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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 18:27

 

Comme quoi, tout le monde ne sombre pas dans le populisme bas de gamme bien de notre époque... Pour preuve, la fondation récemment d'une association de divers groupes de médias belges, visant à coordonner leurs efforts dans le but d'offrir un contenu rédactionnel de qualité. Cette association, ayant pour nom Online Publishers Association (OPA) Belgium, regroupe tout de même la bagatelle de 56 sites internet dédiés à l'information.

 

Ce n'est certes pas une encyclopédie car de l'information à la connaissance il y a une nette différence, mais elle n'en a pas la prétention pour autant et cela demeure un outil potentiellement très utile, l'information ayant en général pour but la prise de décision, quel qu'en soit le domaine. Ici, on a donc un rôle que s'attribue wikipédia. Une chose est claire, wikipédia n'est pas une encyclopédie. Tout au plus peut-elle être vue comme une base de données, c'est à dire une source d'information, à la fiabilité toutefois douteuse étant donné sa partialité, et le manque de professionnalisme de ses rédacteurs.

 

Autrement dit, voici ici une alternative à wikipédia en tant que source d'information, à ceci près que l'accent est justement mis sur la qualité. On notera cette phrase parlante de l'article de la RTBF: « Les éditeurs sont convaincus que le succès des sites qui proposent des contenus rédactionnels dépend du professionnalisme et de la qualité de leurs équipes éditoriales ». On ne peut être plus clair, et l'on rappellera que non seulement wikipédia n'a rien de professionnel (vu qu'au contraire on y nie la valeur des compétences rédactionnelles), mais qu'en plus l'on s'y targue de ne pas avoir de statut d'éditeur. Logique, quand on sait qu'un éditeur est responsable du contenu publié, et peut donc être poursuivi lorsque celui-ci est diffamatoire, insultant ou raciste, ce qui en pratique est très difficile pour ne pas dire impossible concernant wikipédia, justement à cause de ses montages juridiques et de son statut niant toute forme de responsabilité.

 

Bref, il n'y a pas que wikipédia sur le net, et pour chercher de l'information d'autres solutions bien meilleures existent pour qui se donne la peine de chercher un peu plus loin que le premier résultat d'une recherche google.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 17:58

 

Comme dit de multiples fois déjà, il y a du bon et du mauvais dans tout. Même dans wikipédia. Aujourd'hui donc, je vais parler d'un point positif, ou en tout cas d'une personne, dans le but de lui rendre hommage car elle est tout à fait honorable et fait un bon boulot.

 

Il s'agit de Cédric Boissière. Cet homme est l'un des rares enseignants avec un niveau universitaire à contribuer à wikipédia. En général, lorsqu'un professeur débarque, il est clair qu'il est vite tenté de corriger les nombreuses aberrations que sa formation lui met en évidence. Se faisant, il s'attire bien vite les foudres de la communauté wikipédienne, en général peu encline à accepter de reconnaître sa médiocrité. Soit parce qu'il a le « tort » de corriger directement des erreurs factuelles, soit parce qu'il remet en question le système d'une manière plus globale, et surtout ses absurdes principes de neutralités et autres... spécificités propres à cette « encyclopédie », et qu'une formation rigoureuse et un bon esprit critique interdits de considérer comme rationnelles. Bien entendu, se faisant ledit prof s'attire en général la réprobation de la communauté parce « qu'il ne suit pas les règles », en réalité parce qu'il dérange en montrant les failles évidentes de l'ensemble.

 

Ceci dit, avec Cédric Boissière, ce n'est pas la même chose. Non seulement ce monsieur ajoute son expertise certaine dans ses domaines, ce qui contribue grandement à leur qualité, mais on peut même dire que si tous les contributeurs importants étaient comme lui, l'ensemble serait bien meilleur également au niveau de l'ambiance. En effet, nous avons là un administrateur particulièrement actif, mais qui perd rarement son temps dans des procédures à rallonge comme le font nombre de ses « collègues », du style arbitrage, suppression de page de manière purement bureaucratique et j'en passe. Le monsieur est de plus courtois, loin des propos orduriers de Moez et compagnie.

 

Son domaine concerne le monde hellénique, avec de nombreux articles consacrés à la révolution grecque. Beaucoup de ces articles ont obtenu le label de qualité, et pour une fois c'est mérité. Le monsieur dispose apparemment d'une belle collection d'ouvrages, se consacre longuement à la simple rédaction, et passe beaucoup de temps à les améliorer dans le moindre détail, jusqu'à composer lui-même des cartes géographiques. Loin de se contenter de retaper ce qu'il lit, on constate qu'il met à profit ses qualités pour rédiger réellement de part lui-même, et cela se ressent. De beaux articles, cohérents, pointilleux, où l'on sent non seulement que l'auteur connait le sujet mais sait également le présenter. Il collabore activement avec d'autres auteurs de qualité eux aussi, sur les mêmes sujets, bref apparemment une belle équipe compétente. D'une manière générale, on peut dire qu'il chapeaute une bonne part de ce qui concerne la Grèce sur wikipédia, et qu'en gros personne ne vient lui mettre des bâtons dans les roues, ce qui lui évite d'avoir en permanence à se justifier face à des gars moins bons que lui, comme c'est souvent le cas lorsqu'une personne qualifiée vient sur le site.

 

A ceci une explication (en plus bien entendu de la personnalité méritoire de Boissière): le domaine concerné. Force est de constater que des périodes telle que la Grèce Antique et la révolution grecque sont rarement sujettes à polémique. Globalement, il y a consensus entre les sources, et en tout cas peu d'enjeux politiques, religieux ou autre pouvant justifier une empoignade ou la survenue d'un quelconque groupe partisan. Ceci dit, cela n'enlève rien à la qualité du travail de monsieur Boissière. Disons simplement que ça lui évite de perdre son temps dans des discussions stériles. Ça lui évite aussi d'avoir à purger son domaine d'une série d'articles de « cuculture » comme les derniers ragots à la mode des peoples ou des stars du porno.

 

Le fait d'avoir un tel administrateur est suffisamment rare pour être signalé. Quand on voit à coté de ça les Cornier, Moez, Cedjee et consort, on constate une nette nuance, tant dans le travail fourni que dans la mentalité. Si seulement tous pouvaient être comme lui, l'ensemble serait déjà un peu meilleur.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 15:27

 

Je réponds ici à des propos assez courants, les derniers de la sorte auxquels j'ai été confrontés se trouvant dans des commentaires du blog d'Alithia. Wikipédia est critiquée, c'est un fait. Que ce soit par le monde universitaire, par la presse, par les encyclopédies traditionnelles, bref par toute personne capable d'en voir les limites, lesquelles sautent aux yeux si on a le temps de s'y attarder deux minutes. Ces critiques entraînent nécessairement une réponse. On ne peut pas éternellement fermer les yeux dessus, vient un moment où il faut faire face. Dès lors, deux axes de réaction: sur le site lui-même, on l'a vu, on pond un bel article que j'ai amplement analysé récemment. A l'extérieur du site maintenant, et prenant acte du fait que la meilleure défense, c'est l'attaque, on va directement à la source de la critique, au mieux pour tenter de raisonner et d'argumenter, au pire pour se contenter d'insulter. Entre raisonnements foireux et/ou malhonnêtes, insultes ou utopie, ça donne des situations par moment folkloriques. Un point assez constant ressort cependant: inévitablement, un fervent partisan de wikipédia se ferme à toute discussion en finissant par dire que son opposant (celui qui ose critiquer le site donc) n'est autre qu'une sorte d'intellectuel frustré, qui critique dans le seul but de préserver son pouvoir, forcément menacé par le principe même d'une « encyclopédie participative ». Je vais donc ici répondre à ce dernier point, en reprenant certaines idées développées dans mes commentaires sur le blog d'Alithia (ou ici même face à Globule), et en approfondissant certains points. Détail important: ce que je dis ici ne concerne pas que wikipédia, mais est assez général.

