chefs agissant en monarques absolus. Bref, à supposer même que cette étude de Nature ait été valable à une époque (ce qui est loin d'être acquis...), ce n'est certainement plus le cas aujourd'hui. Je noterai également entre parenthèse qu'elle a été faite sur la wikipédia anglophone, qui est globalement meilleure que la francophone, détail important.

 

Ensuite, deuxième point important pour ne pas dire capital, l'étude n'est pas représentative de l'ensemble du site. 42 articles réellement analysés, c'est peu, très peu. Statistiquement, ça n'a aucune valeur, d'autant plus qu'il y a un sérieux biais de sélection: ces articles sont dans des domaines bien précis, que l'on sait par nature plus fiables et mieux traités car moins polémiques et sujets à l'amateurisme que, mettons, l'histoire des religions. Forcément si l'on se limite aux sciences dures telle la chimie ou la physique, il est fort probable que la qualité ne soit pas mauvaise. Il en va tout autrement des sciences humaines, de l'histoire, de la politique, des religions, de l'économie, de la culture, de la philosophie, j'en passe la liste est longue. Et même dans les sciences dures, quand on voit la façon dont la biologie est traitée il y a de quoi s'inquiéter et l'on comprend que ce n'est pas gagné d'avance.

 

Rien qu'en s'en tenant à ces simples remarques d'ordre général, on se rend compte à quelle point cette étude ne veut rien dire, et ne prouve donc rien. Cependant, ça va plus loin; Britannica a l'année d'après publié une réponse, remettant en question l'ensemble de l'étude, depuis sa méthodologie jusqu'à ses conclusions. Britannica souligne d'abords le fait que certaines des erreurs la concernant soulignées par Nature ont été exagérées et n'en sont pas. Bon, là, il faudrait lire les articles en question pour s'en rendre compte, j'avouerai que pour moi c'est une version des faits contre une autre, et ça ne prouve rien. J'avoue que j'accorderais pour ma part plus de crédits à Britannica, mais en toute objectivité je ne peux me le permettre dans le cadre de cet article. Passons donc. Britannica souligne quant à elle que 30% d'erreurs en plus sur wikipédia, ce n'est pas négligeable. D'autant plus qu'il ne s'agit là que d'un simple aspect quantitatif qui n'indique rien sur la « gravité » des dites erreurs. A noter cependant, fait assez grave en terme de méthodologie, que les données sur lesquelles est basée toute l'étude n'ont pas été rendues publiques par Nature, ce qui signifie en clair que l'on ne peut reproduire ladite étude. Or, l'un des critères permettant de définir une science est qu'elle est basée sur l'expérimentation reproductible, autrement dit que l'on peut répéter l'expérience, ou ici l'étude, et que l'on doit obtenir les mêmes résultats, indépendamment de l'environnement dans lequel l'étude a été menée. Cependant, d'après Britannica et selon leur contre-étude, certaines données en question ne proviennent pas de l'encyclopédie, mais de sa version « junior », voire même dans un cas d'une publication n'ayant aucun rapport avec eux. Dans d'autres cas, les articles analysés n'avaient que leur introduction provenant de Britannica (soit 350 mots sur un article de 6 000, toujours d'après Britannica). Enfin, il apparaît que certains articles analysés sont en fait un patchwork de plusieurs articles dont des morceaux ont été découpés et réassemblés par les éditeurs de Nature. Bref, il s'agit là d'une sérieuse malhonnêteté.

 

Britannica insiste sur le fait que le simple décompte des « erreurs » n'indiquent en rien s'il s'agit d'erreurs mineures ou majeures. Toujours selon eux, des erreurs n'en sont pas et sont en fait dues à des erreurs d'interprétation entre divers auteurs. Je m'explique: des articles ont été écrits et jugés complets par des experts de Britannica, et d'autres experts mandatés par Nature les ont trouvé incomplets, simplement parce qu'eux ne les auraient pas rédigés de la même manière. Là, on est dans la subjectivité totale, et il est clair que tout le monde n'interprète pas de la même façon. Ce n'est pas pour ça qu'il y a erreur pour autant...

 

Britannica conclu en disant bien que l'on ne peut pas prendre cela au sérieux. Elle explique bien, modestement, qu'elle ne prétend pas à l'exactitude absolue. Mais prétendre sur une base aussi légère que wikipédia « s'en tire honorablement » est je trouve un peu fort. Cette étude ne vaut absolument rien, car biaisée à la base par la sélection d'articles non-représentatifs, par sa non-reproductibilité (ce qui en dit long sur son honnêteté; si nature n'a rien à cacher, pourquoi le fait-elle?) et par sa malhonnêteté à partir du moment où elle prétend comparer des éléments qu'elle invente, comme ces fameux articles créés à partir de morceaux d'articles de Britannica.