 

Wikipédia, on le sait, est participative, et permet donc à n'importe qui de collaborer, en prenant pour hypothèse qu'un amateur est capable aussi d'avoir de bonnes idées, et donc d'écrire un article, peu importe ces qualifications. Ce à quoi je réponds que c'est grotesque: non, tout le monde ne sait pas tout sur tout, et tout le monde n'est pas capable de comprendre un domaine aussi bien qu'un expert dans ce domaine. Certes, on peut être dans une certaine mesure autodidacte et s'inspirer notamment de bonnes lectures pour se faire une idée plus ou moins correcte d'un sujet, mais cela demande dans tous les cas une certaine intelligence, que tout le monde n'a pas, à défaut d'une solide formation (que là encore, tout le monde n'a -malheureusement- pas). A wikipédia, on proclame le contraire: tout ce qu'il faut, c'est qu'un travail soit sourcé. A partir de là, on a rien à y redire. Problèmes: on ne peut pas interpréter une source, ce qui fait que bien souvent, on la recopie en changeant à peine 2-3 mots pour faire joli, et tout ne se vaut pas comme source. On l'a vu, c'est là que le bât blesse. Car distinguer une bonne d'une mauvaise source demande quelques compétences et ce n'est pas donné à tout le monde. Partant de là, et sachant que tout le monde pouvant participer à wikipédia, se retrouvent sur des articles des bonnes et des mauvaises sources plus ou moins pillées. Même sur wikipédia, on le reconnaît implicitement, on l'a vu dans mon dernier article. On dit clairement, sur wiki même (du moins sur la page consacrée à la réponse aux critiques), que tout doit être vérifié. C'est une évidence, puisse que chaque article peut potentiellement être rédigé par un amateur ne sachant pas distinguer le vrai du faux, ou le grotesque du plausible, parmi ses sources. Et malgré ce fait (reconnût au sein même du site), nombreux sont les partisans qui le nient, et prétendent que ces propos ne sont que l'œuvre d'intellectualistes plus ou moins jaloux de la concurrence que leur ferait wikipédia, en menaçant leur supposé monopole du savoir. Bizarrement, ce genre de discours entre partisan « radical » de wikipédia et observateur critique externe au site finit souvent par dégénérer, et par mettre en évidence toute l'étendue populiste du système et des partisans en question.

 

Cette logique: un système proclame l'égalité de la pertinence des propos de tous, principe logiquement contesté par des intellectuels, qui inévitablement se retrouvent stigmatisés comme étant d'odieux penseurs rétrogrades partisans d'une sorte de hiérarchie dans le savoir, n'est pas propre à wikipédia. En fait, c'est un dénominateur commun à tous les systèmes populistes, et totalitaires au sens large. Wikipédia ne fait que confirmer cela: il s'agit d'un système populiste dans sa base même (ses principes de compétence universelle à la rédaction du savoir, sa neutralité de point de vue), et la suite logique est exactement celle énoncée plus haut. Des penseurs (à des degrés divers) s'interrogent sur ce système, finissent par en dénoncer les failles, et inévitablement s'en suit une véritable chasse aux sorcières à leur encontre. Le critique n'est autre qu'un élitiste défendant son pouvoir, lequel serait conféré par son monopole sur le savoir. En gros, le partisan de wikipédia que je qualifierais d'acharné dénonce la dangerosité d'un système où le savoir est détenu par quelques-uns, et surtout ne peut envisager le monde qu'en fonction de cette dualité: on aurait d'une part des systèmes collaboratifs ou tout (y compris et surtout dans ce qui nous intéresse le savoir) est mis en commun, et d'autre part des systèmes de castes, où le pouvoir est détenu par ceux qui gardent jalousement le savoir. Et c'est tout, rien d'autre, pas de juste milieu. Forcément avec une telle vision, celui qui ne fait pas partie du premier système est à ranger dans le second, autrement dit n'est autre qu'un dangereux élitiste. Outre le manichéisme d'une telle vision, il est clair que l'on mélange tout. Voyons dans le détail.

 

Je n'ai jamais nié la dangerosité d'un système élitiste. Elle est certaine. C'est d'autant plus vrai en ce qui concerne les institutions religieuses, qui pendant longtemps ont été les détentrices uniques du savoir, ce qui leur donnait l'ascendant sur le peuple. Et c'est encore le cas aujourd'hui par exemple en Iran. Le seul moyen de vaincre cela, c'est de mettre à disposition d'un maximum de gens le savoir et la connaissance. Ce principe est à la base même de la notion d'encyclopédie: on essaie d'être le plus exhaustif possible dans la présentation du savoir, et surtout on intègre une dimension pédagogique à l'ensemble pour le rendre accessible et facilement compréhensible à tout un chacun. C'est leitmotiv du travail de Diderot, ce qui permet de qualifier ce dernier d'humaniste. On croit en l'homme et on veut lui donner les moyens de s'affirmer en mettant à sa disposition les connaissances nécessaires à son épanouissement. Mais wikipédia va plus loin que cela, et se faisant elle se trompe lourdement. Wikipédia non seulement veut mettre à disposition de tous un maximum d'éléments (incluant d'ailleurs tout et n'importe quoi dans le « savoir »), ce qui en soit est louable, mais elle veut nous faire croire que tout le monde peut contribuer sur un même pieds d'égalité à la rédaction du savoir, ce qui au final revient en pratique à nier la notion même d'intellectuel! L'accès au savoir, se doit d'être universel, non sa rédaction, tout simplement parce que tout le monde n'en est pas capable. En mélangeant ses deux notions (accès passif et contribution active) on en arrive à du populisme primaire, à l'opposé même de l'idéal humaniste que l'on cherche à atteindre à la base.

 

Pourquoi cela marche-t-il aussi bien, dans le sens où cela plaît à un maximum de gens? Parce que l'idée paraît séduisante. Elle fait croire aux gens que leur avis sur la connaissance se vaut et n'est plus le privilège exclusif d'une sorte de classe d'intellectuels. On passe d'un extrême à un autre, sans aucun juste-milieu. Le populisme se nourrit des rancœurs, des tensions accumulées depuis longtemps par le peuple à l'encontre de ceux qui jusqu'alors, en monopolisant le savoir, monopolisaient le pouvoir. Brusquement, cette fureur de toutes les personnes qui jusqu'alors étaient frustrées de leur liberté se trouve libérée, et est intelligemment canalisée par ceux qui savent y faire. Ce n'est pas un hasard si les seules révolutions populaires qui ont marché, ont toutes été strictement encadrées par ceux qui ont su en tirer profit. Le meilleur exemple moderne est la révolution bolchevique. Mao également, a proclamé que l'on n'avait pas besoin d'intellectuels pour faire pousser du riz. Deux conséquences: il en est venu à tenter de faire pousser du riz là où c'était impossible (au Thibet par exemple), et les systèmes d'irrigation sont tombés en ruine. Résultat: une famine ayant causé entre 20 et 43 million de morts.

 

Le populisme succède en général à un système totalitaire où le savoir et le pouvoir était détenu par une seule et même caste. C'est sa condition même pour s'implanter: il a besoin de rancœurs, lesquelles sont générées par des inégalités. Il se contente après de caresser les gens dans le sens du poil, avec des idées pour le moins séduisantes sur le papier, telle par exemple l'égalité supposée parfaite en tout et entre tous dans tous les domaines. Or, ces idées en pratique montrent vite leurs limites, et l'échec est à terme inévitable. Pour survivre, il a besoin de bouc émissaire: s'il ne marche pas, c'est forcément à cause d'odieux saboteurs, souvent qualifiés de contre-révolutionnaires. Toute autre explication de l'échec serait de près ou de loin liée à la nature même du système, et serait impensable dans la mesure où elle le remettrait en question inévitablement, et mènerait à son effondrement. Or, quels meilleurs boucs émissaires que ceux-là même qui pointent dès le départ les failles du système? Le populisme simplifie les choses à l'extrême. Et dans sa simplification, il impose un schéma binaire: soit on est l'un, soit on est l'autre. Aucune nuance, aucun juste milieu. Si l'on n'est pas pour quelqu'un, ou quelque chose, on est forcément contre. On sait ce à quoi ce genre de manipulation manichéenne peut mener. Et ça marche à tous les coups, car pas mal de monde, intuitivement, raisonne de la sorte. Introduire des nuances, forcément raisonnées, et donc forcément à l'encontre de l'émotion, est difficile car ça demande du recul. Le populisme, c'est en quelque sorte le point commun entre pas mal de régimes totalitaires, de droite comme de gauche. Et dans cette optique, selon ce raisonnement imposé simpliste, toute personne remettant en cause ce schéma en est l'ennemi. De là à l'accuser de sabotage pour en expliquer l'échec, il n'y a qu'à pas, facilement franchissable. Et ce d'autant plus qu'il y a des jalousies plus ou moins profondément ancrées dans la pensée des gens. L'intellectuel est par moment jalousé. L'intellectuel s'élève contre un système populiste prenant les gens pour des cons. Ce système populiste montre ses failles. Il en rejette la faute sur ses opposants, à savoir (entre autres) les intellectuels. Ceux-ci sont alors bien fréquemment massacrés.

 

Le populisme a toujours eu besoin de boucs émissaires. Les intellectuels bien sûr, odieux contre-révolutionnaires, les étrangers parfois, cause de tous les maux, les juifs, les franc-maçons, j'en passe et des meilleurs. Car le populisme a besoin d'entretenir en permanence la haine, sans laquelle il ne peut s'imposer. Haine qui fixe des œillères, empêchant à pas mal de personnes de raisonner, en jouant sur l'émotion en lieu et place de la raison. Haine qui permet une radicalisation de la pensée, une simplification en un schéma tout bête: il y a eux et nous. Et de manière générale, le populisme marche d'autant mieux, comme tout système totalitaire, qu'il voit des complots tout autour de lui. Menacé à la fois de l'intérieur par une contestation d'origine intellectuelle, et à la fois par de nombreux ennemis extérieur, il justifie de la sorte des mesures radicales en montrant bien que si elles ne sont pas prises, l'ensemble va céder. Et l'on extermine alors, parce que « l'on n'a pas le choix ». Ce n'est qu'une fois la menace interne supprimée que l'on peut se retourner et affronter enfin la menace extérieure, pour finalement espérer voir venir le bout du tunnel, lequel débouchera prétendument sur le résultat magnifique que l'on prétend offrir, mais qui se retrouve éternellement repoussé tant que l'on n'est pas passé par ces étapes obligatoires. En clair: si l'on n'a pas encore atteint ces résultats espérés par tous (sauf par ceux qui, cyniquement, savent très bien ce qu'ils font en dirigeant l'ensemble), c'est que l'on n'est pas allé assez loin dans le processus.

 

Le coup de génie, c'est que le populisme inverse les rôles. Alors que c'est lui qui cherche à asseoir son pouvoir sur les gens, et comme il raisonne de manière binaire (par exemple en séparant en deux catégories: ceux qui ont le pouvoir et ceux qui le convoitent), si quelqu'un s'oppose à lui, c'est forcément pour lui piquer sa place, et prendre le pouvoir à son tour. En conséquent, un intellectuel qui remet en question le système politique mis en place le fait forcément pour le remplacer, par appât du gain (et en l'occurrence du pouvoir). L'intellectuel, donc, ne chercherait à s'opposer au populisme que parce que celui-ci remet en question, par son essence même, sa supposée suprématie en décrétant que finalement, l'intelligence, les compétences ou les qualifications, appelez ça comme vous voulez, on s'en passe. L'intellectuel lutterait ainsi contre le populisme par pur intérêt, et non parce qu'il n'est tout simplement pas d'accords avec l'image, l'interprétation du monde qu'offre le populisme. En réalité, si l'intellectuel s'y oppose, c'est parce qu'il en voit les failles, et non pour restaurer à son avantage le système, en monopolisant le savoir ce qui lui donnerait l'ascendant sur le peuple au sens large. L'intellectuel, contrairement au populiste, n'en a rien à foutre du pouvoir. Il s'interroge sur le bien, sur le mal ou sur n'importe quel autre sujet digne d'intérêt. Mais vous en connaissez beaucoup vous, des penseurs ou des philosophe riches ou au sommet d'un état totalitaire? Le populisme donc inverse les rôles. Alors que c'est lui qui est menacé par l'intellectuel qui remet logiquement en cause son modèle (et donc en conséquent alors que c'est lui qui finit par marginaliser les intellos), son coup de génie est de faire croire que si l'intellectuel s'oppose à lui, c'est parce qu'il se sent menacé. Alors qu'en réalité, c'est exactement l'inverse.

 

Avec wikipédia et ses partisans, c'est sensiblement la même chose: alors que l'intelligentsia dénonce les failles du système, les partisans quasi fanatiques de « l'encyclopédie » répliquent que ces critiques sont dues uniquement à la peur qu'inspire wikipédia aux intellectuels, peur elle-même causée par la remise en cause par wikipédia de la notion même d'intellectuel, et surtout de la remise en question de l'importance de toute forme de qualification. Le mieux c'est que les beaux idéaux d'égalité entre tous prônés par le populisme au sens large, et par wikipédia en particulier, les beaux idéaux de liberté, de droits de l'homme et tout et tout, proviennent de ces-mêmes intellectuels dont le populisme nie l'importance. Intellectuels dont on a bien entendu détourné la pensée pour s'appuyer dessus. C'est un peu comme quand des racistes en tout genre se justifient à l'aide de la théorie de l'évolution de Darwin, revisitée par leurs soins.

 

Il est certain que la détention du savoir par une classe restreinte lui offre la domination sur les autres. Mais le populisme n'est en rien la solution; le populisme est l'autre extrême, la négation de l'importance des intellectuels, assimilés uniquement à cette fameuse caste dominante traditionnelle. Le fait que cette dernière a fréquemment fait de la rétention des connaissances fait que l'on y inclus alors facilement toute personne supposée intelligente. Mais ce n'est pas le cas. On peut très bien être à la fois intellectuel et opposé à toute forme d'élitisme. Diderot, Descartes, Voltaire, Rousseau et bien d'autres l'ont montré. Et j'irai même plus loin: l'intellectualisme est même la condition sine qua non à un épanouissement de l'ensemble d'une société. Une laïcisation ne peut se faire en l'absence de penseurs se battant en sa faveur. Toute société ayant eu la chance d'évoluer vers un régime démocratique l'a fait notamment en favorisant un enseignement de qualité, permettant de développer les compétences de tout un chacun, pour que tout le monde donne le meilleur de lui-même. Et cela passe par l'accès le plus large possible aux connaissances. Mais pour la même raison, et pour éviter un nivellement par le bas de ces mêmes connaissances qui serait nuisible à tous, celles-ci ne peuvent être réduite à la simple somme des images de tout un chacun. Prétendre le contraire revient à nier l'importance des compétences, et donc à sombrer dans une des caractéristiques du populisme.

 

Je terminerai par une citation résumant cela, prise sur la page du momo:

« Si l'opinion a une légitimité et joue un rôle en politique, dans le domaine du savoir, elle est illégitime. L'illustration de cette confusion entre opinion et savoir, c'est wikipédia. ». Jacques Julliard.

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 20:34

 

Sur wikipédia, on s'est bien vite rendu compte que l'on pouvait être la cible de critiques, pas forcément positives d'ailleurs, et l'on s'est du coup senti obligé d'y répondre. Quoi de plus simple alors que de créer une page centralisant les réponses auxdites critiques. Forcément, cette page ayant été écrite par des wikipédiens, il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils démordent de leurs opinions habituelles, à savoir que wikipédia est géniale et que ses rédacteurs sont encyclopédistes, le tout défendu à grand coup de sophismes. Bon, pas de surprise évidemment, c'est exactement comme on s'y attend mais, just for fun, jetons-y un coup d'œil histoire de rigoler.

 

Bien entendu, on commence à répondre aux critiques concernant la base même du système, à savoir le wiki, lequel permet à n'importe qui d'écrire et de participer. Là déjà, premier sophisme (je cite) « avec suffisamment de paires d'yeux, toutes les erreurs sont révélées ». En gros, le fait de permettre à tous de participer permet à tous de corriger. Certes, mais ça permet également à tous d'y écrire des conneries, chose amplement vérifiée en pratique. Statistiquement, si l'on considère qu'il y a autant de gens bien intentionnés que de mal intentionnés, la moyenne est nulle. Reste que les mal intentionnés étant bien mieux organisés, ils ont tendance à tirer la couverture à eux, avec le résultat qu'on sait...

 

Ensuite, on reconnaît au sujet des amateurs que « C'est une difficulté sérieuse. On suppose, par optimisme, que ces amateurs seront facilement corrigés et complétés, alors que ce n'est pas le cas d'une encyclopédie imprimée sur papier, vu qu'une telle encyclopédie n'est généralement pas faite par des amateurs. »

Autrement dit, on admet à demi-mots que la qualité d'une encyclopédie traditionnelle sera meilleure. C'est évidemment le cas, toutes les études le confirment et les experts sont unanimes là-dessus. On suppose ensuite qu'un amateur peut néanmoins pondre un article de qualité. Certes oui, mais alors il y a de grande chance qu'il le fasse en recopiant plus ou moins fidèlement le travail qu'un autre aura pondu... Note intéressante ensuite:

« Ces réflexions sur la fiabilité des contributions posent le problème de la place que la Wikipédia pourrait occuper dans le domaine de la diffusion de la connaissance : dans une perspective optimiste, Wikipédia pourrait devenir une source relativement fiable d'informations et de savoir ; dans une perspective pessimiste, elle en resterait à un amateurisme sans conséquence, et il serait toujours préférable d'aller voir ailleurs. Il est difficile de prédire quelle perspective l'emportera, et il faut sans doute souligner que ce sont les contributeurs de la Wikipédia qui seront entièrement responsables de ce qu'elle deviendra. ».