 

Si les wikipédiens ne savent se raccrocher qu'à ça et n'ont rien de mieux à monter, ça prouve bien que c'est parce qu'il n'y a rien à attendre de plus de ce coté. Qui peut encore honnêtement prétendre qu'il s'agit d'une encyclopédie, et à fortiori qu'elle serait fiable? C'est risible.

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 18:05

 

Simple question de base, en effet. Pourquoi donc ne peut-on pas, simplement par rigueur et nonobstant les autres torts multiples de wikipédia, la qualifier d'encyclopédie?

 

Sans même entrer dans les détails liés à l'application pratique des principes régissant le site, telle que l'infiltration logique par divers groupuscules d'opinion (extrême-droite, ufologues, scientologues, islamistes et autres), le pouvoir quasi-illimité (que ce soit dans son application ou simplement au niveau temporel) des administrateurs, l'amateurisme des rédacteurs lié à la participation « collaborative » de n'importe qui, le pillage résultant de l'interdiction d'une réflexion constructive (qualifiée pudiquement de « travail inédit »), bref, en s'en tenant à la stricte définition de ce qu'est une encyclopédie, on le peut catégoriser wikipédia parmi les encyclopédies.

 

Tout simplement parce que la seule étymologie du mot lui donne un sens précis: une encyclopédie résume le savoir et le présente de manière pédagogique pour le rendre accessible à un maximum, d'où l'idée révolutionnaire selon laquelle le savoir n'est plus la chasse gardée d'une petite élite s'en servant pour soumettre les autres. Or, première remarque, le savoir n'est pas l'information, laquelle n'est autre qu'une donnée menant à une prise de décision. Deuxième remarque, la pédagogie signifie qu'une personne ayant peu de pré-requis est capable de comprendre et de s'en tirer malgré tout. Or, wikipédia ne respecte ni l'un ni l'autre de ces critères.

 

Le savoir, ce n'est pas le nombre de goals marqués par un joueur de foot dans sa carrière. Et ce n'est pas non plus une présentation détaillée des positions favorites de telle ou telle hardeuse. Aussi intéressantes que peuvent être ces données, elles n'ont rien à faire là. Et en tout cas, si l'on trouve des détails aussi futiles, le minimum est que l'on puisse également y trouver tout ce qui est plus important et fait réellement partie du domaine de la connaissance. Or ce n'est pas le cas, et les lacunes dans certains domaines sont graves. Beaucoup d'articles se contentent du factuel, sans aucune analyse. Or justement, l'une des différence majeure entre information et connaissance, c'est justement l'aspect analytique. Malheureusement, on ne peut pas trop en demander à une bande d'amateurs, comme le sont la plupart des rédacteurs de wikipédia. Alors si en plus, on invoque le travail inédit lorsque l'on d'entre eux a le malheur de regarder plus loin que le bout de son nez, on n'est pas couché... Bref, et en résumé: pour l'aspect exhaustif de la présentation du savoir, on repassera.

 

Voyons maintenant ce qu'il en est de l'autre critère, à savoir la synthèse pédagogique des connaissances. Là aussi, on en est loin. Les rares secteurs à être correctement représentés le sont souvent d'une manière peu compréhensible pour le profane dans ces mêmes domaines. Prenons les mathématiques ou la physique quantique par exemple: la simple compréhension d'un article général nécessaire au minimum de solides connaissances en ces matières. Cela est logique: ceux qui y contribuent sont eux-mêmes rarement des amateurs, et si leurs articles n'en sont donc pas pourris d'erreurs comme la plupart de ceux que l'on trouve sur le site, ils n'en sont pas pour autant clairs; on ne s'improvise pas enseignant, et il n'est rien de plus difficile qu'une vulgarisation correcte. Ces articles ont beau être corrects, leur complexité fait qu'ils ne seront de toute façon consultés et compris que par des gens qui n'en ont pas besoin, car possédant déjà les connaissances requises pour le faire, apprises via divers ouvrages de référence. On est loin malheureusement d'un accès facilité pour tous...

 

Bref, simplement en regardant le sens du mot encyclopédie, on se rend compte que wikipédia n'en est pas, et de loin, et que rien ne l'autorise à prétendre le contraire. Et je ne parle pas ici de ces autres défauts déjà largement abordés.