Au mieux donc, wikipédia ne serait qu'une source d'informations (de savoir certainement pas, excepté le savoir recopié -pillé- sur d'autres sources). A ce titre, elle ne serait qu'un média parmi d'autres: c'est en effet le rôle des médias d'apporter une information, quitte à ce que l'interprétation en soit laissée à d'autres. Wikipédia est donc en pratique réduit à un complément de google, utile certes, dans le cadre d'une recherche ponctuelle sur une information, comme par exemple la capitale de tel ou tel pays. Bien que même à ce niveau, il y a des contre-exemples: ainsi concernant la capitale d'Israël, ou le statu de Taïwan, il est clair que les avis sont partagés.

 

Les points suivants abordent les fanatiques et les partisans, où l'on prétend que ces personnes ne fréquentent pas wikipédia. Ha bon? Pourtant, je pourrais citer au moins trois admins connus pour leurs croyances en l'ufologie, et de nombreux autres à tendance fasciste. On dit également que les points de vue idiosyncrasiques sont « contextualisés ». En pratique, ça revient bien souvent à accorder une place très importantes à des « théories » loufoques, souvent disproportionnées par rapport à leur importance réelle. Point très intéressant, la phrase « Nous avons essayé de formaliser cette politique éditoriale » où l'on reconnaît que wikipédia est en pratique un éditeur, autrement dit est aux yeux de la loi responsable de son propre contenu, et peut donc être poursuivie. Capital ça! Jusqu'à présent, c'est systématiquement nié par les administrateurs, dont Monniaux et Serein, deux des responsables de wikimédia France.

 

Ensuite, on aborde les problèmes posés par les publicitaires, selon eux rapidement corrigés. Faux. Pour mémoire, ceci en est une bonne preuve, et est un bon exemple d'infiltration de wikipédia par des commerciaux. On note également le même genre d'excès de la part de groupes politiques, qui ré-arrangent leurs pages à leur avantage. Regardez la page consacrée au Parti Populaire en Belgique (parti représentant la caricature même du populisme), il s'est agit durant de longs mois d'un simple exposé du programme du parti.

 

Ensuite, pour parler de la qualité des articles, on cite une étude de nature ayant fait couler beaucoup d'encre. Il est fort probable que je reparle de cette étude dans un article à part, tant elle est grossière. Les wikipédiens se basent bien souvent sur la SEULE étude leur étant plus ou moins favorable, alors qu'elle est fortement critiquable car totalement biaisée dans sa méthode de conduite, et ne portant que sur 40 articles non représentatifs. J'en reparlerai, promis. Ceci dit, et alors même que la valeur de cette étude est largement surfaite sur wikipédia, on reconnaît malgré tout « cette étude concerne la version anglophone, plus complète que la version française, sur des sujets scientifiques ».

 

Ensuite, joli sophisme heureusement temporisé quoi qu'avec euphémisme: « Scientifiquement parlant, et même du point de vue de la satisfaction personnelle, il est toujours préférable de participer à un projet qui s'efforce d'atteindre un certain niveau de qualité. Ainsi, par principe, on supposera que l'ensemble des contributeurs de Wikipédia aura toujours une préférence pour ce qui est de qualité plutôt que pour ce qui est mauvais, voire médiocre. Mais entre l'intention et la réalisation concrète, il y a un pas à franchir, et il se présente bien souvent quelques difficultés qui peuvent naître des principes même du projet. ».

 

Est abordé par après le problème de l'absence de relecture: la raison invoquée en est la jeunesse de l'encyclopédie. Selon eux, ça ne peut que s'améliorer avec le temps. Bof. Si certains viennent pour corriger des erreurs, d'autres peuvent tout aussi bien en rajouter, et ce sera d'autant plus le cas que le site aura une certaine renommée, faisant de lui une tribune idéale pour tous les groupes d'opinion en tout genre! Le point qui suit parle de l'expertise. Là, on met clairement en opposition amateurs et experts, lesquels ne devraient leur notoriété qu'à un certain traditionalisme. C'est quoi ça? Une négation de la valeur de l'opinion d'un expert? Pourquoi ne pas supprimer toute formation universitaire tant qu'on y est? Après tout, si un amateur peut arriver au même résultat, pourquoi donc aller s'emmerder à faire des études? Ça a au moins l'avantage d'être rassurant, de conforter les gens dans leur opinion que tout se vaut, et que leur avis vaut autant que celui d'un autre. Si c'est vrai au niveau de la société, ce n'est pas le cas dans le domaine du savoir. Encore une fois, l'accès au savoir se doit d'être universel, pas sa rédaction. Prétendre le contraire, ça revient à prendre les gens pour des cons, tout en faisant croire qu'on les respecte pour ne pas éveiller leurs soupçons. Sénèque disait « du pain et des jeux... ». Ben là, on y est.

 

On parle par après de l'impossibilité de vérifier les informations fournies par wiki, et l'importance du sourçage. Certes, il faut sourcer. Comme on le dit, ce n'est pas un gage de qualité, car encore faut-il que la source soit fiable. Selon quels critères? Définis par qui? On le voit, la question est épineuse. On a au mois l'honnêteté de le reconnaître sur cette page, cependant on esquive en rappelant la jeunesse du site et en supposant (espérant?) que cela sera corrigé par la suite.

 

Ensuite, LA perle: « il serait criminel de laisser des élèves utiliser le contenu de Wikipédia sans une sérieuse réflexion sur la confiance toute relative que l'on peut lui accorder. ». Pour le coup, c'est joli. Honnête, mais joli. Après toutes les réponses aux critiques vues avant, on reconnaît en somme que wikipédia n'est pas fiable. D'une part, c'est presque contradictoire avec ce qui précède (bien que l'ensemble est honnête: on reconnaît certains défauts tout en supposant utopiquement qu'ils vont s'améliorer). D'autre part, c'est risible quand on voit la prétention affichée du site, à savoir être une encyclopédie. Depuis quand une encyclopédie n'est-elle pas fiable? Quel est l'intérêt de sa consultation si tout doit être vérifié? Si on prend la réciproque alors, wikipédia n'étant pas fiable, elle ne peut être qualifiée d'encyclopédie comme ils le font à longueur de journée. C'est limpide! Et pour le coup ça confirme ce que je dis depuis le début, même si la non fiabilité n'est pas le seul élément qui empêche de qualifier ce site d'encyclopédie. Poursuivons: « Mais cette attitude de doute raisonnable doit s'appliquer à toute source d'information, pas seulement à Wikipédia. ». Oui, mais elle est d'autant plus importante que l'on sait que la source en question est potentiellement rédigée par des amateurs, des lobbys, toute une série de gens partisans, etc etc... Enfin et sur ce point: « Par ailleurs nous n'avons pas tous pour objectif de faire de Wikipédia une ressource documentaire en elle-même. Certains d'entre nous l'utilisent comme un outil de rédaction et se servent des articles ainsi obtenus dans des publications ou lors de formations par exemple. On peut espérer que ce type d'utilisateurs a une connaissance suffisante du sujet pour vérifier par lui-même les informations présentes dans les textes qu'il diffuse. ». Pareil qu'au dessus: pas fiable, et utile dans en gardant à l'esprit qu'il ne s'agit que d'une source d'information (et en aucun cas de savoir).

 

Je ne peux m'empêcher de citer la quasi totalité du paragraphe suivant concernant la neutralité: « Bien sûr que Wikipédia est un projet éminemment politique. Un des objectifs du projet n'est-il pas de permettre à chacun de se réapproprier l'information et le savoir ? Le fait que ce projet ait pu être aussi bien traité d'  « ultra libéral » que de communiste montre cependant que, tout comme pour la pensée libérale d'ailleurs, il faut éviter de vouloir faire entrer Wikipédia trop rapidement dans des petites cases. Disons simplement qu'il est le fruit de son époque ». Et c'est sensé nous réjouir? Le fruit d'une époque où tout part en couille, le fruit d'une époque où le libéralisme justement montre ses pires excès quotidiennement? Le fruit d'une époque où les pires extrémismes reviennent plus forts que jamais? Le fruit d'une époque où l'on n'a jamais autant pris les gens pour des cons? Le fruit d'une époque où la violence la plus forte côtoie des monceaux d'utopistes? Oui, wikipédia est le fruit d'une époque. De cette époque. Et en particulier de ses pires débordements. De cette époque dans tout ce qu'elle a de néfaste à nous offrir. Je ne vois donc aucune raison de s'en féliciter. Et c'est tout pour la neutralité dans cette page...

 

La suite est moins intéressante. On parle de Wales, bon, personnellement je n'aime pas les attaques ad-hominem et je n'ai pas besoin de ça pour trouver et dénoncer les failles du site. Je constate juste qu'il s'agit à la base d'un libéral, rien d'étonnant donc à ce que son bébé soit ce qu'il est. Et également que le bonhomme a un sacré égo, promu du jour au lendemain comme étant un prétendu « philosophe » (du moins si l'on s'en tient aux prix qui lui sont décernés par des individus n'ayant rien à lui envier), et une sacré prétention pour un supposé humaniste (se réjouir des difficultés des encyclopédies depuis le lancement de son site n'est certainement pas signe d'une quelconque grandeur d'esprit, mais plutôt d'un raisonnement d'industriel voyant les autres comme étant des concurrents potentiels. Et de toute, ces mêmes encyclopédies sont autant d'obstacle à sa négation de la valeur d'un travail intellectuel). Quelques phrases plus loin on répète encore que wikipédia fournit de l'information, et on dit pratiquement qu'elle est un complément d'un moteur de recherche, rien de plus.

 

On le voit, on reconnaît pas mal de problèmes, ce qui me fait dire qu'il y a une part d'honnêteté (et sans doute de volonté de bien faire) mais les solutions sont cependant assez utopiques voire relèvent du sophisme. D'autres problèmes ne sont même pas abordés, je pense par exemple à la responsabilité éditoriale souvent niée, ainsi qu'aux administrateurs qui se comportent pour la plupart en petits chefs d'un régime totalitaire. Et finalement, pratiquement aucune « réponse aux objections courantes » ne s'avèrent réellement satisfaisante. Peu mieux faire donc...

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 15:46

 

Je suis tombé sur quelque chose de très intéressant aujourd'hui, un bon coup de pioche en somme. Le blog d'un administrateur de wikipédia à tendance facho et islamiste, probablement l'un des pires et des plus exécrables qui soit, tant l'agressivité, la manipulation et la partialité sont des qualités naturelles chez lui. Le blog d'Alithia en a longuement parlé, tant il est l'exemple même de tous les excès possibles et imaginables des administrateurs made in wiki. Je ne vais donc pas revenir en détail ici sur ses pérégrinations multiples, un blog entier n'y suffirait pas (et le travail a déjà été, en partie du moins, effectué), mais quand même donner quelques exemples pour cerner l'individu.

 

Cet administrateur est Moez, tristement célèbre donc dans la sphère wikipédia francophone. Petits exemples donc, issus du blog d'Alithia:

-arbitrage où Moez montre tout ce dont il est capable, à savoir le mensonge, l'agressivité et la tendance à voir des complots partout, comme c'est le propre de la plus belle extrême-droit (bien qu'elle n'en ait pas le monopole: Staline était pas mal dans le genre), et qui plus est au sujet du terrorisme islamiste, farouchement défendu par Moez qui en toute partialité s'oppose à ce qui pourrait mettre en cause l'islam, même de loin, et bien entendu de manière générale minimise les faits quand il ne les nie pas purement et simplement. Il fait partie du genre de type qui ne supportent pas qu'Al-Qaida soit qualifiée de groupe terroriste (vérifiez sur wiki: on parle en intro de « mouvement islamiste »);

-aucune tolérance (autre exemple)face à la critique, ou le bannissement d'un membre de wiki pour avoir osé constater que peu de bon pouvait être tiré du site;

-totalement partisan et racontant n'importe quoi en ce qui concerne l'islam, où il réinvente l'histoire;

-ne supportant pas toute réflexion constructive (j'aurais envie d'ajouter « = n'allant pas dans son sens de propagandiste »).

Je pourrais ainsi continuer longtemps, rien que le référencement des articles d'Alithia contenant le terme « moez » prend 5 pages sur son blog. Ceci était juste pour se faire une idée du personnage, et encore, très soft. J'ai déjà eu l'occasion de tomber sur des pages de discussion où sévissait moez, très souvent ce ne sont qu'injures, attaques ad-hominem et mauvaise foi sans limite.

 

Pour en revenir à son blog, le premier article sur lequel je suis tombé par hasard est ceci, une vraie perle qui en dit déjà long. On notera dès le début que Moez reconnaît l'originalité de la neutralité sur wikipédia. Entendez par là son aspect unique. Tiens donc, les autres encyclopédies ne s'en préoccupent donc pas... Sur wiki, on prétendra aisément que c'est pas pur intellectualisme (ce qui pour eux revient à « élitisme », avec toutes les connotations péjoratives que cela entraîne), mais jamais on ne reconnaîtra que cette même originalité exclu de facto wikipédia de la liste des encyclopédies. C'est même limite si du coup on n'ira pas jusqu'à redéfinir les genres, et exclure plutôt les autres encyclopédies, les vraies, en prétextant que n'étant pas neutres, elles n'y ont pas droit. Ne riez pas, ça s'est déjà vu, et Wales lui-même se félicite de la baisse de fréquentation voire de l'abandon des sites et ouvrages de référence, et de la prétendue qualité de la merde qu'il nous a pondu. Pour en revenir au blog de Moez, il écrit également dès le début de son article que les professeurs sont absents de wikipédia. Bizarrement, on dirait presque qu'il s'en réjouit, disant au sujet des profs « ceux qui estiment posséder suffisamment de connaissance pour la partager ». Je ne veux pas faire de procès d'intention, mais curieusement je perçois presque du mépris dans cette définition du professeur donnée par un des principaux administrateurs (de par le nombre de ses contributions) de wikipédia.

 

Il nous explique ensuite ce qu'il pense de la réalité et de la perception qu'on en a, en disant en substance que quoi que l'on fasse, on n'en a jamais qu'une image étant donné que dans l'absolu, la réalité est inaccessible. Il pense ensuite que ce qui compte, c'est la façon dont on confronte notre perception de cette réalité avec celle qu'en ont les autres. Intéressant d'un point de vue philosophique, quoi que très simpliste, passons (je suppose qu'Alithia massacrerait ça, personnellement n'étant pas très calé en philo, je préfère laisser la parole à d'autres sur ce sujet). Il enchaîne ensuite avec les trois façons, selon lui, de confronter les points de vue: soit on a une idée très tranchée et l'on n'accepte pas un point de vue différent (marrant de la part d'un apprenti facho comme il peut l'être), soit on sait pertinemment que vrai et faux étant mélangés et leur distinction difficile, on se dit que peu importe, tout se vaut et l'on accorde son point de vue par pur opportunisme. Troisième point de vue: plusieurs modèles pouvant décrire la vérité, l'individu les accepte à la condition qu'ils aient été validés, et fais son choix parmi eux, il se sert en quelque sorte. Mouais. Je dis moi, que cette vision archi-simpliste de la part de cet individu est assez manichéenne. En gros, soit l'on est borné, soit cynique, soit fataliste dans la mesure où l'on se limite qu'à n'accepter ce que d'autres ont pondu, en piochant par-ci par-là. En clair, le raisonnement, on s'en tamponne. Le seul point positif de cela est que « l'on assume ses choix ».

 

Ceci est très révélateur: c'est exactement ce que font les wikipédiens. Ils pillent (car incapable de réfléchir et de faire preuve d'esprit critique; ils doivent se baser sur les réflexions d'autres personnes) et confectionnent à partir d'un melting-pot de données d'origines très diverses en assemblant plus ou moins. C'est ce que l'on appelle la neutralité, qui interdit en quelque sorte toute réflexion.