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 22:34

 

Il y a environ 6 mois, un accord de partenariat a été conclu entre Facebook, leader des groupes sociaux et Wikipédia, leader des groupes à vocation informative (puisse qu'il faut bien lui donner un qualificatif) sur le net. Ça a été assez discret, et à vrai dire peu de gens s'en sont rendus compte. Pour moi, ça ne m'étonne pas trop, les deux étant dans l'air du temps, une sorte d'effet de mode pourrait-on dire.

 

Je me rends compte que je n'ai jamais eu l'occasion de parler de Facebook jusqu'à présent sur ce blog, aussi serait-il bon avant de poursuivre que je développe mon avis à ce sujet. Histoire de ne pas être qualifié d'affreux technophobe archaïque, j'aime autant dire tout de suite que je ne condamne certainement pas Facebook en bloc (je serais mal placé vu que j'y ai un compte...). Je considère qu'il s'agit d'une sorte de nouvelle forme de média, qui peut même être fort utile si employé à bon escient. Je ne veux pas dire que c'est pratique pour retrouver de vieux copains que l'on a perdu de vue, étant donné que je n'en ai rien à foutre (après tout, si on se perd de vue ce n'est pas pour rien...). Par contre, pour organiser une manifestation ou une activité de groupe quelconque, ce peut-être utile. Utile aussi pour organiser divers groupes de pression. Pour preuve de l'importance que cela peut avoir, ça devient presque incontournable pour un homme politique. La famille royale anglaise elle-même vient de lancer son profil cette semaine, c'est dire! Signe que les temps changent... Facebook n'est cependant pas dénué de danger, mais la plupart des soucis proviennent d'un mauvais usage. L'étalage sans aucune précaution de sa vie privée sur le net, aux yeux de tous, n'est pas sans risque. Avoir une confiance trop grande là-dedans peut se payer cash, et certains en ont fait l'amère expérience, que ce soit en perdant leur emploi après avoir publié des photos de soirées prises lors de congés maladie ou en s'étant fait cambriolé pour avoir donné des informations sur de futures vacances. D'une manière générale, ce qui peut s'avérer utile est en pratique souvent détourné pour un usage peu prudent, par des adolescents inconscients mais également pas un nombre croissant d'adultes parfois pas beaucoup plus matures. En pratique, il s'agit ni plus ni moins que d'une mode, bien dans l'aire du temps. Certes pratique dans certain cas, mais non dénuée de défaut.

 

Ce qui lui donne un point commun avec Wikipédia, du moins si l'on regarde l'aspect populaire. Quelque chose sensé à la base rapprocher les gens, mais qui symbolise tous les excès que l'on peut trouver dans nos sociétés d'aujourd'hui, et en particulier des pensées très populaires, mais pas forcément saines. D'une part l'exposition de tout, y compris ce qui fait normalement partie de la sphère privée permettant de se donner l'illusion que l'on compte plus qu'en réalité, d'autre part un système qui nous fait croire que tous nos avis se valent, et méritent de faire partie du savoir. Bref, quelque chose d'étrangement similaire entre ces deux sites extraordinairement populaires sur le net.

 

Dès lors, quoi d'étonnant à ce qu'un partenariat vienne rapprocher ces deux sites? Ce partenariat autorise en fait Facebook à réutiliser une partie du contenu de Wikipédia, sur des pages de « fan », en considérant Wikipédia comme étant une marque (tien donc, ça fait étrangement commercial ça, pour une association sensée être philanthrope voire humaniste!). Une page « communauté » permet de se voir associé l'un ou l'autre article de Wikipédia en rapport avec le thème de la communauté et accessible directement à partir de Facebook.

 

Bref, après divers accords avec google, le géant des moteurs de recherche pour le meilleur et pour le pire, voilà encore une association qui permettra surtout à Wikipédia d'asseoir son statut actuel, de prendre de l'importance et de consolider sa position. Une recherche google débouche déjà à tous les coups sur un article wiki, maintenant une page de fans sur Facebook fera de même, histoire de populariser encore plus le système. Cela ne le rendra pas meilleur tout autant. Tout au plus la pieuvre va-t-elle encore s'étendre. Je ne pense pas que l'on puisse s'en réjouir, sachant qu'elle affiche clairement son ambition d'enterrer toutes les encyclopédies « concurrentes », en fait les vraies, de qualité.

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