 

Il va même plus loin le Moez. Après avoir souligné le franco-centrage de wikipédia (ce qui est certain: cf le déséquilibre des articles qui présentent parmi plusieurs celui qui prévaut en France: à tous les coups, il occupe une place bien plus importante que le reste), il va jusqu'à dire que « Comment un individu élevé en France parvient à comprendre la famille japonaise si ce n'est à travers son prisme ? ». En clair, le simple fait d'être français interdirait toute réflexion objective concernant la famille japonaise moyenne, vu qu'on ne la verrait qu'à travers un prisme (alors qu'une observation critique est possible, mais ça Moez l'ignore ou ne l'aime pas: l'intellectualisme, c'est à l'opposé de la merveilleuse institution qu'il défend). Si ça ce n'est pas du manichéisme! Notez cependant l'incohérence du propos de Moez par rapport à wikipédia (dont il est administrateur): sur wikipédia, l'argument d'autorité est à réfuter (non pas parce que l'on ne peut vérifier sur internet ladite autorité, mais simplement parce qu'il s'agirait d'un travail inédit -TI pour les intimes-). Autrement dit, n'importe quel citoyen français lambda pourra décrire ce qu'est la famille japonaise traditionnelle. Or Moez vient de nous lâcher qu'il ne peut le faire car il n'en a qu'une vision personnelle! La solution la voici: sur wikipédia, on doit recopier ce qui émane d'une autorité. Nonobstant le fait que tout et n'importe quoi peut-être considéré comme autorité, voici comment Moez justifie le plagiat généralisé qu'est wikipédia. Pour le coup, il n'est pas mal son raisonnement, on s'y prendrait presque!

 

Dans la suite de l'article, Moez nous parle de la façon dont sont confrontés les visions différentes. En gros des gens bornés ne parviendront pas à un consensus, chacun campant sur ses positions, avec mauvaise foi en prime lorsqu'un borné rencontre un non-borné (ça il connait, étant plus que bien placé pour en parler, ses propres exemples de manipulations n'étant que trop nombreux...). Des gens ayant des points de vue différents se basant sur l'avis d'autres personnes vont reproduire les querelles d'experts de ces derniers. Il conclut qu'un observateur va donc se détacher et « se contentera d'observer les deux théories », autrement dit il justifie la neutralité. Marrant ça. Nul part il ne parle du gars intelligent ou en tout cas pas trop con qui tentera de distinguer la part du vrai et du faux. Ben non, l'intelligent il n'aime pas. Mais il clame haut et fort que l'on doit se baser (= copier) sur l'avis d'un expert. Un coup je verse dans l'intellectualisme, un coup dans le populisme... Ou comment on justifie subtilement (?) la neutralité et le pillage grâce à la philosophie et à la psychologie de comptoir.

 

Commentaire marrant d'un lecteur: « Un peu compliqué, néanmoins enrichissant. Je t'ignorais des dons de psychologie humaine :) ».

 

Mouais, compliqué, faut pas exagérer non plus. Si ce type représente le wikipédien moyen et trouve cela complexe, franchement ça en dit long sur le niveau au raz des pâquerettes...

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 21:56

 

Récemment, le prix Gottlieb Duttweiler 2011, vient d'être décerné à ce cher Jimmy Wales pour « sa contribution à la démocratisation de l'accès au savoir ». Comme nous allons le voir, les choses ne sont pas toujours claires pour tout le monde...

 

Tout d'abords, ce prix est décerné par une association suisse de « penseurs », fondée par un industriel du même nom il y a une cinquantaine d'années. Par ailleurs, Gottlieb a également fondé un parti politique d'obédience libérale, ainsi qu'une coopérative active dans le marché de la grande distribution en Suisse, avec d'ailleurs une position dominante. On ne s'étonnera donc pas qu'une association fondée par un tel personnage récompense Jimmy Wales, symbole s'il en est du libéralisme. Et à fortiori, on ne s'étonne pas non plus que la récompense ait un rapport avec wikipédia. Ceci dit, loin de moi l'idée de ternir l'image d'une association, simplement je me permets de souligner un fait qui mérite de l'être.

 

Ceci dit, regardons l'article. Comme je le disais, certains rédacteurs n'ont pas beaucoup de notions concernant le vocabulaire et les concepts qu'ils emploient ou en tout cas ne les maîtrisent pas. Pas étonnant alors que nous ne soyons pas sur la même longueur d'onde. La première citation reprise concernant la démocratisation de l'accès au savoir n'est déjà pas exacte. D'une part, parce que ça dépend vraiment de ce que l'on inclut dans le mot « savoir ». D'autre part, parce que Wales permet plus qu'un accès au savoir; il permet sa rédaction, par tout le monde, faisant fis des compétences de tout un chacun, avec le résultat que l'on sait. Je l'ai déjà dit: l'accès au savoir est une nécessité démocratique, par contre sa rédaction libre par tout le monde n'est pas souhaitable. A vrai dire, ça entraîne des dérives largement anti-démocratiques, en formant par exemple une superbe tribune aux fascistes en tout genre. On parle aussi dans l'article d'une « ère dans l'économie des médias ». Je ne vois pas pourquoi on devrait s'en réjouir. En quoi « économiser des médias » serait-il bon? Cela signifie-t-il que l'on peut se passer des médias, et qu'il faudrait le souhaiter? Certainement pas. Par contre, l'appellation média est bien trouvée; finalement, c'est à cela que se résume wikipédia: une source d'informations, mais sûrement pas l'encyclopédie qu'elle prétend, pour les raisons que l'on a déjà vues.

 

Le paragraphe suivant est marrant: un beau condensé de conneries et de non-sens. « Grâce à son indépendance et à sa neutralité, Wikipedia jouit d'une grande acceptation et d'une importante crédibilité ». L'indépendance est toute relative, quand on voit l'infestation du site par tous les groupes de pression possibles et imaginables. La neutralité ne fait que permettre cette infiltration; c'est l'une des causes du pourrissement de wikipédia, et n'est donc certainement pas à louer. L'acceptation, sans nul doute. Par une certaine majorité. Majorité formée par toute une frange populaire, recherchant des informations diverses et variées si possible de la façon la plus simple et la plus rapide possible (mais pas en cherchant la qualité), et malheureusement facilement influençable intellectuellement parlant. Mais en tout cas, majorité dont sont absents la plupart des penseurs, intellectuels, scientifiques, bref la plupart des gens capables d'ouvrir les yeux et d'exercer leur esprit critique. Par conséquent, la crédibilité du site est sujette à caution, contrairement à ce que sous-entend l'article (et l'association concernée).

 

On insiste ensuite sur le fait que wikipédia et Wales ne tirent aucun bénéfice pécunier de tout ça, et l'on conclut avec force sophismes que par conséquent il s'agirait d'une idée humaniste, ou en tout cas que Wales croit « au bon dans l'être humain ». Possible. Mais il n'existe pas que ces deux possibilités (argent d'un coté, grandeur d'âme de l'autre). Il existe aussi par exemple la célébrité, et tout ce qu'elle a de grisant. Et un certain pouvoir qu'elle apporte. Or, nul ne peut nier que Wales a fait une « bonne  affaire », même si elle n'est pas d'ordre financier, en fondant son site. Connu, voir adulé, il est tout fait possible qu'il se sente grisé et que l'humanisme supposé du monsieur n'ait rien à voir là-dedans. L'humilité en tout cas est absent de sa personnalité, comme le prouvent ses discours, donc certains se réjouissent ouvertement de la perte d'engouement que rencontrent les autres encyclopédies depuis la création de wiki. Je pense personnellement qu'un humaniste digne de ce nom ne serait pas animé par un tel esprit de concurrence, et au contraire verrait les diverses encyclopédies marcher côte à côte et non « se faire la guerre ». Or, Wales se félicite d'écraser les encyclopédies (les vraies!), en bon homme d'affaire égocentrique qu'il est, et qu'il a toujours été. Est-ce cela que l'on récompense aujourd'hui?

 

Enfin, et comme pour démontrer le supposé sérieux et l'importance de cette récompense, on dit ensuite que ce prix a déjà été décerné à des prix Nobel de la paix. Grand bien leur fasse, mais ce n'est en rien un gage de qualité et de sérieux quand on voit la farce qu'est le Nobel de la paix, qui est tout sauf neutre politiquement parlant, et récompense un peu n'importe qui. Rappelons qu'à coté d'un Mendela, méritant entre tous, se trouve par exemple Yasser Arafat, lequel a cautionné des actes terroristes visant des civils innocents. Ou plus récemment, Barack Obama, avant même qu'il ne mette en œuvre la moindre politique (et rétrospectivement, il est jusqu'à présent très loin d'être à la hauteur des espoirs placés en lui, et rien n'indique qu'il mérite d'être récompensé pour une hypothétique œuvre en faveur de la paix qui à ce jour est inexistante!).

 

Bref, nous avons là un prix Gottlieb à deux balles, récompensant un pauvre type. Et pendant ce temps-là, les idiots s'en réjouissent et applaudissent!

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 20:57

Désormais les wikipédiens ne peuvent plus affirmer en toute bonne foi que la qualité est une caractéristique de leur site. En effet, selon ce lien, des responsables de wikipédia auraient contacté diverses universités américaines en vue d'améliorer le contenu, et en particulier sa qualité. Bref, on a là un aveux à peine dissimulé de la principale faiblesse de l'ensemble: sa faible fiabilité. Deux remarques cependant: la réponse à cette demande semble varier d'une université à l'autre. Je suppose que cela vient du fait que certains domaines sont traités de manière correcte, d'autres carrément massacrés, ce qui doit rebuter les éventuels étudiants et/ou professeurs candidats à un tel travail, colossal il faut bien l'avouer. D'autre part, et je cite « Pas question pour autant de n'utiliser qu'elle pour des recherches : Wikipedia doit intervenir en complément d'autres supports, car dans tous les cas, multiplier les sources reste le meilleur moyen d'établir un devoir. ». On ne peut être plus clair, mais on se demande alors à quoi peut donc bien servir une « encyclopédie » à laquelle on ne peut se fier... sauf à ne la considérer que comme une base de données, et encore, tout n'y est pas correct, loin s'en faut!

 

Reste à savoir quelles seront les réactions, d'un coté comme de l'autre. Beaucoup de professeurs ou d'étudiants iront-ils risquer de perdre leur temps dans un système pareil? Et si oui, combien de temps resteront-ils, surtout s'ils doivent supporter d'avoir en permanence des administrateurs moins compétents qu'eux mais à plus grande gueule au dessus de leurs épaule? En bref, une nouvelle utopie, une tentative de sursaut, visant réellement à améliorer la qualité ou alors à jeter de la poudre aux yeux? Je crois qu'à partir du moment où les principes restent les mêmes, aucun de ces intellectuels ne pourra imposer son point de vue ou ses analyses, et dès lors ils resteront noyés parmi les nombreux amateurs peu doués. Résultat, je doute fort de la capacité du site à s'améliorer. Néanmoins, on a là malgré tout une reconnaissance de la pauvreté de wikipédia en matière de pensées pertinentes. Et quid de la réaction de l'autre coté? Jusqu'à présent, silence total sur le bistro de la wiki francophone, logique sans doute vu qu'il s'agit d'une initiative américaine.

 

Affaire à suivre donc.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 13:56

… à défaut d'être une source de savoir, mais ça c'est bien entendu valable pour l'ensemble de « l'encyclopédie », même en dehors de son espace « communautaire ». Si c'est logique pour ce dernier espace, ça l'est moins pour celui consacré à la "connaissance", comme ils nomment pompeusement leur contenu.

Trouver l'inspiration dans le cadre d'une observation critique n'est pas bien dure: il suffit d'ouvrir les yeux un tantinet, et l'on tombe assez vite sur une aberration dont on peut faire part, une de plus. Cependant, de là à ce que je n'ai qu'à garder le bec ouvert pour que l'on viennent directement me nourrir, je n'en demandais pas tant! Et pourtant, c'est pratiquement ça... Une bonne source donc, renouvelée quotidiennement et donc inépuisable, est le bistro de wiki. Tout comme les vrais bars ont leur piliers de comptoir, wikipédia a ses inconditionnels, dont certains se réunissent en ce lieu pour partager en ce lieu sympathique et convivial leurs dernières impressions en général d'un haut niveau intellectuel, colporter quelques ragots et j'en passe. Là, ça a au moins le mérite d'être à la vue de tous (c'est toujours ça de pris par rapport à leurs canaux IRC inaccessibles au profane).

 

Dans le bistro d'hier on trouve ceci où encore une fois on a de beaux exemples d'aberrations made in wikipédia, qui sont, une fois n'est pas coutume, révélateurs de la bêtise ambiante. Pour faire court, une adresse IP, soit un utilisateur non enregistré, a effectué une demande de suppression de page. Soit, perso je m'en fous. Mais ce qui est digne d'intérêt, c'est le débat que cela entraîne: une ip avec moins de 50 contributions a-t-elle le droit de lancer ce genre de procédure? Nonobstant l'aspect purement quantitatif du critère (50 contributions peu sérieuses valent-elles mieux que 20 de qualité?) et qui montre encore une fois l'aspect bureaucratique à l'œuvre, il faut savoir apparemment la réponse est oui. Par contre, bizarrerie, son avis ne doit pas être décompté. Car en effet, si les règles (encore elles!) semblent indiquer qu'un utilisateur peu contributif peut effectuer cette demande, elles spécifient aussi qu'un vote d'un tel utilisateur n'est pas décompté. Cherchez l'erreur! Autre point qui a attiré mon attention; cette remarque: « On ne vote pas en PàS : si les avis sont pertinents, le clôturant en tiendra compte. --MGuf (d) 9 septembre 2010 à 23:52 (CEST) »

Au moins ça a le mérite d'être clair. Ceci dit, sur quel critère juge-t-on de la pertinence, surtout que la logique autre qu'administrative, n'est pas souvent leur fort? En pratique, on peut voir des avis écartés et d'autres conservés avec bien peu d'objectivité. Et si l'on ne vote pas, pourquoi diable appeler cela un vote, jusque dans le nom « officiel » de l'un des modèles ?

 

En réalité, c'est très utile. Ça permet de faire croire que l'on se soucie presque démocratiquement (ce qui plaît bien) de votre avis (ce qui est paradoxal: le savoir ne se décide pas par consultation populaire), alors qu'en fait on n'en tient compte que s'il arrange bien. On lance un vote: si les votes vont dans le sens du « décideur », celui-ci peut se targuer d'une belle parure de démocrate, si par contre c'est le contraire qui se passe on se contentera à rappeler à l'envie que wikipédia n'est pas une démocratie (quant à dire que ce n'est pas une expérience politique, ce n'est peut-être pas le but à la base, mais en pratique ça n'en demeure pas moins un bel exemple de communautarisme). Bref, une belle hypocrisie!

 

On passera sur la suite du paragraphe, qui montre encore une fois un bel exemple de ce que donne une discussion sur wikipédia, à savoir une inévitable empoignade. Et à part ça, c'est cette bande de gens (peu compétents par ailleurs) qui devraient s'entendre pour trouver des consensus sur des sujets qui fâchent? Soyons sérieux!

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 11:05

Aujourd'hui je reviens un peu sur wikipédia. Rien de bien grave cette fois, mais pour vous signaler la présence d'un site assez intéressant, car fondé par d'anciens wikipédiens déplorant aujourd'hui l'actuelle tournure des évènements: wikibuster Particularité: le site est basé sur un système wiki, c'est à dire un système ou l'on peut contribuer. Les gens qui y contribuent ont au moins l'avantage de savoir de quoi ils parlent quand il s'agit de décrire ce qui se déroule au jour le jour sur « l'encyclopédie », c'est à dire la mise en place tout doucement d'une jolie petite dictature. Leurs témoignages concernant les faits sont donc pertinents.

 

Néanmoins, là où nos points de vue diffèrent fortement, c'est au sujet de la cause de ceci. Eux considèrent d'une manière générale que les principes fondateurs ont été détournés par des mal intentionnés, là où je pense personnellement qu'ils sont à la base même du foutoir actuel. Je l'ai déjà expliqué, en tout début de ce présent blog. Pour moi, les principes fondateurs sont d'abords et avant tout un grand n'importe quoi, et ils permettent surtout pratiquement tout. Peut-on dès lors considérer qu'ils sont détournés voire ignorés dans leur application quotidienne? Je ne le pense pas. Car selon l'interprétation qu'on leur donne, on peut leur faire dire tout et n'importe quoi, tout en restant en accords avec. La faute sans doute à l'amateurisme d'un certain Wales, lequel doit ignorer que l'on ne s'improvise pas philosophe. Mais peut-on attendre mieux d'un homme qui n'est avant toute chose qu'un simple homme d'affaire? Et comment espérer que l'ensemble de son site ne soit pas gangréné par ce même amateurisme qui prévaut dans sa fondation même?

 

Il est possible que wikipédia ait présenté une meilleure qualité lors de sa fondation (du moins en ce qui concerne ses contributeurs), qualité qui s'est dégradée à travers le temps. Je crois moi que cette dégradation de niveau du contributeur moyen tient plus de la démocratisation de l'accès à internet qui fait qu'aujourd'hui tout le monde ou presque peut surfer sur la toile, qu'à la perversion éventuelle de règles (dont le ridicule permet de toute façon cette perversion, ou en tout cas ne protège en rien le site). En 2001, date de la fondation du site, l'adsl se répandait seulement, et ceux qui pouvaient s'offrir le luxe d'une connexion haut débit étaient plus souvent des gens qualifiés, ayant les moyens de le faire. Et beaucoup moins une classe populaire qui si elle doit avoir accès au savoir, n'a en général que peu de compétence pour le rédiger.

 

C'est en tout cas une explication plausible. Si l'on ajoute à cela que depuis de nombreux réseaux malhonnêtes intellectuellement parlant se sont également développés, et ont flairé la bonne aubaine présentée par une « encyclopédie » librement modifiable comme des requins une goutte de sang, ça fait beaucoup... Suffisamment en tout cas pour expliquer la situation actuelle, même si ce ne sont pas les seuls éléments (on pourrait ajouter le développement d'une bureaucratie lourde façon Staline, l'égo surdimensionné des administrateurs ayant plein pouvoir, ce qui est logique si l'on considère la nature humaine, etc...).

 

Malheureusement, je crois personnellement qu'il y a pas mal d'utopie dans wikibuster. Certains pensent en effet pouvoir rétablir wikipédia « comme elle l'était à l'origine ». Même en considérant qu'il s'agissait alors d'un projet louable et bien pensé perverti entre-temps par des propagandistes et autres imbéciles en tout genre (ce qui n'est pas mon avis, on l'aura compris), je doute personnellement que l'on puisse repartir sur une feuille blanche en faisant partir les « nuisibles ». D'une part, il faudrait réussir à « épurer » le projet. D'autre part, les mêmes causes ont les mêmes effets. Si l'on part du principe que l'intellectualisme n'a aucune autorité en matière de savoir, et que l'on tient le discours populiste et dangereux que tout un chacun peut contribuer à l'inventaire des connaissances, on ne peut qu'aboutir au résultat actuel incarné en wikipédia.

 

Pour moi, wikibuster est certainement une source plus qu'intéressante pour se rendre compte de ce qu'est wikipédia au quotidien au niveau des excès des administrateurs. Maintenant, je ne partage pas les mêmes points de vue concernant le reste. Mais l'important dans l'immédiat est d'abords de rendre compte, pour que les gens s'aperçoivent de cet état de fait. Penser que l'on pourra ainsi « rétablir le système » me paraît fantaisiste, cependant sa dénonciation est déjà un but louable en soit. En cela, wikibuster fait partie de cet ensemble de sites internet à consulter, au même titre que l'est le blog d'Alithia.

 

A noter qu'Alithia justement a déjà longuement évoqué wikibuster. J'ajouterai même que c'est grâce à elle que j'en ai appris l'existence. Cependant (et assez bizarrement!) elle arrive aux mêmes conclusions que moi. En gros que la cause de l'échec (intellectuel s'entend) de wikipédia tient à ses principes fondateurs qui forment une porte ouverte à tous les excès. Voir ce qu'elle en dit.

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 22:46

La façon dont l' histoire est traitée sur wikipédia est particulière, mais s'il l'on trouve de tout niveau qualité force est de constater que bien souvent, les articles sont au mieux lacunaires, au pire biaisé, volontairement ou non. Forcément, certains épisodes historiques sont sujets à polémiques (notamment ceux traitant un aspect religieux) soit qu'ils touchent un sujet sensible, soit que toute la lumière n'a pas été encore faite par les personnes adéquates, à savoir les historiens. Par exemple, il faut savoir que concernant la seconde guerre mondiale, nombres d'archives n'ont été révélées qu'après la chute du mur de Berlin. Par conséquent, de très nombreux écrits antérieurs à cette date sont incomplets, et ont dû être ré-évalués depuis. L'histoire est également l'un des domaines où l'on trouve le plus d'amateurs, parce que c'est un sujet somme toute intéressant, et assez facile à aborder, en apparence du moins. Cependant méfiance: l'histoire ne peut s'aborder indépendamment d'autres domaines, parmi lesquels la politique et l'économie, chose ignorée par pas mal d'amateurs s'étant initiés à l'histoire via un quelconque livre de vulgarisation. Lorsque ces mêmes amateurs rédigent, sur wikipédia notamment, ils manquent donc bien souvent du recul et de la vision d'ensemble permettant de comprendre un événement historique dans tous ses aspects.

 

Pour en revenir à wikipédia, certains domaines sont traités de manière assez correcte. C'est le cas du portail Grèce antique, pour ce dont je peux en juger cependant. Il faut cependant remarquer qu'il y a rarement de polémique sur le sujet... De plus, quelques personnes apparemment qualifiées veillent au grain, dont Cédric Boissière, apparemment historien, professeur ou chargé de cours dans une université française (les précisions sont à rechercher sur le net, je l'ai déjà fait mais j'avoue ne plus m'en souvenir). Cependant, tout n'est pas toujours vert. Ainsi, l'article « bataille de Marathon » a récemment été promu au rang de « bon article », sensé être un gage de qualité, et ce dans un domaine pas trop mal traité. Et malgré cela, je doute personnellement que l'on puisse le trouver si bon que cela. Le fait est que je possède quelques ouvrages sur le sujet des guerres médiques, dont l'excellent livre de Peter Green « les Guerres Médiques », lequel fait office de référence. Voici ce que j'ai pu constater.

 

Concernant les conséquences de la bataille, il faut savoir que selon Green, la victoire de Marathon ayant été uniquement terrestre via les hoplites, les Athéniens ont considéré dans les années qui ont suivi que l'entretien d'une flotte était un luxe superflu. D'où de fortes difficultés lorsque Thémistocle, fervent partisan de la constitution d'une marine de guerre tenta de convaincre ses concitoyens que la victoire acquise n'était éphémère et que les Perse reviendraient avec le soutien de leur flotte et qu'il faudrait à l'avenir les vaincre également sur les mers. Il a fallu attendre la découverte de nouveaux gisements d'argent apportant l'opulence à la cité pour que Thémistocle puisse obtenir une part des crédits qui lui étaient nécessaires. D'autre part, les hoplites, citoyens aisés forts de leur victoire, n'ont eu que mépris pour les marins, lesquels étaient issus des couches plus basses de la société. Nulle mention de cela sur l'article. Tout au plus est-il indiqué que cette dualité entre hoplites et marins n'est qu'une invention postérieure aux événements visant à dénigrer ces derniers, symboles de la démocratie responsable selon les colporteurs de cette même invention (dont Platon) de la défaite athénienne à la guerre du Péloponnèse. Cette version n'est cependant que peu plausible quand on considère que les Athéniens n'ont effectivement formé une flotte que bien après, juste à temps pour la seconde guerre médique. Et quand bien même, la version de Green mériterait d'être mentionnée.

 

Une autre erreur, ou du moins un autre manque, concerne cette fois le déroulement de la bataille en elle-même. Selon l'article de wiki, après le choc entre les deux armées, les ailes grecques ont mis en fuite les ailes perses, avant de se rabattre sur le centre perse pris ainsi entre le centre grec face à lui (lequel a reculé lors du choc sous le poids perse), et les ailes grecques de part et d'autre, repliée en une parfaite manœuvre d'enveloppement. C'est plausible. Mais là encore ce n'est pas la version de Green. Selon lui, après avoir mis en fuite les ailes perses, les ailes grecques se sont repliées pour renforcer le centre, évitant ainsi sa débandade sous la masse des Perses l'assaillant. Où se situe la vérité, je ne le sais, et je suppose que chaque auteur a des raisons le poussant à défendre telle ou telle version. Le minimum est de présenter ici les différentes versions en précisant qu'elles se valent. En tout cas, aucune ne prime de manière incontestable dans la communauté des historiens, et Green encore une fois fait figure de référence (il est même mentionné à 5 reprises dans l'article, mais je me demande si les rédacteurs et moi-même avons bien lu le même livre...). Je pense que c'est ce que les wikipédiens nomment neutralité, que pour une fois ils devraient appliquer or ils ne le font pas.

 

Cet article n'est pas mauvais dans l'ensemble, mais il est imprécis sur certains points, et ce bien qu'il fasse partie d'un domaine peu controversé et assez suivi par des gens ayant une certaine compétence. Je vous laisse imaginer ce qu'il en est lorsque l'on touche un point sensible rédigé par des propagandistes ou de réels amateurs sans aucune compétence.

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